François Dominique Toussaint L'Ouverture participant à la révolte réussie contre le pouvoir français à Saint-Dominique (Haïti).
François Dominique Toussaint L'Ouverture participant à la révolte réussie contre le pouvoir français à Saint-Dominique (Haïti).
François Dominique Toussaint L'Ouverture participant à la révolte réussie contre le pouvoir français à Saint-Dominique (Haïti). ©Getty - Bettmann
François Dominique Toussaint L'Ouverture participant à la révolte réussie contre le pouvoir français à Saint-Dominique (Haïti). ©Getty - Bettmann
François Dominique Toussaint L'Ouverture participant à la révolte réussie contre le pouvoir français à Saint-Dominique (Haïti). ©Getty - Bettmann
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Résumé

Une association d'aide aux migrants risque la mort pour avoir fâché les autorités en trouvant du travail aux réfugiés, Presse-Océan. La Croix raconte le travail des enfants au Quebec. Le Figaro décrit les femmes américaines qui devront préparer leurs IVG en éteignant leurs smartphones-espions.

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On parle de Haïti...

Qui est un pays admirable et martyr et dont nous la France avons été les bourreaux... Et il vous sera difficile d'aimer notre pays pour ce qu'il fut et ce qu'il fit, quand vous aurez lu l'enquête que le New York Times a a mis en ligne, elle s'appelle "la Rançon", vous pouvez la lire en anglais, en français, et aussi en créole. Elle raconte comment Haïti, nation libre qui naquit en 1804 de la victoire d'une armée d'anciens esclaves, fut bientôt asservie à nouveau, par la France, puissance coloniale vaincue, qui se vengea en exigeant le prix de l'esclavage aboli. ...

En 1825, 21 ans après l'Indépendance, des navires de guerre français pointent 500 canons sur Haïti. Ils sont envoyés par le roi Charles X, qui soutient la cause des propriétaires d'esclaves et de plantations chassés de Saint-Domingue, l'ancien nom d'Haïti... La France exige réparation pour cette perte, ou ses bateaux ouvriront le feu.

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Haiti est isolée, les grandes puissances redoutent son exemple d'une république fondée par d'anciens esclaves noir, Haïti ne supportera pas une nouvelle guerre, Haïti s'incline. Elle accepte de payer 150 millions de francs de l'époque en échange d'une reconnaissance et de la paix. Mais cette rançon unique dans l'histoire - condamne Haïti à la misère, « lan misè », dit-on encore aujourd'hui. Car pour payer, Haïti s'endette auprès d'établissements financiers français, et s'épuise à rembourser le prix de sa victoire, au lieu de se développer... Le manque à gagner pour Haïti représenterait en perte de croissance cumulée entre 21 et 115 milliards de dollars, pour un pays qu'on aura assommé dès sa naissance.

Vous lirez dans le NY Times comment 27.000 demandes d'indemnisations furent déposées par les anciens esclavagistes auprès de l'Etat français. Vous lirez comment une banque qui nous est familière, le CIC, pilla les ressources de Haïti dont elle contrôlait la banque nationale, et nourrissait de ce pillage ses ambitions françaises, elle finança la construction de la Tour Eiffel. Vous apprendrez comment les Etats-Unis d'Amérique envahirent Haïti et prirent le relais de l'oppression française, et comment dans notre siècle, les deux bourreaux s'entendirent pour faire tomber un président haïtien nommé Jean-Bertrand Aristide, qui en avril 2003 dans discours fameux avait rappelé le passé de son peuple et osé prononcer le mot "réparation". Il fut ensuite "désamorcé", selon le mot d'un ambassadeur de France, évincé par un coup d'Etat en 2004, et un autre ambassadeur de notre pays en poste au moment du coup d’Etat, Thierry Burkard, quand le NY times lui demande si la question des réparations était liée à cette éviction, répond "c'est probablement ça aussi, un peu"...

Et des traces de vérité émergent de deux siècles de mépris, de vengeance, de racisme souvent et de condescendance. Les réparations, "c'est une démagogie pour enfants de 7 ans", avait lancé aux haïtiens l'écrivain bien Eric Debray, que la France avait envoyé dialoguer en Haïti. En 2015 le président Hollande semblait avoir appris les leçons de l'histoire en évoquant dans un discours la rançon de l'indépendance payée par Haïti et la dette de la France, avant de se dérober et d'expliquer que notre dette n'était que morale.

Et nous contemplons un peuple brave et démuni, et ayant lu le New York times nous savons ce que nous lui devons... Puissance d'un journal mondial qui redresse notre histoire méconnue -même si avant lui des historiens, des journaux -Mediapart en juillet dernier- essayèrent de conjurer l'oubli...

Mais c'est une étrange épreuve, tentez-là, que d'être ainsi confronté à nos fantômes -quand au présent nos journaux, Liberation, Le Figaro les Echos débattent autour d'un professeur d'histoire devenu ministre d'une Education nationale qui manque de profs, Pap Ndiaye dont la nomination interroge mais dirait la volonté du pouvoir de regarder en face nos passés nos présents nos failles...

On parle aussi d'un journaliste...

Dans le Journal du Centre, il se nomme Anderson Michel et il est haïtien, tout se tient, il est réfugié en France car menacé de mort chez lui et est venu parler de son pays à des lycéens à Decize, alors on se dit que nous sommes quand même un pays de liberté et qui éduque ses gosses à cette valeur, par un jeune haïtien, mais il en a bavé chez nous pour pouvoir se poser, Anderson Michel, on n'est pas quitte si facilement.

Dans Presse océan, vous lirez comment à Nantes une association d'aide aux réfugiés nommée AMI, accompagnement migrants intégrations, est en train de mourir dans l'indifférence, placée en redressement judiciaire , faute de crédits retenus par l'Etat... L'AMI ouvre aux migrants les portes de la France en leur trouvant des boulots, 700 contrats l'an dernier, des emplois payés au Smic -mais c'est cela qui déplait aux autorités, une sous-préfète rappelle que l'AMI est subventionnée pur donndr des cours de français, pas pour trouver des boulots, et il ne faut pas faire croire aux migrants qu'ils seront gardés ici s'ils travaillent...

Et l'on se demande si ce qu'on lit aujourd'hui, un jour, fera honte à nos enfants.

On pourra se consoler dans la comparaison avec d'autres pays dans notre étrange monde. La Croix nous dit qu'au Quebec, aucune loi ,n'interdit le travail des enfants, il suffit quqnd on n'a pas 14 ans, de fournir à l'employeur une autorisation parentale et zou, des mômes de 13 ans, des mouflettes de 11 ans vous servent des pizzas, des poutines, c'est un plat de là-bas…

Dans le Figaro, je lis qu'aux Etats-Unis où la Cour suprême risque d'autoriser des états à refaire de l'avortement un crime, les femmes vivant dans ces états mais qui voudraient interrompre une grossesse non désirée pourraient être trahies par leurs smartphones, car en Amérique les données personnelles ne sont pas protégées, on peut les acheter par paquets pour pas cher, les exploiter: pour 160 dollars le journal en ligne Vice a acheté auprès d'un courtier la liste des smartphones qui s'étaient rendus en une semaine dans un des 600 centres du planning familial américain...

Il ya quatre ans une jeune femme au Mississipi avait été poursuivie pour meurtre parce qu'elle avait tapé sur son moteur de recherche "acheter en ligne une pilule abortive", on l'accusait d'avoir organisé un avortement hors délais... Les défenseurs du droit à l'avortement conseillent aux femmes de ne pas utiliser leurs adresses e-mails habituelles, de ne pas utiliser leurs smartphones, mais plutôt d'acheter des téléphones prépayés... la peur est là...

On parle enfin d'un petit garçon...

Dans le Dauphiné, un petit garçon mignon nommé Memedali qui a deux ans et demi et est né sans tibia à la jambe droite, et avec des os trop petits à l'autre jambe, des médecins ici disent qu'il faut l'amputer à droite et à gauche, ses parents eux croient qu'une opération pourra lui permettre de grandir comme tout un chacun, ils cherchent 561442 euros pour aller à Dubaï où l'on saurait faire...

Dans le Monde j'apprends que des chercheurs travaillent à comprendre pourquoi les pieuvres se laissent mourir après avoir pondu leurs oeufs, ce serait un problème de cholestérol. Dans la Voix du nord je lis que boire du café fait du bien à la mémoire et au coeur. On produit du café, au fait en Haiti...

Références

L'équipe

Claude Askolovitch
Claude Askolovitch