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Résumé

Samantha garde sur son portable un enregistrement de sa jolie voix d'avant l'accident de moto -saisissant article de la Provence sur des survivants. Le Monde raconte comment des scientifiques militants sèment des hamsters dans un champ alsacien pour conjurer sa disparition.

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On parle d'un miracle...

Qui fait la Une de la Montagne, édition du Cantal, le miracle de la vie de Lionel le Campion un gaillard avenant au sourire timide, qui est livreur pour un sous-traitant de la poste et qui le dix décembre dernier alors qu'il attendait ses journaux à livrer est tombé au Centre de tri d'Aurillac, victime d'un malaise cardiaque, et alors qu'il n'était plus qu'un cadavre en chemin, il a été retenu à nous, par Amandine Chaillon, factrice intérimaire, qui s'est souvenu de sa formation premier secours vieille de vingt ans, quand elle rêvait d'entrer chez les pompiers, et par Arnaud Terrade, qui a quitté les colis qu'il préparait quand lui a dit que Lionel était mort, et Amandine puis Arnaud ont massé Lionel, au souvenir, au réflexe, grâce à eux son cerveau a été irrigué, les pompiers sont arrivés, un médecin, un défibrillateur, Amandine fumait clope sur clope buvait café sur café, se demandait si ses gestes avaient été les bons, Arnaud était reparti à ses colis et écoutait de loin des bip de la machine de déchoquage...

Et maintenant que Lionel est bien vivant et travaille à nouveau, on nous raconte une histoire d'enchainement idéal et de présence d'esprit, et on s'attarde sur les visages étonnés encore d'Amandine et d’Arnaud qui ont sauvé une vie... Dans le télégramme, belle barbe souriant voilà Stéphane Vermandé qui est joailler et qui chaque dimanche tient un stand au marché du Guilvinec, et qui avant-hier a du se souvenir de son stage de brancardier un été de son adolescence, pour masser, lui aussi au souvenir, un octogénaire tombé devant lui qui était tout bleu, et qui est revenu quand les secours sont arrivés -après avoir sauvé le bonhomme Stéphane a repris son stand...

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Et nous voilà munis d'histoires de survie, en tirons-nous de la force.

Dans la Provence vous rencontrez Romain dont l'existence est un miracle, dont la jambe a été arrachée quand entre Cassis et La Ciotat à moto il a voulu doubler à la sortie d'un virage, ll s'est retrouvé au sol l'artère fémorale pissant comme un geyser, et la chance a voulu qu'il y ait dans la circulation à l'arrêt un kiné, qui lui a fait un garrot et puis une infirmière qui l'a empêché de partir, et puis un pompier est venu qui a enfoncé un poing dans ce qui lui restait de jambe pour bloquer le sang -ce printemps au soleil, contemplant la Bonne mère, Romain qui était boxeur avant, dit que personne n'a plus de chance que lui...

Il est un de ces motards fracassés que la Provence raconte pour qu'on devienne prudent dans les Bouches-du-Rhône, où chaque année meurent entre 35 et 45 pilotes de deux roues... L'enquête est dédiée à « ceux qui roulent en short claquettes t-shirt et n'ont jamais gouté au goudron », le mot est de Samantha, 25 ans qui est tombée en roulant sur un trou et puis une voiture lui est passée dessus, et depuis elle se bat pour reprendre le contrôle de la moitié gauche de son corps... Sa voix n'est plus la même, une voix de vieille gutturale hachée, elle tend son portable au journaliste Romain Capdepon, pour qu'il entende, sur un enregistrement quelle voix féminine elle avait avant...

On parle aussi d'architecture...

Et c'est dans les Echos une autre manière de parler de survie, sur cette planète où par les guerres et les catastrophe climatiques ou autres, un être humain sur 113 ne peut plus vivre chez lui, dit l'ONU et des millions de personnes vivent dans des camps de réfugiés, des villes accidentelles, des endroits provisoires où statistiquement on va rester en moyenne 17 ans, une discipline du génie humain, l'architecture de papier organise cette survie... Car c’est la marque de l'espèce que de réparer les dégâts qu'elle s'inflige...

Vous lirez dans le Dauphiné et dans le Bien public des soldats français qui ayant vu des charniers, des amis mourir, leur propre sang couler, quand ils sont revenus au pays, dans la douceur de leurs familles, ont été saisis par les terreurs de a guerre, les choc-post traumatiques que l'armée a appris à entendre et comprendre et que les braves ont appris à dire...

Dans la Croix, vous lirez comment aux Etats-Unis la psychiatrie identifie et quantifie dans son manuel de référence, le DSM5, une nouvelle atteinte, le syndrome du deuil prolongé, car après un an pour un adulte, la peine intense serait une anomalie -des psychiatres français contestent cette rationalité, le deuil est un ressenti, sa temporalité ne peut être normée.

Dans le Figaro, Slate, Usbek et Rica, j'apprends que le réchauffement climatique est mauvais pour le sommeil... Et par le figaro j'apprends que la sècheresse fait baisser les eaux d'un lac du Nevada, et de la boue émergent des ossements, un fut métallique contenant un corps décomposé, venu des années 80, sans doute des victimes d'une période intense de la mafia qui se rappellent à nous est-ce une anecdote, que cette conséquence de la sécheresse... Ou une métaphore du remords?

A propos de remords, je lis dans l’Humanité, dans la chronique de Maurice Ulrich, cette phrase que Robinson Crusoé prononce à propos de Vendredi : « Enfin il s’approcha de moi, (…) mit sa tête sur la terre et mit mon pied sur sa tête ; ce fut, il me semble, un serment juré d’être à jamais mon esclave. » Et Ulrich nous rappelle aussi que Robinson, lorsqu’il fait naufrage, était à bord d’un navire négrier. Il ne s’agit pas de censure, mais de lire moins bête… Faut-il censurer le roman, l’interdire ?

Et on parle enfin d'un réseau téléphonique...

Car on répare aussi le mal qu'on fait aux animaux, et la Montagne encore nous dit que pendant deux mois, on va interrompre le réseau téléphonique mobile à Mazeyrat d'Allier en Haute-Loire c'est une décision du tribunal administratif de Clermont Ferrand - deux mois pour voir si la mise en sommeil de l'antenne 3G 4G installée l’été dernier par Orange, va enrayer l'hécatombe des vaches et des veaux d’une ferme qui depuis l'arrivée de l'antenne tombent par dizaines, les ondes sont-elles coupables, on saura...

Dans le Monde on nous raconte la plus étonnante des battues dans un champ alsacien, des rabatteurs tapant sur des bidons de plastique pour faire fuir les renards ou autres prédateurs, avant que l'on dépose dans des trous garnis de pommes de croquettes de carottes, des hamster sauvages, belles bêtes de 500 grammes qui ont prospéré dans nos plaines céréalières du Kazakhstan à l'alsace, mais chez nous ont été éradiquées pratiquement, par les hommes qui tuaient ces dévoreurs de graines, et par la culture du maïs qui les empoisonnait. Nourri de maïs, carencé en vitamine B3 le hamster devenait fou, les femelles dévoraient leurs petits... Alors pour guérir ce que nous avons fait se sont levés des scientifiques militants, on encourage les paysans à diversifier les cultures pour que le hamster survive, et on élève des bêtes que l'on plante dans des trous protégés, un trou pour un male, un trou pour une femelle, en repérant qu'ensuite, la nature pourvoira.

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L'équipe

Claude Askolovitch
Claude Askolovitch