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Résumé

.. Et les Echos décrivent comment Tik Tok au milliard d'abonnés par ses vidéos alertes et ses nouvelles stars, est devenu la référence d'une génération à l'attention volatile. Usbek et Rica, la revue du futur, nous demande de renoncer à l'idéologie du progrès pour embrasser la maintenance!

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On parle de sermons...

Que délivrent sur un réseau social sur lequel le plus souvent on se trémousse, des vulgarisateurs d'un islam simpliste séparatiste superstitieux, mais ces prêcheurs, me dit la Croix qui les révèle , ont bonne bouille, bon charisme, ils postent sur le web des images de la série Squid Game ou de leurs vacances au Mexique pour faire passer le message...

Il ne faut pas porter un maillot du FC Barcelone car sur celui-ci figure une croix, il ne faut pas se raser la barbe ni faire la bise à sa cousine, ni fêter Noel ni faire le compte à rebours à minuit le 21 décembre car cela fait de vous quelqu'un qui ressemble aux non-croyants, aux « kouffars ». Mais pour se consoler, il faut bien s'amuser, on se lancer des défis, citer le plus possible de noms d'Allah en trente secondes. On s'amuse sur Tik-Tok, quand on cherche sa foi... 

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Car c'est de Tik Tok nous parle la Croix ce matin dans une enquête fascinante et déprimante... Tik Tok au milliard d'abonné sur terre, et qui serait devenu la nouvelle horloge du monde, nous décrivent les Echos sur leur site dès ce matin et demain dans leur supplément magazine Week-end... L'horloge du monde, celle qui donne le la de l'époque, dont les vidéos courtes créatives captent l'attention volatiles des générations connectées, qui se sont trouvées des maitre en distraction. Voici Khaby Lame, sénégalais vivant en Italie aux 123 millions d'abonnés, surnommé Il fenomeno, ou le Charlie Chaplin du web, car il met en ligne des petites saynètes drôles, avant d'être star il était chômeur ;  voici Bella Porch à Los Angeles, une ancienne militaire au minois ironique qui compte 87,5 millions d'épris de ses mimiques expressives et de ses improvisations rap ; voici en Angleterre Abby Roberts likée 1,4 milliards de fois pour ses tutoriels de maquillages... Ils sont les repères de jeunes gens connectés en permanence, qui sautent d'un influenceur à l'autre, et qui s'approprient une culture -des références universelles...

Mais dans ses références nous montre donc la Croix se logent  aussi des archaïsmes des peurs des angoisses... Et même dans l'universel en ligne l’intégrisme nous ronge... A-t-on le droit musulman d'aimer les mangas, se demandent des jeunes tik-tokeurs, que se passera-t-il si je ne fais que quatre de mes cinq prières quotidiennes.. Et un collégien de trois ans écrit ainsi à un tik-tokeur qu'il admire... "Reda à cause de tes vidéos, j'ai peut, je n'ai que treize ans et je trouve que je gagne trop de péchés"... 

Reda, c'est Redazere, un algérien de 26 ans aux yeux verts et à la barbe claire qui depuis le Québec expédie ses prêches punchy... Il est un parmi une génération d'influenceur musulmans, qui ont adapté l'intégrisme aux codes de Tik Tok et qui donnent aux gamins, aux âmes simples, un islam niveau maternelle, se désespère un prêcheur adulte qui se croyait moderne et qui se sent largué... Car TikTok est une étape de l'évolution... Avant Tik Tok, il y avait et il y a encore Youtube et Facebook où prospéraient prospèrent encore des prédicateurs, un imam de Brest, un imam de Roubaix qui dispensaient, dispensent leurs cours, souvent rigoristes, mais longs, élaborés, à des centaines de milliers d'abonnés en quête de certitudes, de structures...  Tik Tok les balaie, les ringardise, et les anciens s'affolent de voir des discours culpabilisateurs, fleurir sur ce réseau où l'on danse torse nu, où l’on est assailli disent-ils d'images brulent les yeux et le corps...

Est-ce que tout s'abime tout se trivialise même l'intégrisme alors au fur et à mesure de la technologie, ou simplement Tik Tok acte l'obsolescence d'une génération et de pratiques. Les Echos nous rapportent que Khaby Lame, vous savez, le Chaplin de Tik Tok, s'est inscrit sur Facebook, juste pour voir, et en quelques semaines a conquis plus de followers que le patron Mark Zuckerberg... Ces jeunes nous mangeront!

On parle aussi de réparation...

Et nous nous rassurons alors, tant les choses vont trop vite, dans l'excellent magazine Usbek et Rica, émanation trimestrielle du site du même nom, qui se consacre au futur, mais s'en inquiète désormais...Et qui nous invite alors à rompre avec le grand récit du progrès, le mythe de l'innovation continue disruptive, qui ne serait qu'une fuite, pour entrer dans une autre culture, un âge de la maintenance... Une civilisation où l'on réparerait préserverait ce que nous avons, ce que nous avons construit et que nous laissons s'abimer, comme le pont qui s’effondra… Alors avec patience, pédagogie, on n'est pas sur Tik Tok, Usbek et Rica ose nous ennuyer, car c'est ennuyeux la maintenance, est-ce qu'on offrirait aux gosses une boite de lego maintenance... Mais ce n'est pas ennuyeux, c'est vital semble-t-il et c’est intelligent, apprendrons nous à vivre dans un monde vieillissant? Une universitaire californienne qui est maitresse à penser de ka survie dans les ruines du capitalisme, nous invite à nous inspirer du matsutaké, ce champignon résilient qui repoussa le premier sur les ruines de Hiroshima... Usbek et Rica suggère que pour soutenir la société de la maintenance, on devrait donner une personnalité juridique aux routes qui en justice obtiendraient le droit d'être réparées, c'est juridiquement une innovation... 

Et on parle enfin d'étoiles...

Dans la Vie, hebdomadaire qui nous parle des tentations et des dangers des écrans, et qui sait se consacrer au ciel et aux hommes et nous raconte comment l'Arménie, petit pays farouche qui vient de perdre une guerre au Karabakh contre l'Azerbaïdjan, cherche la clé de sa survie, sa place dans le monde, son droit à exister, dans l'astronomie! On nous raconte alors une excellence née au temps de l’Arménie soviétique, un radio télescope et sa parabole géante lové dans la roche du mont Aragats, et surtout l'espérance d'être connu du monde comme un pays de découvreur de qui est là-haut, le ciel n'est pas vide, il est leur espérance 

Chez nous vous lirez dans Midi Libre comment nous sommes c'est le covid un pays sous oxygène ; je lis dans Libération ce que la philosophie doit au vin, je lis dans le Figaro ce que la littérature doit à l'humour ; je lis dans le Point ce que la France doit à sa cuisine et ses dialectique, couscous ou fromage, depuis le XVIIe siècle disent notre identité... L'Obs nous dit comment Nicolas Mathieu quatre ans après son Goncourt, écrit à nouveau sur la France périphérique, la lorraine, et ceux qui survivent au son de Sardou... Je lis dans le Monde qu'à Lille des savants français ont fabriqué une bulle, d'air, comme une bulle de savon, d'une telle perfection qu'elle pas éclaté pendant 465 jours, à peine les bactéries lui ont fait changer de couleur... C'est la moisissure qui a eu raison d'elle. Un destin.

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch