Un pianiste français survivant d'une secte a conquis l'Amérique, téléchargé des millions de fois, le Parisien

France Inter
France Inter
Publicité

"Le Manifeste Complotiste" attribué à Julien Coupat, publié par le Seuil, inquiète l'Express et Télérama mais enthousiasme Reporterre. En état de mort cérébrale, un homme aura sauvé par organes quatorze de ses semblables, l'Union, l'Ardennais

On parle d'un pianiste...

Un pianiste français, Riopy, qui subjugue l'amérique et le monde, dont les fans téléchargent la musique un million de fois chaque jour, et qui figure au top ten du billboard, le classement référence des Etats-Unis depuis 72 semaines, et pourtant en France, on le connait à peine -mais cela vient puisque le Parisien après le Journal du Dimanche il y a un mois nous raconte ce trentenaire, dont les notes consolantes seraient propice à la méditation et au yoga et qui a composé lui-même contre la dépression, à une époque où il avait du mal à s'aimer... Et on le comprend, sa vie  est un roman.

Quand il avait six mois la mère de Jean-Philippe son vrai nom, l'avait emmené vivre dans une secte des deux-sèvres, où la gourou préconisait les coups, interdisait la télé, mais il y avait quand même un piano: dès ses deux ans, Jean-Philippe s'y inventait un langage. A 18 ans, il a fui la secte, il est parti à Los Angeles, et puis à Londres où il travaillait dans un magasin de piano et il a rencontré du beau monde, et Chris Martin de Coldplay lui a offert un piano... Ensuite il fallait vaincre l'alcool la drogue et les fantômes, Jean-Philippe a médité, il a composé, il pourrait donner un concert en France au mois de mars -ce serait son premier ici.

Publicité

Dans la Croix, c'est moins épique, voici Jonathan Fournel, lui aussi est pianiste, mais son enfance fut heureuse, il démontait le moteur de la tondeuse à gazon familiale pour voir ce qu'ul y avait dedans,  et à l'instar de son père menuisier amateur, il rêvait de faire quelques chose de ses dix doigts, donc le piano. Jonathan trouve son inspiration en regardant les peintres qui du bout des doigts forment un paysage d'une somme inouïe de petites touches, comme Brahms, que Jonathan admire, qu'il a enregistré et qu'en février il jouera dans des concerts de poche, cette bonne idée qui amène la musique dans des villages des cités des écoles... Irons nous, aimez-vous?

A côté de cela le Figaro nous avertit que la musique et pas seulement la musique, ça  fatigue les oreilles, profondément, durablement, si on l'écoute quand elle est compressée -hélas, c'est le plus souvent le cas, y compris à la radio. Des chercheurs ont exposé des cochons d'inde à de la musique surcompressée, une semaine plus tard, les muscles de leurs oreilles moyennes ne s'en étaient pas remises à force de se contracter sous l'offense. Car la musique compressée supprime les silences qui reposent l'ouïe -un silence compressé compressé est sonore et habité. Il faut faire des pauses...

On parle aussi d'un maître!

Un maître clown, encore un Français que les Américains connaissent mieux que nous, puisque c'est le New York Times qui célèbre  Monsieur Philippe Gaulier, 78 ans, qui a grandi près d'un cirque à Paris, fut viré de l'école pour avoir tapé son prof de gym, qui aurait voulu jouer des tragédies mais à l'école de théâtre il faisait rire, un destin.  Jadis avec son partenaire Pierre Byland, il cassait 200 assiettes chaque soir, "avec une impavide gravité, une évidente nécessité", écrivait le Monde en 1974, qui décrivait Gaulier en "Falstaff barbu trognard", c'est un des seuls article français où j'ai trouvé son nom. Pourtant, Gaulier devenu enseignant fait venir chez lui des élèves du monde entier qui subissent sa verve pour trouver le clown, l'idiot, l'innocent qui les habite; son ancien élève le plus célèbre s'appelle Sacha Baron Cohen, il  aussi initié notre belge Yolande Moreau, on cite Gaulier dans les bons portraits de la dame. Lui qui aime l'expression, "de mes couilles", dit qu'il faut en toute choses, le meurtre ou l'humour, chercher la légèreté.

Dans le Progrès édition de la Loire, d'autres septuagénaires, des médecins retraités, font don de leur personne à ces centres médicaux qui sans eux ne tiendraient pas, ils s'en disent heureux d'être encore dans le coup, de faire croire "qu'on a besoin de nous", de voir d'anciens patients. Gratitude.

Dans l'Union et dans l'Ardennais on voit le visage amical de Jérôme Gremy, qui le 26 décembre dernier, à 45 ans, a perdu le contrôle de sa voiture, et après l'accident son cerveau a cessé de fonctionner; son épouse Karine,  se filles Louane Gladys et Océane se sont souvenues que Jérôme avait toujours dit qu'il ne voudrait pas finir comme un légume, et puis il donnait son sang depuis l'âge de 18 ans... Alors, elles ont donné le feu vert, les organes de Jérôme ont sauvé quatorze personnes, Jérôme pour les siens est un héros.

On parle enfin d'un livre...

Qui viendrait nous sauver de l'étouffement intellectuel, nous permettre de penser, d'aller à l'envers de l'histoire contemporaine, s'enthousiasme le site écologiste Reporterre... Mais ce livre, sorti vendredi dernier, témoignerait plutôt des confusions de l'époque, nous disent les sites de l'Express qui le premier a donné l'alerte et de Télérama. Le livre s'appelle "Manifeste conspirationniste", il n'est pas signé, mais il émanerait de Julien Coupat, ce théoricien de l'ultra-gauche qui fut un moment accusé de terrorisme puis blanchi, et devenu une icône marginale... Le livre revendique le complotisme, contre les pouvoirs et contre "la mise en scène" de la pandémie de la covid,  qui aurait été la divine surprise des puissants, possiblement planifiée, afin d'expérimenter sur les populations le vaccins ARN, les nano-technologies aux bénéfices prometteurs, et pour enfermer les peuple au moment où ils se soulevaient... Les complotistes seraient des êtres lucides contrairement aux somnambules et aux esclaves... L'Express  trouve des points communs avec les brulots d'extrême droite de Philippe de Villiers... Et cette convergence est d'autant plus perturbante que le "Manifeste conspirationniste" est publié par une grande maison d'édition marquée à gauche, le Seuil,  dont le patron Hugues Jallon revendique en parlant à Télérama -oh, sans être d'accord sur tout- un bouquin qui serait une "provocation à l'intelligence" et qui  "propose d'autres perspectives pour penser ce qui nous arrive"... Pour Reporterre, "conspirer," ce serait "respirer ensemble". Voilà.

On parle enfin d'un livre...

Dans le Télégramme on me parle d'un homme qui a vaincu deux addictions qu'il menait de front, l'alcool à haute dose et le marathon, il buvait deux litres de bière à l'arrivée du marathon de Paris. Dans Ouest-France on me raconte les course de dromadaires de Dubaï, grande distraction, des robots montent les bêtes, avant c'était des enfants; dans l'Arabie saoudite voisine, des tricheurs injectent du botox à des dromadaires pour que leurs lèvres soient plus longues et tombantes, il parait que c'est beau. Ainsi va notre monde.

L'équipe