France Inter
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Romain Bardet raconte à l'Equipe sa solitude auprès d'Alaphilippe blessé, et comment les pelotons, inconscients et grisés de technologie sont devenus dangereux. Le Monde décrit les stratégies de survie des araignées mâles popur ne pas être dévorés après la copulation.

On parle d'un manager...  

Un homme jeune barbe fine et lunettes l'air d'un garçon sérieux, que l'on voit sur le site de France 3 et dans l'Yonne républicaine portant vareuse syndicale UNSA devant la supérette discount qu'il ne dirige plus, car Abdelkarim Handichi, 30 ans, qui était directeur du Lidl de Joigny, a été licencié, et autour de lui des employés du magasin, ceux qu'ils dirigeait, font bloc et font grève -et c'est une petite histoire dans les soubresauts du monde mais elle raconte la catastrophe qui sans prévenir peut saisir une vie qui allait bien... Car Abdelkarim Handichi allait bien, avec son salaire il aidait ses parents, il remboursait des prêts, il avait été élu il y a deux ans conseiller municipal,  je vois dans les archives de l'Yonne républicaine qu'en novembre dernier  il présentait une application recensant des parcours sportifs en forêts alentours...   

Mais  fin février le directeur du Lidl de Joigny est allé travailler en renfort dans un Lidl à Paris, il a terminé tard, il rentrait chez lui, il a demandé la permission de prendre pour lui quatre articles, montant 80 euros, il a rempli un bordereau de transfert, il devait régler l'achat le lendemain à son magasin -mais il n'a payé que deux jours plus tard - et pour cela, d'un coup de téléphone il a été licencié... Le maire de Joigny est venu sur le piquet de grève,  Abdelkarim Handichi entame une grève de la faim, des responsables de Lidl appellent des salariés du magasin pour les dissuader de faire grève, qui tiendra?   

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Dans l'Humanité on rencontre d'autres êtres humains qui comptent un peu moins que d'autres, des jeunes congolais qui étudiaient en Ukraine et qui ont été fui jusque chez nous à Orléans, mais chez nous à Orléans la préfecture du Loiret leur a expliqué qu'ils n'étaient pas réfugiés à part égale, et s'ils veulent être légaux ils doivent retourner au Congo remplir une demande de visa. Un des congolais,  qui a est allé chercher une carte sim pour son téléphone auprès d'un opérateur qui  en offrait aux ukrainiens, s'est vu répondre que ces cartes n'étaient pas pour des gens comme lui...   

On parle aussi de courage...   

Celui d'une dame prénommée Hélène, qui dimanche matin, à l'église Saint-Pierre d'arène de Nice a saisi un Christ pour frapper sur la tête du colosse Kevin, qu'on connaissait bien dans l'église qu'il venait visiter entre deux séjours à l'hôpital psychiatrique, pour dire aux paroissiens "je vous aime j'aime Dieu", mais avant-hier, dans un délire il a poignardé un religieux, le père Christophe Mais Nice-Matin revient dans l'église et nous console en nous montrant que la prière a repris, menée par un autre curé Giuli Florini  dont le sourire réconforte, "Il faut mettre un vigile" lui dit une dame, "on n'est pas au supermarché" répond -il, il dit de Kevin le forcené  que c'est un pauvre garçon qui doit être soigné, il raconte tendrement encore, les clochards de l'église Stefano et Michael, qui ont relevé des paroissiens paniqués, et il raconte donc Hélène et son fier coup de christ sur la tête du fou, "ce n'ets pas très catholique, mais sacrément efficace". 

Vous lisez aussi sœur Marie-Claude qui elle n'a pas cogné Kevin mais a essayé de le désarmer, elle a été blessée, elle est hospitalisé dans une chambre voisine du père Christophe qui va vivre,  elle parle des anges gardiens. Heureux sont les courageux que la foi soutient.  

On lit dans l'Equipe un autre courage et une conscience, lisez le cycliste Romain Bardet qui dimanche dans la classique Liège Bastogne liège, a porté secours à Julian Alaphilippe, projeté contre un arbre dans une chute collective. "J'ai eu le temps de mettre un coup de frein et à partir de là je ne me souviens plus de rien, l'image suivante, c'est moi dans le fossé avec Julian Alaphilippe, il arrive à peine à respirer, il ets incapable de parler, j'ai l'impression d'être le seul à voir qu'il est là, je hurle seul dans le vide et personne ne m'entend..." Bardet raconte comment cherchant du secours il a failli être renversé par la voiture d'un directeur sportif  -et il raconte aussi ce que deviennent nos pelotons, où les coureurs prennent toujours plus de risque.  "On a des vélos tellement rapides que si tu es vraiment collé à la roue du mec devant, tu ne pédales presque pas, alors oui, avec les freins à disque tu peux freiner au dernier moment, mais le temps de réaction humain n'a pas suivi l'évolution technologique"...

Dans l'Equipe encore et dans Libération on nous invite à admirer l'intelligence et l'humanisme de Pep Guardiola, entraineur de Manchester City qui affronte le Real de Benzema en Ligue des champions, maos dans un autre article l'Equipe me dit que les joueurs de Pep, simulent trichent se comportent mal, c'est presque rassurant! 

Vous lirez dans la Croix comment en Italie, à Milan des prisonniers fabriquent des violons, avec le bois des barques de migrants échouées à Lampedusa en Sicile,  et le meurtrier Andrea, ressent dans ses bras tatoués ses mains d'homme trop fort "le gasoil, dit-il, la mer, l'odeur des êtres humains", il fabrique du beau, le courage des migrants devient sa rédemption, croit-on en cela?  

On parle enfin d'une pénurie... 

Car rien n'est à négliger dans ce qui nous perturbe et dans les DNA je lis que le manque d'huile met en péril le croustillant aux carpe frites, spécialités du restaurant de la gare à Hitzbach, dont elles constituent 80% de l'ordinaire, mais les coups de production s'envolent...   

Je lis, c'est une curiosité, dans l'Est éclair, qu'il y a quarante ans, dans un village de l'aube, nommé Rhèges des pionniers voulaient remplacer l'essence par l'alcool de topinambour; une R12, une DS nous dirent que c'était possible... 

Vous lirez dans le Figaro qu'un vieux de la vieille, Henri Pescarolo, quatre fois vainqueur des 24 heures du mans, reprend le volant aujourd'hui pour disputer une vieille épreuve,  le tour auto qui va l'emmener en Andorre au voilant d'une BMW de 1974, sa grand époque, il a notre barbu 79 ans.. 

Je lis enfin, sur le site du Monde les stratégies de survie des araignées males pour échapper l'appétit de leur partenaires femelles, supérieures en taille et dont la voracité ne fait pas d'exception, car elles ont besoin de protéines pour la ponte à venir, alors les males s'organisent pour féconder sans périr, certains offrent à la femelle des proies emmaillotées pour la distraire, d'autre lient avec du fil le pattes d la ^prédatrice, mais le plus admirable, repéré par des chercheurs chinois, singapouriens et slovènes est le male Philoponella prominens, qui plie les pattes contre l'abdomen de sa partenaire pendant la pénétration, et les tendant l'acte accompli comme une catapulte, il saute 82 cm en une seconde, il mesure 3 millimètres, pour nous cela serait un bon de 530 mètre, l'amour donne des ailes et la survie aussi.

L'équipe

Claude Askolovitch
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