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  • Yann Potin Historien et archiviste, chargé d’études documentaires aux Archives nationales et maître de conférences à l’université Paris-Nord
enseigne notaire
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© - Delendos Wladimir 2010

Ce serait le second plus vieux métier du monde. Mais, en France, il vit dans la hantise de sa disparition.

Pour devenir notaire, il faut être en position d’acheter sa charge. C’est une étrange survivance de la vénalité des offices. Ensuite, il faut recevoir l’agrément d’une Chambre départementale puis d’un Conseil national. Une empreinte du système des corporations.

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De Clémenceau à Sarkozy – du moins avant qu’il ne devienne président de l’UMP, la République a cherché à réformer le notariat. La loi Macron qui va être discutée – et rabotée- au Parlement prévoit une installation plus libre et une légère mise en concurrence des honoraires : ils s’inscriraient, selon les professionnels, entre un étage haut et un étage bas, ce serait un « corridor tarifaire ».

La profession qui est constamment sur le qui-vive s’est aussitôt mobilisée. 9000 notaires, près de 50000 employés dans 4500 études, en faction dans des secteurs d’opinion décisifs, ça compte. Une manifestation a été organisée le 10 décembre. Et n’étaient les circonstances, il y en aurait eu une autre hier.

Décidément, les historiens devraient s’intéresser davantage aux notaires, profession en mouvement. D’autant qu’ils ont, à leur égard, une dette inextinguible : c’est grâce au dépôt des archives notariales dans les archives publiques qu’ils ont pu ouvrir d’innombrables perspectives de recherche.

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