Dans les Cévennes, sur les traces de la femme des bois (image générique)
Dans les Cévennes, sur les traces de la femme des bois (image générique)
Dans les Cévennes, sur les traces de la femme des bois (image générique) ©Getty -  Atlantide Phototravel
Dans les Cévennes, sur les traces de la femme des bois (image générique) ©Getty - Atlantide Phototravel
Dans les Cévennes, sur les traces de la femme des bois (image générique) ©Getty - Atlantide Phototravel
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Résumé

Depuis quinze ans, un homme à la peau grise survit dans un box de voiture, le Parisien. Sud-Ouest raconte Napoléon à l'île d'Aix, quand le vaincu de Waterloo rêvait de l'Amérique et se livra aux anglais. Ouissem Belgacem décrit la honte d'être homosexuel, qui sabota sa paix de jeune espoir du football, l'Equipe.

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On parle de solitude...  

Celle qu'a choisi une femme qui depuis 2009 vit dans les bois, en France, dans les Cévennes, dans une vallée de châtaignes et de plantes aromatiques où poussent quelques maisons, nul ne s'approche d'elle à moins de dix mètres, elle observe les gens derrière les feuillages et quand personne n'est là elle entre dans une maison, elle fait du feu, elle déplace des meubles, elle brule une chaise ou des jouets, elle arrache les yeux d'une marionnette, elle vole un vêtement, une photo, le doudou d'un enfant, elle se met dans un lit, elle détale quand on la surprend et elle laisse une trace de pas dans la neige... On l'appelle "la visiteuse," sa mère connait des sentiers de montagne, elle cache pour elle dans le creux d’un arbre des fruits secs, de la charcuterie, des conserves...  Au tout début de la fuite, elle avait donné à sa fille un livre de Baudelaire, les Paradis artificiels, et puis lui avait volé un baiser sur la joue, depuis elle ne l'a plus touchée.   

C'est dans le Monde que la reportrice Florence Aubenas nous raconte cette histoire, et comme souvent  le trouble nous dit plus qu'un destin. Ce coin des Cévennes fut une terre promise pour les marginaux  qui fuyaient les villes et qu'on appelait les hippies, dans la France de l'après 68, la mère de la visiteuse en était, sa fille et née en 1985, elle fut une enfant joyeuse sur la montagne, puis le malheur la prit, elle se vêtit de noir, et puis elle est partie... Mais cela, je vous laisse le lire, sinon à quoi bon la beauté des journaux. Dans la vallée des hippies devenus propriétaires, la visiteuse est un remords, l'a-t-on abandonnée ou respecte-t-on sa liberté, ailleurs elle serait morte d'un coup de fusil. A force d'être visités, certains mettent des serrures aux maisons autrefois ouvertes, on menace de piège, on installe une caméra qui a volé l'image d'une femme en jean, le visage encadré de deux tresses noires...   

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Dans le Parisien vous lirez une autre solitude celle-là sans charme mais atroce d'un homme qui lui vit depuis quinze ans ans dans un box de voitures au quatrième sous-sol d'une résidence, dans le XVe arrondissement de Paris.. Il a un nom, Milovan, une peau grise privée de lumière, il est septuagénaire, il a eu une vie, la propriétaire du box voisin l'a dénoncé, c'est dangereux vous comprenez, avec ce qui traine dans ses 8 mètres carrés, les incendies, on doit le chasser de son trou de béton.  

Dans la Charente libre je lis que Mathilde s'est perdue dans les bois en octobre 2019 lors d'une partie de chasse mais vient de rentrer chez elle après 540 jours dans la nature, Mathilde est une chienne, elle fuyait les hommes  mais un jour s'est laissé caresser, sur son collier état  écrit le numéro de téléphone de son maitre Didier Barateau, son nouveau collier est équipé d'un GPS.   

On parle aussi de Napoléon...  

Et c'est dans Sud-Ouest la plus légendaire des solitudes, celle de l'Empereur vaincu en juillet 1815, quand, défait à Waterloo, il avait fait chemin vers l'Ouest de la France en grand équipage, concevant le projet de s'embarquer pour l'Amérique, il avait contracté des abonnements aux journaux qu'on lui livrerait à New York. Mais le gouvernement provisoire du pays et Fouché cet ingrat, lui refusèrent un passeport, alors l'Empereur arpentait l'ile d'Aix, ce petit bout de terre au large de la Rochelle qu'il avait fait fortifié autrefois, où il avait greffé lui-même un petit frêne, on lui proposait des projets,  un bateau charentais qui contournerait ses ennemis, il s'enthousiasmait et puis il renonça, Napoléon écrivit à l'Angleterre et sur le Bellérophon prit son premier breakfast qui le rassasia et le surpris, il croyait encore qu'il finirait ses jours à Londres mais ce fut Saint-Hélène...  Et c'est un bijou de narration que nous offre Sud-Ouest dans un replis de l'histoire, et les photos de l'Ile d'Aix où des soldats crièrent au vaincu ses derniers vive l'Empereur, son souvenir flotte dans de vieilles bâtisses et un buste, disent toute la beauté des destins vaincus...   

Vous le retrouverez Napoléon, dans le magazine des Echos, qui nous dit les bijoux de Joséphine que que Napoléon aima tant, et dans la Croix l'hebdo, qui raconte comment il forgeait sa légende en maître de la com dans des tableaux épiques -et comment l'Empereur fut embarrassée d'une statue du grand sculpteur italien Canova le représentant en athlétique dieu Mars, tout nu... Était-ce ridicule? L'empereur cacha la statue au Louvre derrière une toile, elle fut ensuite prise par Wellington, le vainqueur de Waterloo qui l'exposa, cruauté, dans sa résidence de Londres...  

A Waterloo, les anglais capturèrent aussi Marengo, le cheval favori de l'Empereur et l'emmenèrent à Londres comme un trophée, et son squelette aujourd'hui encore honore le musée de l'armée britannique. Le plasticien Pascal Convert a reconstitué ce squelette dans une œuvre qui doit flotter au-dessus du tombeau de l'empereur aux Invalides, l'œuvre révélée par le magazine télé Stupéfiant provoque débats scandales et polémiques et ce matin l'Humanité en défense de l'art contemporain et le Figaro dialectique et passionnant nous éclairent sur la solitude du petit cheval... 

Libération et la Voix du Nord nous disent eux la solitude des ouvriers de Bridgestone qui ferme vraiment, ça y est, c'est aujourd'hui, et ce qui manquera le plus ce sont les copains...   

Et on parle enfin d'un footballeur...   

Qui a vécu dans la solitude de la honte ses plus belles années quand il était parmi les jeunes pousses du Toulouse football club, une belle génération de juniors dont certains seraient des stars, star il aurait du l'être aussi Ouissem Belgacem, défenseur venue d'une cité d'Aix-en-Provence, déjà international pour la Tunisie le pays de ses parents... Mais chaque soir il priait en s'endormant, "faites que je me réveille hétéro", car le gamin était homosexuel, ne le disait pas, subissait le désir qu'il ne pouvait dire et la honte et il s'en consuma jusqu'à passer à côté d'une vie possible... Elle est belle sa vie pourtant et lui est beau qui trentenaire en a écrit un livre, qui raconte sur le site de l'Equipe, demain dans le magazine, ce parcours brulant...   

Dans Ouest France qui les vendredis raconte des vies ordinaires et jolies, un homme se souvient qu'étudiant à paris, sa mère venu le visiter entra dans sa chambre et sortit en lui disant, "il y a un garçon nu dans ton lit", oups, et ce fut ainsi dans les années 80 que parfois les c_oming out j_oyeusement étaient un vaudeville...  

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch