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Résumé

Le Figaro magazine invite à sauver le château où furent tournés les Barbouzes. Bagarres dans l'eau, et planches sciées, Society raconte les surfeurs basques mécontent des nouveaux venus "parisiens". Le Monde raconte une librairie détruite à Gaza.

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On parle d'une millionnaire...

Qui dans le monde splendide de la Silicon valley s'est retrouvée combattante héroïne de la cause des femmes, nous dit le Magazine des Echos, week-end...  Françoise Brougher, elle est française, de Marseille, une fille des calanques que les hasards de la mondialisation, ont porté en Amérique où elle a fondé une famille et pris la vague des  « dot com », l’économie d'internet où elle a fait merveille, chez Google et chez Square... Elle a eu dit-elle des boss superbes des milliers d'employés sous ses ordres des profits des nouveaux marchés; en 2018, elle a 53 ans, la voilà recrutée par Pinterest comme numéro deux, directrice opérationnelle, d'un moteur de recherche d'images, dit-on l'endroit le plus sympa du net, qui veut muscler ses recettes et entrer en bourse... C'est son métier... Mais là, quelque chose de subtil et violent la saisit, une culture de garçons, un boys club dit-on là-bas, le PDG Ben Silberman prend des décisions en petits comités avec quelques copains qui se ressemblent et lui ressemblent, Françoise ne peut pas en être, elle voudrait réveiller l'entreprise dans la  transparence et la confrontation, ça ne passe pas, on la marginalise, on ne l'invite plus aux conseils d'administration, on lui dit qu'elle parle trop, qu'elle est trop agressive, et dans ce qu'on lui fait, ce qu'on lui dit, Françoise découvre -elle n'y avait jamais pensé- ce que les féministes décrivent depuis longtemps, les biais de genre, ce que les boys reprochent aux femmes quand ils se sentent menacés.

On ne nait pas femme, on le devient. En avril 2020 la femme Françoise Brougher est licenciée d'un coup de téléphone du patron, « vous avez des mauvaises relations cross fonctionnelles »... Mais la femme tombée a des moyens et elle sait les codes, elle prend un avocat très cher, elle raconte ses mésaventures sur une plateforme, Medium, deux cadres afro-américaines maltraitées chez Pinterest arrivent en renfort, un groupe d'actionnaires porte plainte contre le PDG...

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Alors, terrassé par l'opinion, Pinterest s'est spumis à un audit, a nommé des femmes de couleur à son conseil d'administration, et a donné à Françoise Brougher 22 millions et demi de dollars, la somme la plus élevée jamais versée dans une affaire de discrimination, 10% de cette somme seront versées à des organisations militantes. Brougher parle aux Echos, allez lire, c'est rare, d''habitude les femmes top gun indemnisées  se taisent, de peur que l'histoire de leur discrimination entache leur CV, Françoise la française nous dit qu'elle est en fin de carrière... En marseillais chez elle on dirait qu'elle craint dégun.

Dans le Point vous rencontrez une autre femme en guerre. Valérie Petit, député LREM du Nord et héroïne du Point qui taille en pièce notre bureaucratie. Petit mène le combat contre la charge mentale administrative, les pressions les souffrances que l'Etat impose au citoyen... Comme Françoise Brougher elle combat d'expérience, par deux fois la machine s'est emballée contre elle...Quand elle a reçu indument une prime de naissance pour un enfant qu'elle n'avait pas eue, et quand l'administration a écrasé par erreur son identité fiscale, elle ne pouvait plus payer ses impôts, elle garde le souvenir des absurdités et de la peur d'être vue comme une voleuse. On ne nait pas bureaucratophobe, on le devient...

Dans le Progrès édition de l'Ain, on nous dit à la Une que la directrice générale d'une entreprise de plastique a été mise en examen, et incarcérée, avec son mari, la justice la soupçonne d'avoir commandité l'assassinat d'un ouvrier syndicaliste auprès d'un réseaux de barbouzes franc-maçon, je vous mettrai les liens. On ne nait pas criminelle, la cheffe d'entreprise l'est-elle devenue?

On parle aussi de surfeurs...

Dans Society, des surfeurs basques et mécontents et du coup agressifs, car leurs spots leurs vagues leurs habitudes sont envahies par de nouveaux pratiquants, des parisiens, un terme générique, qui ne savent pas les usages, ils postent sur Instagram des photos de lieux secrets, ils ne prennent pas leur tour avant de prendre la vague,  ce sont des bagarres dans l'eau des pneus crevés des planches de surf découpées à la scie, le surf est victime de son succès, tant de nouveaux adeptes, mais les vagues ne sont pas assez nombreuses...  

Dans la Voix du Nord, j'apprends que les pêcheurs de Boulogne ont empêché des navires hollandais de débarquer le produit de leur pêche, ces bateaux sont trop gros ils assèchent les bancs, la mer n'est pas assez grande pour eux et nous... Le Figaro nous dit que l'Europe tarde à réagir devant le nouveau risque migratoire qu'incarne ces nageurs venus du Maroc jusqu’à l'enclave espagnole de Ceuta.

Dans l'Arctique qui se décompose sous le réchauffement, la Russie l'Amérique et la Chine se disputent des parts de puissance, nous racontent l'Opinion et Libération. Le Monde lui a rencontré les familles des victimes de l'attentat de Karachi en 2002, qu'un procès récent d'anciens ministre n'a ni éclairé ni consolé, des rires et des beautés arrachées résonnent dans ce reportage fleuve à Cherbourg dans une France ouvrière dévastée. La Croix l’hebdo, elle, dissèque les risques d'un terrorisme venu de l'ultra droite, une famille de brutes  impulsives où l'on a appris à penser, à théoriser, à se poser, et ici commencent nos ennuis.

Et on parle enfin d'une librairie...

Qui s'appelait Samir Mansour, du nom de son propriétaire désespéré, elle était en forme de caverne le refuge des amateurs de livres à Gaza, elle a été détruite dans un bombardement israélien, le Monde encore nous dit que juste après le Coran, une des meilleures ventes de la librairie, c'était "les Misérables".  

Le Figaro magazine nous alerte sur une splendeur rongée, le château de Vigny dans le Val d’Oise, né au XVIe siècle et qui de notre temps accueillit les tournages du "Capitaine fracasse", des "Barbouzes" de Lautner avec Blier et Mireille Darc, et "On a retrouvé la 7e compagnie", et "les Visiteurs", ma fillotte, mais le château s’effondre, soutenu d'échafaudages intérieurs, rongé par la mérule, un parasite qui dévore le bois et la pierre. Il faudra des millions pour le garder. 

Heureusement, dit le Journal de Saône-et-Loire, le sublime château de Bissy-sur-Fley va bien, il fut le domaine d'un seigneur érudit et évêque, un lettré astronome philosophe nommé Pontus de Tyard, dont on commémore les 500 ans, il prônait dans un siècle de guerres de religions la tolérance envers les protestants.

Précieux passé.

Dans le magazine des Echos, fort riche aujourd'hui, on nous dit d’après un livre  paru en Amérique mais hélas pas encore traduit chez nous les beautés du point-virgule, cette pause subtile chère à Kundera, à Melville, à Houellebecq, à Virginia Woolf, qui permet de saisir l'ironie ou le rebond d'une conscience, mais que les utilitaristes menacent. Est-il frontière, ou est-il lien, ce signe impur? Il est né en 1494  inventé par l'imprimeur vénitien Aldus Manutius qui se noyait dans la prose éruptive d'un certain Pietro Bembo, qui racontait en latin son ascension de l'Etna... D'une virgule chapeautée, l'éditeur disciplina le verbe. J'en ai fini. Point.  

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch