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Résumé

La guerre froide entre la Chine et les Etats-Unis peut-elle devenir chaude, s'inquiète l'Obs. La France fait la chasse et expulse des réfugiés tchétchènes, accuse Mediapart? Un homme creuse sa propre tombe pour épargner ses enfants, le Télégramme.

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On parle d'un libéral...

Qui nous vient du vieux XIXe siècle, il fut un aristocrate converti à la démocratie, un écrivain et un penseur et un homme politique que le coup d'Etat de Napoléon III chassa des affaires, mais sa pensée nous rencontre ce matin dans notre période de doute... Vous lirez lire Alexis de Tocqueville dans le Figaro, dans le Monde sur le web, et sur le site de l'Express, il faut cela pour saluer l'accomplissement d'une gigantesque aventure éditoriale, la publication des oeuvres complètes, de l'auteur de "de la Démocratie en Amérique" et "de l'ancien régime et de la révolution", les derniers volumes livrent une correspondance savoureuse et qui nous parle encore, que le Monde dévoile. "Je pense qu'on a mieux à faire qu'à continuer la guerre contre un passé qui s'efface et ce serait faire oeuvre plus profitable de songer à organiser le monde nouveau que de s'acharner contre les débris de l'ancien monde", écrivait Tocqueville à un entrepreneur et réformateur social en novembre 1847...

Le Figaro nous raconte comment Tocqueville a été sorti de l'oubli, quand quelques admirateurs entreprirent d'exploiter des archives à la fin des années quarante, en ce temps-là, la pense et l'université française étaient sous emprise marxiste ou communiste, il fallait publier contre l'air du temps défilent devant nous des passeurs, l'historien Pierre Renouvin, le philosophe Raymond Aron, l'historien François Furet, l'économiste Jean-Claude Casanova, qui imposèrent cet homme soucieux des individus, et convaincu que paradoxalement, l'idéal démocratique, la recherche de l'égalité, menacerait les libertés... Il y eut un moment Tocqueville, quand chez nous le gaullisme superbe pâlit -car Tocqueville n'avait pas de gout pour les pouvoirs incarnés,  et surtout quand à l'Est le communisme tomba, à la chute du mur la France édita Tocqueville à l'intention des pays nouvellement libéré...

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Ce moment de triomphe est passé quand on s'inquiète désormais du sort des démocraties libérales... Mais dans le Monde et l'Express, passionnante interview, l'historienne Françoise Melonio, qui a conduit à bon port l'édition des oeuvres complètes, nous dit que Tocqueville est précieux dans un moment de doute... Dans le Figaro, Jacques de Saint-Victor reproche à Tocqueville, qui avertissait du risque de la tyrannie de la majorité contre les individus, de ne pas avoir prévu la tyrannie des minorités... Cette tarte à la crème de notre temps ou bien ce vrai danger. Mais du coup- et cela éclaire notre paysage intellectuel- Le Figaro qui fut par essence tocquevillien montre qu'il ne l'est plus ou plus seulement, qu'il n'est plus le journal de Raymond Aron...

Comme en écho à ce constat, on lit dans le Parisien un papier de stratégie politique qui explique comment l'éventuel candidat Eric Zemmour irait chasser sur les terres du parti les Républicains, plus que sur celles du Rassemblement national, « Eric est ici chez lui », avait proclamé Laurent Wauquiez alors président de LR en accueillant le journaliste pour une conférence au siège du Parti en janvier 2019 la phrase trotte dans les têtes...  Dans le Figaro magazine où comme chaque semaine il tient chronique, Eric Zemmour prend la défense du youtubeur d'extreme droite Papacito, auteur d'une exécution filmée d'un mannequin grimé en militant insoumis, Zemmour le qualifie d'influenceur goguenard, et l'oppose à une gauche qui aurait perdu l'art du sarcasme, de la raillerie, de la dérision, dont elle avait usé autrefois, pour abattre « les citadelles du patriotisme, du gaullisme, de la famille, du patriarcat, de la virilité »... Nous ne sommes guère chez Tocqueville... Mais le Fig Mag, c'est grand un journal, accueille aussi Fabrice Luchini qui lui est chez Pascal, Sainte-Beuve, La Fontaine et Péguy, c'est chouette aussi. L’Humanité me dit un rappeur, Georgio qui aime Robert Desnos et Romain Gary et Maïakowski, nous ne sommes pas fini...

On parle aussi de Joe Biden...

Qui on le sait au G7 vient « enrôler l’Europe », dit le Figaro, dans la guerre froide qui monte contre la Chine, guerre froide dont l'Obs nous dit qu'aux Etats-Unis, on l'envisage chaude: un roman d'anticipation, « 2034 », que conseille le New York Times et dont un des auteurs est l'amiral James Stavridis,, ancien commandant suprême des fores alliées de l’Otan, décrit l'arrivée de la troisième guerre mondiale dans un enchainement qu'on n'ose dévoiler, un livre, ça se lit! Il faut faire attention dit l'Obs à ce qui se passe près de Taiwan. 

Parlera t-il de guerre à ses alliés, Joe Biden, ou citera-t-il Tocqueville comme autrefois -c'est dans l’Express- le président Eisenhower, qui avait inventé à des fins politiques une citation du grand français.  "America is great, because America is good; if America ever stops being good, it will stop being great".

Mais qui est bon, qui est grand dans des moments confus. Je lis dans les Echos que la France est exaspérée par la Chine, parce que celle ci n'ouvre pas assez vite son marché à nos entreprises, on est n peu loin de la morale... Je lis dans le magazine des Echos, en revanche, que les universités anglaises où ont afflué étudiants chinois mais aussi sponsors entreprises, intérêts chinois, se découvrent dépendante de l'empire t mettent le pied sur le frein... Je lis dans Ouest-France que l'Amérique fut-elle celle de Joe Biden ne place plus l'Europe au coeur de sa stratégie et de ses intérêts...

Alors qui est bon, qui est grand. Mediapart ce matin nous fait douter de notre grandeur à nous Français en accusant le gouvernement de livrer des opposants au dictateur tchétchène Kadyrov, au prétexte de la lutte anti-terroriste... Les expulsions de Tchétchènes se multiplieraient depuis l’expédition punitive menée par des Tchétchènes dans un quartier de Dijon en juin 2020, depuis surtout l’assassinat terroriste du professeur Samuel Paty par un réfugié tchétchène en octobre dernier, disent les associations…

Et on parle enfin de bonnes soeurs...

Des carmélites d'Alençon, qui ont quitté un centre ville bruyant et retapent de leurs propres mains une ferme à la campagne aux cotés de solides gaillard, pour mériter bientôt la paix et la prière  qui est leur vocation, elles sont dans Ouest France... Jo Le Beller, un ancien routier est lui dans le Télégramme, qui nous le montre la pelle à la main devant sa propre tombe, qu'il a creusée lui-même au cimetière de Pontivy, il en a eu l'autorisation, pour épargner plus tard  - le plus tard possible, il n'est pas pressé- des soucis à ses enfants.

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L'équipe

Claude Askolovitch
Claude Askolovitch