Publicité
Résumé

Libération raconte Olivier Dubois, journaliste enlevé par des djihadistes au Mali, le Figaro raconte Eric, policier, frère et fils de policier, tué par un dealer à Avignon, Sud-Ouest raconte Chahinez Daoud, assassinée par son mari à Mérignac. Les DNA dit les sportifs qui brillent tout en jeûnant pour le Ramadan.

En savoir plus

On parle de choses simples...

Qu'on appellera des valeurs, ce qui nous fait recommencer un peu chaque jour... Nos journaux en sont l'écho.

C'est dans le Télégramme Laurent Le Bouëdec, qui ne demande pas grand-chose dit-il, juste travailler, et qui ajoute, "c'est un devoir de se bagarrer", Laurent est un gaillard,  depuis trente ans à la fonderie de Bretagne, à Caudan, Morbihan, qui appartient à Renault et que Renault abandonne, Laurent gagne 1850 euros par mois, à la manutention, il est entré à l'usine parce qu'il jouait bien au foot quand il avait vingt ans, ça aidait, et puis son père y travaillait déjà, il s'appelle Jean-Paul le père, mon dieu qu'ils se ressemblent, Jean-Paul et Laurent, sur la photo du télégramme prise samedi dernier premier mai au défilé... Jean-Paul dort à la fonderie sur un matelas gonflable, l'usine est occupée; aujourd'hui, apprend-on dans Ouest-France, une délégation d'ouvriers rencontrera un médiateur... Ils iront en cortège le retrouver à la sous-préfecture à Lorient, en faisant du bruit, dans la tradition de ceux tiennent encore...

Publicité

Libération parle avec affection d'un homme qui fait la Une souriant, un carnet de notes à la main,, Olivier Dubois, dont on sait depuis hier que des djihadistes l'ont enlevé au Mali est de ces journalistes à la curiosité inlassable et en mouvement perpétuel, il écrit trop long, il rend ses papiers à la dernière minute, et jusque tard dans la nuit il corrige, vérifie l'orthographe d'un nom, il assiège aussi les rédactions parisiennes qui l'emploient de messages audio sur WhatsApp, parfois criés à tue tête à l'arrière d'un taxi... Libération lui avait refusé cette interview d'un chef djihadiste du Nord du Mali, c'était trop dangereux, il y est allé quand même, ainsi est-il fait...

Sur le site du Figaro nous apprenons à connaitre, au lendemain de sa mort, ce policier prénommé Eric, qu'un trafiquant de drogue a tué à Avignon et qui laisse une compagne, deux petites filles de 5 et 7 ans et puis un père une soeur un frère policiers comme lui; il est des familles d'ouvriers et des familles de flic dévouées au bien commun, le Figaro parle d'un «policier du quotidien» «donnait son temps et sa vie pour un métier auquel il croyait»... On l'imagine vivant brave et droit...

Dans Sud Ouest on nous parle de Chahinez Daoud qui avait trois enfants de 4 7 et 12 ans, qui avait eu le courage de quitter son mari et que ce mari a tué mardi à Mérignac, lui tirant dessus et puis la brulant vive, hier les voisins les amis des roses à la main parlaient d'une belle personne toujours souriante, qui ne fut pas protégée, et qui vivait dans la peur -on imagine son existence vouée aux enfants, chaque jour le courage, un sentiment d'accablement.

On parle aussi de résistance...

Dans l'Obs, celle d'une jeunesse turque qui résiste en vivant simplement quand le régime du président Erdogan se durcit contre les dissidences, et dans un pays où héritage laïque rare dans le monde musulman, les lois ne brimaient pas les homosexuels, le discours du pouvoir propage désormais la haine des « dégénérés, détraqués, blasphémateurs » que sont les gays, et les LGBT...

En France où l'on respire malgré tout, les DNA sur deux pages, dans l'Alsace du Concordat, racontent avec admiration des sportifs musulmans pratiquants, sur deux pages, et disent leurs exploits que n'empêche pas le ramadan pour peu qu'on s'organise, Mohamed Amine Kodad, coureur à pied, s'entraîne la nuit à Schiltigheim…

Que penseront de cette carte postale les vieux militaires qui ont fait scandale en agitant le spectre d'une intervention de l'armée dans les affaires du pays en déclin? Ils persistent, l'un d'eux est interrogé dans l'Express, et Valeurs Actuelles publie à nouveau leur tribune dans son édition de papier, le titre de Une provoque, "L'armée peut-elle sauver la France", on lit qu'on a eu tort de s'offusquer des généraux à la retraite, après tout, l'intervention de l'armée contre des banlieues à reconquérir serait un scénario envisagé en haut lieu, Valeurs actuelles cite Éric Zemmour mais aussi un livre publié par les éditions la Découverte, marquées à gauche...  

Ainsi avance Valeurs actuelles, organe souvent bien écrit des droites dures en marche, et qui construisent aussi un imaginaire. Quand dans l'Humanité et Libération on nous parle d'Aimé Césaire et dans la Croix et le Figaro de Flaubert, Valeurs ranime Patrick Buisson, qui revient avec un gros livre sur la décadence... Et puis dans ses pages littéraires Valeurs se souvient d'un écrivain académicien décédé il y a dix ans, Michel Mohrt, qui était esthète et désespéré,  en deuil de la France depuis la défaite de 1940, il s'était battu en vain contre les italiens auprès d'un de ses amis, Jean Bassompierre, qui après la défaite choisit la collaboration, revêtit l'uniforme allemand et mourut fusillé: Mohrt ne s'engagea pas mais resta fidèle jusque dans ses livres à celui qu'il nommait « Bassom »...

Un article du Monde nous force à regarder l'histoire autrement... Julien Hauser, 76 ans, né en Moselle, enfant d'un malgré nous, un de ces alsaciens-lorrains forcés de combattre avec l’Allemagne, a consacré son existence a retrouver et entretenir les sépultures de soldats allemands morts en France pendant la seconde guerre mondiale, il agit au nom de la réconciliation, il est décoré en France et en Allemagne, il a découvert en sillonnant le pays des exactions que nous commîmes, et a percé des silences dans des villages.  

Tiens, dans le Télégramme encore... On retrouvé sous le sable qui recouvrait un ancien bunker à Plouharnel; les dessins que faisaient sur le béton les soldats allemands cantonnés là, des scènes de libation, des femmes assises sur des tonneaux: des Madelons allemandes, est-ce étonnant?

Et on parle de lutte des classes...

Et donc de football, car la Voix du Nord prépare le derby de demain entre Lens et Lille, une histoire de valeurs sans cesse renouvelée... Dorothée qui est de Liévin donc pour Lens, nous dit que le derby, « c'est  la zone pauvre contre contre la zone riche, ils nous regardent un peu de haut… »

La Une de l'Equipe est offerte à deux bannis que le Paris Saint-Germain regarda de haut, l’entraineur Thomas Tuchel viré cet hiver la veille de Noel et l'ancien capitaine Thiago Silva non conservé en dépit de son amour l'été dernier... Les voilà en finale de la Ligue des champions avec Chelsea et l'Equipe dans son titre parodie le slogan du PSG… « Chelsea rêve plus grand », c'est une leçon de morale ou une espièglerie...       

Références

L'équipe

Claude Askolovitch
Claude Askolovitch