Vichy en août 1945 ©Getty - Keystone-France
Vichy en août 1945 ©Getty - Keystone-France
Vichy en août 1945 ©Getty - Keystone-France
Publicité
Résumé

Les visiteurs du Vichy d’aujourd’hui sont nombreux à demander à voir les traces de l’époque -1940-1944- où la ville thermale était devenue, involontairement, la capitale de l’Etat français.

avec :

Audrey Mallet (Docteure en histoire contemporaine, responsable du département de Langue et Culture à l’ENSAE et chercheuse associée au LARHRA-CNRS).

En savoir plus

Dans les années qui suivirent immédiatement, les vichyssois avaient voulu effacer ces stigmates. L’Hôtel du Parc, par exemple, avait été rapidement vendu en appartements. Les habitants disaient alors qu’ils étaient les victimes d’un choix que les circonstances de l’été 1940 avaient dicté sans leur consentement. La ville, d’ailleurs, avait vu ses activités traditionnelles quasi interrompues et, observaient-ils,  elle avait compté nombre de résistants.

Très vite cependant, les commémorations se firent discrètes. Vichy, ce n’est pas une ville qui sédimente le passé. Elle est née à la renommée sous Napoléon III, brusquement; elle s’est échafaudée avant et après 1900 à la vitesse d’une cité américaine; c’est une ville de l’instantané qui  attend impatiemment des curistes et des touristes qu’ils lui apportent l’argent et les plaisirs. L’objectif dans les années 1950 est d’abord de retrouver le chiffre de curistes d’avant-guerre et le sel des divertissements.

Publicité

Vichy redevient ainsi la capitale d’été de l’Afrique du Nord française. Les difficultés mémorielles vont commencer quand celle-ci devient indépendante. Nombre de rapatriés s’installent à demeure dans la ville. La tradition locale radicale-socialiste doit s’accommoder de leurs positions politiques sur lesquelles vient se greffer un regain de la mémoire pétainiste. Et quand, dans les années 1970, les historiens commencent à réévaluer les responsabilités propres de l’Etat français, la municipalité est de plus en plus embarrassée. Néanmoins, elle campe sur une position de plus en plus difficile à tenir : l’avenir d’abord; quant  au passé pétainiste, il interroge la France entière et pas particulièrement la ville. Ce discours a été tenu jusqu’à ces derniers mois où s’impose un nouveau cours.

Bibliographie :

Vichy contre Vichy. Une capitale sans mémoire de Audrey Mallet (Belin).

Vichy Vertigo. Une mémorielle damnation de Robert Liris (Editions Sydney Laurent).

Site du Centre International d'Etudes et de Recherches sur Vichy

Exposition Vichy 2000 ans d'Histoire du 14 juillet au 3 novembre 2019 au Palais des Congrès - Opéra de Vichy.

Documentaire L'année dernière à Vichy de Paule Muxel et Bertrand de Solliers, 2008.

Références

L'équipe

Jean Lebrun
Production