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Résumé

L'écrivain Edouard Louis raconte sa mère et débat avec Ken Loach. L'essayiste Guy Sorman accuse le philosophe Michel Foucault d'avoir abusé de petits garçons en Tunisie à la fin des années 60, l'Obs, le Point, Valeurs Actuelles, Sunday Times. La Vie nous invite aux jardins, il y en avait un près de la Croix du Christ!

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On parle de combattantes...

Qui il y a cinquante ans ont changé la vie des femmes en exposant leur nom , elles furent 343 inconnues ou célèbres à dire dans le Nouvel Observateur qu'elles avaient avorté, cela pouvait les conduire en prison, le dessinateur Cabu les baptisa "les salopes" à la Une de Charlie Hebdo, cette ironie leur plut et le mot est resté. "Aux 343 salopes, les femmes reconnaissantes" titre l'Obs qui tisser des liens entre alors et aujourd'hui, quand en Pologne l'avortement est banni et ici tant de fronts sont ouverts; 

L'hebdomadaire Politis fait écho dans un dossier sur le mépris que la médecine inflige encore aux femmes -vous lirez... Mais vous lirez aussi que le monde a bien changé... Et vous serez pris de vertige en redécouvrant dans l'Obs ce que nous étions en 1971, au temps de ce manifeste, que rédigea Simone de Beauvoir, elle n'avait pas avorté, mais elle s'accusa pour défendre les autres.

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Alors, quand une femme tombait enceinte et ne le voulait pas, elle risquait la mort dans des avortements clandestins, où "tout ce qui pique perce embroche perfore était utilisé", aiguilles à tricoter, pastilles de Javel, queues de persil, branches de vigne, fémurs de poulet, 5000 femmes en mouraient chaque année...

... Et quand elles ne mourraient pas, il y avait ceci dont a témoigné l'actrice Bulle Ogier. « Je me suis allongée, j’ai écarté les jambes, et le médecin clandestin m’a violée sans me prévenir, puis avortée comme convenu, je l’avais payé d’avance. » A l'Obs elle précise : « Je devais avoir 28 ans, j’avais déjà une petite fille. J’avais pris ma petite 2CV. J’étais tellement soulagée de pouvoir enfin être avortée, c’était fait et bien fait, sur une planche, avec un drap. Le viol, je me suis dit, ça fait partie de la chose… J’ai seulement pensé : il est gonflé le mec. »

Après le manifeste, des femmes organisaient des avortements militants, par la méthode par aspiration d'un médecin américain qu'une journaliste avait rencontré au Bengladesh où il avortait les femmes violées dans une guerre. En 1975 viendrait la loi Veil. Elle fut imposée par des militantes pugnaces qui bannissaient parfois les hommes de leurs réunions, tiens!  et un jour envahirent le bureau de Jean Daniel, le patron de l'Obs, qui ne voulait publier que les signatures des vedettes, Beauvoir Deneuve Fabian. Ce serait toutes ou l'Obs perdait son scoop. Mais ce sont des inconnues qui, exposées, perdirent leur emploi ou leurs familles

Si l'on parle de genre et de classe, lisez dans les Inrockuptibles et l'Express l'écrivain Edouard Louis qui poursuit sa quête des corps fracassés des milieux populaires, il écrit sur sa mère dont la vie a effacé la confiance qu'on lui voyait sur ses photos à vingt ans... Elle fut fière quand par son fils elle rencontra Catherine Deneuve, qui -tiens- fut une des 343. Edouard Louis publie aussi un livre avec le cinéaste Ken Loach qui ne croit qu'aux classes sociales, quand Edouard Louis subit le stigmate d'être homo chez les prolos. Mais Loach dit-il l'inspire. Il y a dans nos temps malaisés un besoin de transmission... 

Libération m'apprend que la broderie revient au gout du jour, mais réinventée sur le mode militant féministe, on brode des vulves pour briser les tabous...

On parle aussi de Michel Foucault...

Et alors le passé se dérobe. Sur les sites du Point et de l'Obs, on lit que l'essayiste Guy Sorman accuse le philosophe Michel Foucault d'avoir abusé de petits garçons, quand il vivait en Tunisie à la fin des années soixante, les scènes sont sordides, Sorman affirme en avoir été témoin. Il l'a écrit dans un livre, il l'a dit sur France 5 et au Sunday Times... Le scandale infuse lentement;  l'affaire est malaisée car elle ne repose que sur un témoignage et parce que Foucault, mort du sida en 1984, semble essentiel dans nos temps de pandémie et de contraintes, tant il pensa la liberté. Mais fut-il aussi, Valeurs actuelles l'écrit déjà, l'incarnation des dérives pédophiles de son époque, et un homme qui abritait l'assouvissement de ses désirs par son idéologie, qu'il faudrait alors rejeter?

Le même Valeurs actuelles est revenu à Trappes dans un reportage étonnamment nuancé, le curé de la ville, l'église est plus petite que la mosquée, dit son espérance, sinon à quoi bon être chrétien. 

Le Figaro raconte ce que fut la censure au temps de l'ordre moral, que subirent Baudelaire, Flaubert et Eugène Sue, c'est passionnant,  mais le journal poursuit. Les censeurs, les progressistes, ne seraient pas différent du procureur Pinard qui poursuivait les écrivains sous le second empire.

Ainsi chacun entretient ses combats.

Et on parle enfin de nature...

Et ce sera notre divin soulagement! La Vie nous invite aux jardins dans un dossier luxuriant qui nait des Evangiles, près de la croix du Christ il y avait un jardin, et j'en apprends merveilles sur la vertu des plantes qui apaisent même les détenus dans les prisons. 

Le Figaro a contrario me fait peine en s'émerveillant des arbres de  luxe qu'on élève en les torturant, méchante taille, pour qu'ils ornent nos jardins cossus.

Le Parisien et surtout le site The conversation, me terrifient en me racontant les espèces invasives, végétales ou animales, qui transplantées par les pérégrinations des hommes, étouffent la biodiversité d'origine: ce sont des insectes, des poissons, un écureuil, une jacinthe d'eau: les invasions biologiques couteraient au monde 1288 milliards de dollars...

La Croix nous dit que dans la Roya inondée à l'automne on se console en réparant les jardins... L'Indépendant nous invite en promenade pour cueillir et nous nourrir des plantes sauvages, le Coscoll,  plante sacrée des catalans, fait une salade délicieuse. 

Sud Ouest m'invite à la mémoire de Jean Vivant, grand botaniste qui grimpait aux arbres car il était expert en lichen, ce n'est pas le plus mauvais intello à relire aujourd'hui. 

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch