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Résumé

Télérama célèbre, avec une exposition bordelaise, la grande Rosa Bonheur, libre femme du XIXe siècle et peintre des animaux au plus vrai de leur être... Le film des frères Dardenne révèle des vérités profondes sur la Croix, Libération et le Figaro.

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On parle d'un tableau...

Et on parle aussi de perspectives diverses d'un grand journal, puisqu'à propos d'un Rembrandt qui hier se promenait sur l'autoroute A62 dans un fourgon de location qu'escortaient des gendarmes, Sud-Ouest édition de bordeaux titre à sa Une l'Adieu au Rembrandt quand Sud-Ouest édition du Lot et Garonne titre: "Le Mas retrouve son Rembrandt",

Mais les deux titres sont vrais puisque hier donc, de la salle des trésors de la cathédrale Saint-André de Bordeaux, on a décroché avec précautions le Christ en croix de Rembrandt réalisé en 1631, on l'a enveloppé dans un tissus indéchirable et puis enfermé dans un coffre rouge sur mesure, refermé à la perceuse visseuse... Les élèves de l'école Sévigné qui assistaient à la messe ont à peine eu le temps d'être distraits dans leurs dévotions, le curé de la cathédrale le père Meunier a à peine eu le temps d'être un peu triste... que ZOU!

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Le Rembrandt a filé direction chez lui, le Mas d'Agenais, 1500 habitants où sa place l'attendait en la collégiale Saint-Vincent, où en janvier on avait installé en passant par la porte latérale une vitrine de verre et de métal pesant une tonne, réalisée à Bayonne... Il ne manquait que le tableau, le voici, que le peuple visitera dès 9 heures quand l'église ouvrira...

Alors lisant Sud-Ouest, l'édition de ce jour mais aussi le site internet à la riche mémoire, vous découvrirez l'histoire de ce christ hollandais acheté en 1804, par un capitaine de Napoléon, qui le ramena au Mas d'agenais, et depuis le Rembrandt, estimé à 90 millions est la fierté du village, ses accrochages dans l'église ont parfois été baroques, il fut un temps où l'on devait monter sur un escabeau pour l'observer...

Il y a six ans, la vitrine de protection d'alors étant défectueuse, les autorités avaient pris le Rembrandt et l'avaient confié pour sa sécurité à la cathédrale bordelaise, le Mas d'agenais a du se battre pour récupérer son bien. Hier devant l'église une villageoise disait, "on a conscience que jamais on ne devrait avoir un tableau comme celui-là " et une autre répondait "nous aussi on peut avoir de très belles choses dans les campagnes".

On va donc choisir l'édition du Lot-Garonne...

Cela dit, on peut encore à Bordeaux voir de bien belles choses, car j'apprends par Télérama qui la célèbre en couverture que Rosa Bonheur, lionne des arts, est célébrée au musée des beaux-arts à Bordeaux sa ville natale, jusqu'à l'automne, ensuite seulement l'expo viendra à Paris.

On parle ici d'une géante du XIXe siècle, la peintre des animaux, dont le monumental "Marché aux chevaux", une cavalcade de percherons digne du Parthénon, fit sa richesse et l'admiration de la reine victoria et le bonheur du Met de new York... Rosa Bonheur élevait des lions, des écureuils des singes des chevaux pour les peindre aux plus juste, elle s'était fait livrer d’Amérique de l'herbe des grandes plaines pour peindre dans leur élément les bisons de Buffalo Bill, de passage à Paris... Paul Cézanne, voyant son attelage de bovins dans du Labourage nivernais, avait dit "c'est horriblement ressemblant", mais c'est bien plus que ça, et Rosa elle-même, quel personnage, féministe, indépendante, homosexuelle libre -donc dans le Télérama de la semaine et aussi dans un hors-série du même, à vos kiosques!

On parle aussi de militantes...

Des combattantes d'aujourd'hui que vous entendez sur le site les jours, féru de radicalité Julia et Noémie deux militantes antifa à Lyon, qui livrent leur regard sur cette mouvance radicales dont Julia a adopté les codes les Doc martens au pied, le polo Fred Perry, le crâne rasé et aussi la violence dans les manifestations, car, la violence n'es pas l'apanage des hommes, mais « une femme qui fait du bruit et qui frappe fort;, ça dérange », dit Noémie.. Elles sont à lire, au-delà de l’opinion qu'on peut avoir sur leur mouvance - car elles racontent une appropriation... Elles disent que les camarades antifas sortent petit à petit de leur culture de mecs post-punks et ont appris qu'ils n'ont pas besoin de marcher devant les filles en manifs pour les protéger - souris-tu dame Rosa?

Par contraste vous pourrez accompagner dans Nice-Matin la princesse Charlène de Monaco en interview pour nous dire qu'elle va mieux, sereine, accompagner aussi dans le Parisien, édition du jours et hors-série, la reine Elizabeth dont les 70 ans de reine, elle n'est plus loin de louis XIV seront l'occasion d'une belle fête... le mensuel féministe Causette s'amuse, elle, à tester le potentiel féministe de queen Lilibeth, drôle de personnage capable de punkitude, qui fit peur à un prince saoudien en le conduisant sportive dans la land rover royale...

Et on parle enfin d'enfants...

Des enfants lumineux malheureux héros du film présenté hier à cannes, des frères Dardenne, maîtres deux fois palmés d'or du cinéma social, et qui dans Tori et Lokita racontent deux enfants migrants venus d’Afrique plongés dans la noirceur du monde... Ils bouleversent dans la Croix la journaliste Céline Rouden "touchée au cœur" par leur lumière, mais dans Libération Sandra Onona qui salue un film "blessant de vérité", regrette que cette vérité séquestre les personnages et le spectateur aussi bien, et n'est pas dupe des réalisateurs tout-puissants qui décident que nous ne serons pas sauvés... Dans le Figaro Eric Neuhoff ne prend pas la peine d'être ému et raille la chape de plomb du film et ces cinéastes qui cultivent le pathétique comme même Eugène Sue, un feuilletoniste d'antan, n'aurait pas osé...

Et ainsi d'un journal à l'âme chrétienne, d'un journal à la lucidité progressiste, d'un journal au sarcasme anar-droitier, un film illustre la belle diversité de nos journaux...

Dans le Figaro on nous raconte un couple, bellement épanoui, Jean-Paul Clozel et son épouse Martine qui le laissait copier quand il se sont connus en fac de médecine à Nancy, vivent les filles, qui s'aiment et vivent la médecine comme une émanation de l'amour et vivent en suisse où ils se sont installés jeunes, pas pour les impôts, mais pour la recherche, ils ont créé des boites et des molécules, et viennent de trouver le quviquiq qui promet la guérison des insomnies chronique, je les aime déjà autant que les aime le Figaro.

Sur les sites de nos journaux, loin de nos guérisons, vous lirez ce massacre d'enfants dans une école du Texas que nous vous racontons depuis e matin. Je lis signée Piotr Smolar, correspondant du Monde aux Etats-Unis, ces phrases ciselées et sans appel. "L’Amérique égrène ses deuils par balles. La colère causée par les fusillades n’est jamais féconde. Elle succède à une autre, et précède la suivante."

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch