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Résumé

Que peut changer le retour de Benzema au jeu de l'équipe de France, demande l'Equipe? Le Figaro s'ouvre au patron de Pernod-Ricard pour le retour des bistros. Dans le Un, une journaliste se souvient de son enfance à l'ombre des centrales nucléaires. Des dessins d'enfants pris dans les guerres au Mucem et dans la Croix.

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On parle de soulagement...

Et de ce mot ENFIN, qui éclaire les Unes du Progrès mais qui ne souligne pas le même bonheur selon que vous lisiez le journal à Lyon ou ailleurs, dans l'Ain et dans la Loire, ce mot "Enfin" nous parle des terrasses qui nous sont rendues, mais dans le Rhône, "Enfin" nous parle de Benzema de retour en équipe de France à la joie de l'Est lyonnais dont il est un enfant... Et nous avons donc le choix des joies et des réparations... Celle du football n'est pas la moins puissante, tant ce jeu nous raconte des histoires, tiens, sur internet on aperçoit des images festives de Matthieu Valbuena, victime potentielle de Benzema dans une affaire qu'un tribunal connaitra... Valbuena va bien, champion de Grèce avec Olympiakos tout va bien. En apéro de la finale de la coupe, Nice-Matin égrène les souvenirs du gardien de légende Jean-Luc Ettori, et Parisien nous dit l'épopée d'un stade, Bauer, à Saint-Ouen, qui enfin va être rénové... 

Mais ces aventures sont éclipsées par la puissance d'un homme de pouvoir de devoir et de pardon,  Didier Deschamps qui hier sur TF1 se disait serviteur du onze de la Nation, et qui déconfine Benzema titre le Parisien, qui absout Benzema titre l'Est républicain, l'Equipe s'amuse de la surprise du chef, mais c'est plus qu'un amusement, du football! Et après avoir exploré la psychologie des hommes et la sociologie d'un retour -puisque l'impopularité passée de Benzema révélait les tensions de la société française, l'Equipe parle de football, que peut changer ce retour au confort et au jeu de l'équipe de France... On se demande si Mbappé va perdre en dimension, lui qui rayonnait en pointe, mais il sait que Benzema qui est un patron et Griezmann qui est généreux sauront le lancer, on me parle de liant dans le jeu de la France, comme s'il s'agissait de grande cuisine, d'intelligence de vestiaires d'un losange dont Benzema sera la pointe, une organisation en 4 2 3 1, c'est le meilleur moment quand on se fait rêver, 4 2 3 1 avec des chiffres alignés... 

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Et d'autres chiffres nous font rêver... 

Car ils composent le nom d'un cinéma que Paris-Normandie nous fait aimer, il s'appelle le 11X20+14, il a l'aspect d'une grange en ruine devant laquelle des herbes folles ondulent au vent, mais c'est un cinéma, le plus petit cinéma de France, à Mons-en-Montois Seine-et-Marne, il est l'œuvre d'un journaliste-écrivain-réalisateur-aventurier de 91 ans, Michel Le Clerc, qui connut les grandes heures du ciné-club du quartier latin a Paris, et qui revenu sur ses terres a bricolé trois étables que deux frères lui louaient: un bijou dolby stéréo 50 places assises, label art et essai, 300 films par an, que du bon, un jour un cinéphile a fait 400 kilomètres jusqu'au 11 x 20 plus 14 pour un film qui n'était projeté nulle part ailleurs et dont il fut l'unique spectateur...  En moyenne, il y en a 17, ça fera la jauge, ça recommence aujourd'hui avec "La jeune fille à l'écho" film soviétique de 1964 mais aussi « Drunk »...  Ah, sachez-le « si quelqu’un sort un téléphone, il prend un truc dans la gueule », prévient Michel le clerc, parce que la beauté est une chose sérieuse... 

On peut quand même se relâcher. Et nos journaux semblent parfois pompettes avant même les premiers apéros, ils se font plaisir. « A vos marques près sortez » dit l'Echo républicain, Télérama a posé un sourire sur le visage de la Joconde, elle est si contente que les musées reviennent... Le Dauphiné est allé chercher une toile de Van Gogh, une terrasse à Arles, pour dire cette journée et à la Une du Canard enchainé vous voyez comme une frise sur un cahier d'écolier, des canards attablés en pleine libation, et le style du dessin est vieillot,  il rappelle ce temps où les journalistes de l'hebdomadaire arrosaient le bouclage au Juliénas...

Est ce vieux le bonheur, quand  la Voix du Nord évoque le « temps d'avant »... Est-ce Kitsch, le bonheur? Dans le Figaro pages débats, l'écrivaine Alexandre Jardin se promet d'aller en terrasse voir si nous sommes encore le pays d’Antoine Blondin,  et un autre Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard dont c'est la journée, entonne une ode aux restaurateurs cuisiniers barmen et serveurs, qui sonne comme un discours de préau... "Grace à eux reprendra cette vie familière qui avait disparu de nos rues"... Mais en somme patron, c'est vrai.

Tout ceci n'empêche pas nos journaux de témoigner du monde, on lit de belles paroles de jeunes policiers dans libération et d'épouses de policiers dans la Croix. On lit aussi dans la Dépêche un regret ovale, les terrasses toulousaines ne pourront pas sortir les télés pour la finale de la coupe d’Europe de rugby samedi prochain contre la Rochelle, la Covid rôde encore et se régalerait des ovalistes agglutinés.  

Et on parle enfin d'un ciel orange...

Qui un soir au mois d'aout surplombait la campagne au-dessus d'une petite fille et de sa maman qui rentraient du verger, elles remontaient alors les vitres de la voiture, est-ce que c'est Chinon se demandaient-elles, le lendemain la Nouvelle république venait les rassurer, ce n'était pas la centrale nucléaire de Chinon qui colorait le ciel mais un hangar à paille qui avait brulé... Et ainsi dans l'hebdomadaire le Un, la fillette, devenue journaliste, elle s'appelle Iman Ahmed et écrit si bien, nous raconte son enfance à l'ombre des centrales, elle vivait  ntre Chinon et Civaux, dont la chaleur alimentait les vivariums d'un parc à crocodile et les impôts locaux finançaient une chouette piscine, Iman s'imaginait que l'eau du Jacuzzi venait des réacteurs et elle se frottait un peu plus sous la douche... Et dans un numéro sérieux sur l'avenir de l'énergie française, « Peut-on se passer du nucléaire », nous vient quelque chose rare, une enfance. 

Dans la Croix vous verrez d'autres enfances qui vous grifferont d'effroi, un monstre à dents pointues,  des silhouettes noires que l'obscurité affole sous une lune jaune sale. Le  Mucem de Marseille expose 150 dessins d'enfants passés par les guerres et les violences, le monstre est signé de Mario 11 ans en ex-Yougoslavie en 1994, la nuit est celle d'une fillette en 1939 à paris... Ainsi vos pas pour ce retour à la beauté des choses peuvent vous conduire à la tristesse du monde, la Croix ne serait pas ce journal chrétien s'il nous laissait l'oublier... Mais on trouve au Mucem aussi des œuvres acidulées Jeff Koons, le Parisien nous montre ainsi un homard géant et titre dans le folklore « un homard sur la cannebière », oh, avec deux n... Aujourd'hui on pardonne!

Références

L'équipe

Claude Askolovitch
Claude Askolovitch