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Résumé

Trente ans à travailler dans la même usine sans jamais y être embauché, Mediapart et Rue 89 Strasbourg... L'Humanité dimanche dit le monde invisible de 2 millions de travailleurs qui nettoient pour nous. Histoires des dents, enjeux littéraires et politiques, Marianne. Histoire de cheveux, enjeu pandémique, M le mag.

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On parle d'un ouvrier...  

 Qui avec dix de ses camarades est une célébrité absolue, une icône mondiale, un incontournable  des chambres d'étudiants, vous vous souvenez forcément de cette photo prise à New York en mai 1932, de onze ouvriers du BTP installés sur une poutre métallique suspendue au-dessus du vide, à l'heure du déjeuner, derrière eux se dessine la ville,  Central park, ils sont en train de construire le rockefeller center...   Retrouvez la photo et regardez à gauche ce jeune homme ébouriffé qui allume la cigarette de son voisin... Il s'appellerait  Ignacio en castillan, Natxo en basque, Ibargüen de son nom de famille, et au pays basque espagnol, son petit neveu Javier, 76 ans, se bat pour qu'on se bat pour qu'on qu'il soit OFFICIELLEMENT  identifié sur la photos dans les archives de Rockefeller center,  la quête est étayés  par des photos de familles qui confirment l'absolue ressemblance, et c'est  une fidélité aux larmes de son cousin d'Amérique, le fils de Natxo qui venait visiter sa famille au vieux pays et qui un jour s'était mis en pleurer en reconnaissant son père, mort en 1957, sur le poster qu'on venait de lui offrir...  

Tout ceci est sur le site de Sud-Ouest, qui raconte en voisin cette histoire basque. Natxo était né en 1899, à 19 ans il avait quitté le pays pour l'Argentine où il garda des troupeaux, puis il s'en alla aux Etats-Unis où il aurait posé un jour pour l'histoire...   Mais la reconnaissance officielle se fait attendre car voyez-vous, les ouvriers qui font la gloire de new York étaient souvent des étrangers, des sans-papiers, et aucun contrat n'atteste leur présence ce jour-là au-dessus du vide... On peut dédier cette aventure à tous ceux qui nous construisent en dépit de nos lois...   

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Dans Rue 89 Strasbourg et Mediapart, on nous raconte un autre ouvrier de destin clandestin, il  s'appelle Rabah, il a 61 ans, il a passé plus de tente ans  à travailler dans une usine de bouteille de la maison Kronenbourg a Obernai, le tintement sans fin des bouteilles a déréglé son ouïe, il a des acouphènes, mais ce n'est pas le vrai sujet. Rabah n'a jamais été embauché par Kronenbourg en contrat permanent, il a vécu sa vie d'ouvrier d'intérim en intérim, des missions de quelques semaines ou quelques jours parfois qui bout à bout ont fait une existence, mais en était ce une, il demandait à ses chefs une embauche, il a mis du temps à le faire par écrit, il n'a jamais été pris, "Jai travaillé toute a vie comme un con" dit il dans une boite où il a rencontré" les pires racistes du monde"... Il ne pouvait jamais partir en vacances pour rester disponible, et quand sa femme l'a quitté, elle lui a dit qu'il n'avait rien de sa vie -c'est faux évidemment, il va au prudhommes bardé de ses 160 contrats d'intérim et 16 cdd, et s'il faut condamner Kronenbourg, qui est un récidiviste de la précarité, il aura fait avancer une cause...  

L'Humanité dimanche, sous un titre malin, "le salariat en mode essorage", raconte la vie de 2 millions d'entre nous en France, qui travaillent invisibles à nettoyer nos chambres d'hôtel, ou bien nos bureaux à la fin de la nuit avant que nous arrivions, ou les appartements des personnes  âgées isolées à qui elles sont précieuses, mais aux yeux des autres "simplement des bonniches" dit l'une d'elles... Et le journal nous parle d'un monde de précarité de temps partiel et d'emplois menacés, et aussi un agent d'entretien de l'hôpital Pompidou, syndiqué CGT, que l'on veut licencier...    

 On parle aussi des dents...   

Dans Marianne ce matin, les dents qui seraient au coeur de la guerre sociale, selon le journaliste Olivier Cyran qui en fait un livre, nos dents témoignent "avec une fiabilité incomparable" de la place que nous prenons dans la pyramide sociale, singulièrement dans une époque dure où il s'agit de mordre... Marianne salue donc Cyran et l'ayant salué, poursuit par une enquête littéraire sur nos quenottes nos ratiches, et de belles citations; Cervantes, " il faut que tu saches Pancho qu'une bouche sans dent est comme un moulin sans meule",  Victor Hugo qui nous raconte que la jolie fantine se fit arracher ses dents de devant... " Ah jésus dieu? Où avez vous eu ces louis d'or? Je les ai eu, dit Fantine. En même temps elle sourit. Une salive rougeâtre lui souillait le coin des lèvres et elle avait un trou noir dans la bouche..."  

M le magazine du Monde parle  lui de nos cheveux devenus un enjeu dramatique depuis que nos visages, forcément sont masqués... Les cheveux, ce qu'il nous reste ont été l'occasion de nouveaux défis quand on se les coupait pour la première fois... Ils ont supporté nos angoisses intimes et cristallisé nos angoisses publiques, quand le risque de fermeture des salons de coiffure devint une bataille politique, avec le renfort Jean-Pierre Pernaut s'inquiétant au 13 heures de TF1 de ce que sa femme devrait lui couper les cheveux...   

Il est d'autres préoccupations. Libération nous dit que sur Instagram fleurissent les comptes dédiés à la sexualité, des comptes sexos où la parole se libère et l'on reçoit les conseils des passionnés qui se muent en thérapeutes, on est en désarroi face aux mystères du plaisir, et il faut nous guider...    

On parle enfin de fidélité  

Dans l'Equipe vous lirez celle d'un cycliste, il se nomme Anthony Turgis et il fait une bonne saison  dans les classiques, mais il voudrait une victoire tiens, dimanche au Tour des Flandres pour la dédier à ses frangins... Tanguy et Jimmy, avec lesquels il a grandi dans une famille de vélo, jusqu'aux premières courses ensemble, maman repérait le parcours de cross, on sera  professionnels ensemble... 

Mais Tanguy et Johnny ont renoncé à la carrière en raison d'une maladie cardiaque familiale, à laquelle Anthony a échappé, il court pour trois lui et ses frères qui essaient d'oublier les rêves qu'ils avaient.   

Dans le magazine des Echos un homme se sépare de vieux compagnons de tissus et des rêves qu'ils portaient, Etienne Daho transmet au Musée de la mode 34 de ses costumes de scène, ainsi de vedette devient on éternel... 

Eternel est le chanteur Christophe que l'on revoit dans dans Paris Match... Eternel est Baudelaire finement dit dans Télérama en prosateur mécontent, il détestait la presse mais lui courait après... Eternelle est la foi de ces prêtres de l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, que montre le Figaro magazine, qui aux sources même de son existence sur des parchemins s'approchent de la vie de Jésus

Le parisien magazine conclut une rêverie de notre enfance en élucidant le mystère de la momie de Rascar Capac, elle fut inspirée à Hergé par une vraie momie... Oui mais laquelle, on se dispute entre une relique écorchée décharnée du Musée d'art et d'histoire de Bruxelles et une momie accroupie exposée au parc zoologique Pairi daiza... Mais il ne s'agissait pas de grands personnages... L'écorché de Bruxelles me dit la science était un cultivateur chasseur d'otaries d'un mètre 57 et qui souffrait d'arthrose, il boitait. 

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch