Libération dit ces enfants en trop, que les services sociaux enferment, surveillent dans des chambres d'hôtels

France Inter
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Une brebis géolocalisée se prend une décharge électrique en franchissant une clôture virtuelle, le Populaire du Centre. La Croix en quête d'identités raconte la jeunesse des campagnes de Haute-Saône. Le Monde avec attention se penche sur les chasseurs du Loir-et-Cher, qu'on insulte parfois.

On parle d'une brebis...

Qui sans le savoir nous dit notre futur alors qu'elle pâture paisiblement à la ferme du Mourier à Saint-Priest-Ligoure dans la Haute-Vienne, elle porte au cou un collier nanti d'un boitier sombre, et alors qu'elle marche sans penser à mal, le collier émet une musique, et comme elle  avance encore, il lance un autre son, et puis encore un autre,  et puis lui envoie une décharge électrique, est-ce suffisant pour qu'elle reste en place, pauvrette...   Et ainsi, le Populaire du Centre nous raconte comment la science réinventent la pâture, dans des paysages dépourvus de clôtures physiques, mais dont les parcelles sont pourtant délimitées par des clôtures virtuelles que contrôle un smartphone, et nos brebis, géo localisées, reçoivent donc de la musique et puis un choc électrique si elles font mine de dépasser la clôture virtuelle qu'elle ne peuvent pas voir... Notez que si même la décharge électrique ne calme pas la brebis, son propriétaire reçoit un sms pour l'avertir que sa bête s'est échappée...

Nous sommes donc demain. Je lis dans le Figaro que Monsieur Elon Musk veut m’amener l’internet à très haut débit dans l’avion. Je lis dans les Echos que pour les jeux de 2024, Paris et la RATP rêvent de taxis volants... Je lis dans Ouest-France que André-Joseph Bouglione et son épouse Sandrine montent un spectacle de cirque 100% humain, où les animaux seront des hologrammes... Je lis dans Libération que dans nos villes des start-ups se font fort de nous livrer en dix minutes sur notre pas de porte, le dentifrice les sex-toys les couches de bébé, la bouteille de vin, les pâtes, que sais je qui manquent urgemment... Ainsi se soutient la consommation, par des livreurs fonçant dans Paris à vélo, leurs patrons disent qu'ils les traitent bien, on leur fournit même parfois le téléphone portable -ça permet au passage de surveiller sa brebis...  

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On parle aussi d'enfants...

Des enfants dont on ne sait que faire, et Libération nous raconte des milliers de mômes, entre 7500 et plus de 10.000, que les services sociaux logent dans des chambres d'hôtels, ils y poussent seuls comme ils peuvent loin de nous, loin de l'école, surveillés par des adultes éducateurs recrutés par des boites d'intérim... Ce sont souvent des jeunes migrants, les mineurs non accompagnés que l'on va jeter à la rue après leurs 18 ans, mais pas seulement. Ce sont aussi, des enfants français ou qui ont grandi en France, près de 500, que l'aide sociale à l'enfance a extraits de familles dangereuses, mais pour les trimballer et finalement les larguer dans l’isolement des hôtels, parfois d'ès l'âge de 8 ans, parfois pour des années;  leurs éducateurs peuvent avoir consigne de les enfermer à clé... On les surveille 24 heures sur 24, car à force les enfants se mettent en danger, "à sa place je me tuerais" dit un éducateur parlant de l'adolescent qu'il  garde  près de paris...

C'est un de ces gosses enfermés, âgé de 13 ans qui a alerté Libération, on l'a retiré à sa mère à 5 ans, il a traversé les structures avant d'aboutir dans cet hôtel de Villejuif, il est intelligent, lucide sur son désespoir, avant d'être enfermé il fuguait, il marchait la nuit, parce que dormir ça fait peur.

A côté des ces enfants perdus sans collier, des mômes heureux sont dans nos journaux, à leur place en ce monde et qui vont nous prolonger. C'est dans le Journal de Saône-et-Loire des collégiens d'Epinac qui ont nettoyé le monument aux morts, une idée d'un prof pour qu'ils prennent conscience des guerres et de l’histoire. " Si on est libre aujourd'hui, c'est grâce à leur courage " dit des grands morts Tom 14 ans qui plus grand veut être terrassier...  Pour Noel on peut lui offrir cette BD que les résistants du muse de l'homme, dont parle joliment ce matin l'Humanité...

La Croix est allée en Haute-Saône, rencontrer d'autres enfants du trou du cul du monde, c'est Manon 17 ans qui le dit avec une infinie tendresse, qui aime les tracteurs, les bois les animaux pas en hologrammes et dans sa chambre a accroché un drapeau bleu blanc rouge et une croix de Lorraine, elle sera paysanne et trouve que Vesoul sa préfecture avec 15000 habitants est trop peuplée pour elle, et que dans le Doubs, le département voisin, les gens n'ont pas le même accent ni la même manière de travailler la terre... Manon et ses copains sont des personnages d'une série que la Croix nous propose, à sa manière bienveillante, sur la France des identités, elles sont fortes et souriantes, empêchent-elles l'ambition? Leila se voit devenir avocate, mais elle plaidera dit-elle, avec l'accent de sa Franche-Comté.

On parle aussi de patrimoine!

Dans l'Est républicain, qui est le journal de la Haute-Saône, on me raconte aujourd'hui l'histoire d'un château du Moyen-âge, Bougey, dont la Mission du patrimoine reconstruit les écuries, l'amicale du 11e chasseurs de Vesoul y organise des animations... On me parle aussi d'un concert à deux violons, on jouera du Bartok au théatre Villon ce week-end a Vesoul que Brel a chanté. Dans l'Est républicain, édition de Meurthe et Moselle, on s'inquiète pour le cinéma Le Concorde, à Baccarat, créé en 1937 sous le nom de « le Paroissial »par la paroisse, et qui a du mal après les confinements: "Une ville comme Baccarat peut-elle se passer de son cinéma?"

Vosges-Matin, journal voisin nous dit que l'hôpital d'Epinal espère obtenir un service de coronographie, qui permettrait à des gens de ne pas mourir quand vient la crise cardiaque et qu'il faut aller  en urgence à Nancy et celka prend du temps... A Moissac lit on dans la Dépêche, on a a manifesté hier à 150 contre la fermeture des urgences de nuit... Les quinze patients qui s'y rendent en moyenne chaque nuit auront-ils le temps d'aller à Montauban? L'Union nous dit que la meilleure clinique de France, à Bezannes, souffre elle aussi de pénurie de soignants, et on a fait la grève a la maternité.

Le Monde lui se penche avec douceur sur des chasseurs du Loir-et-Cher qui marchent près d'un ancien viaduc ferroviaire en anoraks orange fluo, le fusil désarmé car ils croisent des promeneurs, mais parfois ces promeneurs les traitent d'assassins et leurs coups de fusils font peur, ils pressent le pas les promeneurs quand ils entendent « pan pan pan »... Mais les chasseurs trouvent qu'autrefois les promeneurs faisaient plus attention. On a pourtant l'impression, lisant cet article que l'on pourrait, dans ce pays se parler...  

Le Figaro raconte les joueurs éphémères de l'équipe de France venus pour un match, quelques minutes, quelques secondes sous le maillot bleu. C'est juste attendrissant. 

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