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Prêtre qui a consacré sa vie à a Shoah par balle en Europe de l'Est, Patrick Desbois enquête désormais sur les massacres commis en Ukraine par l'armée de M.Poutine. Des mots inédite de Simone Veil témoignant de sa survie à Auschwitz, Elle. Paris-Normandie confronte Yvetot à la gloire d'Annie Ernaux.

On parle d'un prêtre...

Patrick Desbois dont le regard vous transperce dans l'hebdomadaire la Vie, et qui expose son existence aux « noirceurs de l'âme humaine. » Pour des raisons intimes qui s'imposaient à lui, Patrick Desbois a consacré sa vie à dire l'extermination des juifs en Europe de l'Est -avant même les chambres à gaz - quand 2 millions de personnes furent abattues dans le sillage de l'offensive allemande dans des villes et des villages où les populations ensuite pillaient se promenaient avec les vêtements des juifs tués, car « cent familles assassinée dit Desbois, c'était aussi cent maisons, cent services de vaisselles, cent chevaux disponibles... Avec une association qu'il a créé "Yahad in unum", ensemble en un, il est allé chercher les derniers témoins, les noms vies des victimes... Il en est devenu un expert en massacre de masse, sollicité sur d'autres crimes -ainsi il connait le génocide des Yezidis en Irak où parfois les badauds assistaient en famille aux exécutions - comme des villageois tenaient des stands de cigarettes ou nourrissaient les soldats allemands pendant les fusillades...

Cette année, Desbois était à Jérusalem avec des membres de son association, un d'eux a du rentrer chez lui en catastrophe, il a dit à Desbois - "bientôt on enquêtera sur nos fosses communes" -c'était la veille de l'offensive russe, l'homme était ukrainien. Et Desbois désormais enquête, sur les massacres commis par l'armée de Monsieur Poutine - Poutine qui fête aujourd'hui ses 70 ans et dont le Un -beau numéro- suppute, espère le début de la fin...

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Dans le Point je lis, l’ironie est atroce, que Monsieur Poutine, "ayant d'autres chats néo-nazis à fouetter en Ukraine », a abandonné l'Arménie à l'appétit de son voisin l'Azerbaïdjan... Et dans un reportage essentiel, on entend des villageois que des obus déjà ont massacré, disent que l'heure de leur fin approche -l'Azerbaïdjan du dictateur Aliyev voudrait unifier les peuples turcophones depuis la Turquie jusqu'à l'Asie centrale, l'Arménie est sur le chemin et doit dot être dépecée, disparaitre. En même temps on lit sur nos sites que l'UnIon européenne veut rétablir la confiance entre Arméniens et Azeris et tracer des frontières, le pire est-il évitable... « Le génocide est une maladie humaine » dit le père Desbois.

Dans la Croix l'hebdo un historien s'interroge : "pourquoi l'homme choisit-il de tuer ou de sauver" - il n'a pas la réponse Jacques Semelin, qui est devenu aveugle à 44 ans, et qui dit-il « voit gris » et donc ajoute-t-il « pense gris », et ainsi, grise, appréhende-t-il l'humanité. Mais il l'éclaire pourtant. Car cet autre spécialiste des meurtres de masse met en avant ceux qui sauvent, anisi les catholiques plus nombreux dit-il que l'Eglise elle même le pense, qui en France « limitèrent la Shoah » ; il a ranimé cette année Mgr Jules Saliège archevèque de toulouse qui le 23 aout 1942, fit lire dans ses paroisses une lettre pastorale qui protestait contre les persécutions, "les juifs sont des hommes, les juives sont des femmes, les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes, tout n'est pas permis contre eux"... Saliège était handicapé, une paralysie du bulbe rachidien l'empêchait de s'exprimer correctement et Semelin l'aveugle nous dit, "c'est incroyable que ce soit lui qui ait été le premier a briser le silence de la mort..."

Et on parle d'un autre sauvetage...

Sur le site de Elle, un sauvetage au coeur de l'horreur. Une Kapo nommée Stenia, à Auschwitz Birkenau qui dit ceci à une jeune fille française qui était brune et qui avait gardé ses cheveux, "Tu es trop jolie pour mourir ici"... Et Stenia fit en sorte que la jeune français et sa mère et sa soeur, quittent Birkenau pour un petit camp voisin où l'on pouvait survivre... La jeune fille était Simone Jacob, qui après son mariage serait Simone Veil -en 2006, elle avait enregistré un témoignage pendant plus de cinq heures, face caméra, qui est resté inédit jusqu'à aujourd'hui, que l'Institut national de l'audiovisuel va rendre public le 19 octobre, qui sera aussi un livre, "Seul l'espoir en apaise la douleur", et dont Elle nous livre des extraits. Simone Veil racontait aussi les hommes qui dans ce camp où il y a vait un répit, Bobrek, essayaient d’acheter les femmes par tous les moyens, un déporté travaillait dans la cuisine, « il voulait me donner a manger, mais il exigeait que »... Un autre déporté, il était autrichien, avait offert à la jeune fille, un Noel, du parfum et un pyjama neuf - « mais il

ne m’a jamais rien demandé en retour, jamais rien », disait Simone, qui était belle et dont on entend la voix, qui ne masquait rien...

Dans la Croix l'hebdo à nouveau nous attend une consolation... Des vies gagnées en temps de paix. Une journaliste, Marguerite de Lasa est allé à la recherche des réfugiés auxquels il y a cinq ans elle donnait des cours de français, dans une église près de Barbès-Rochechouart… Elle retrouvé Raaz Muhammad qui travaille àa chaine à Belfort, et qui a pris des vancances pour aller au Pakistan, espère-t-il chercher sa famille ; elle a revu Abdullah qui veut ouvrir un restaurant afghan et devenir « businessman de la France » ; et puis Hassan le soudanais... qui sait parc coeur son vieux cahier de formation civique, les valeurs de la République et la guerre de 100 ans qui en dura 116, il était architecte d'intérieur chez lui, il a travaillé dans un hôtel son amoureuse est blonde aux yeux bleus, il vit en Normandie -un coin de France qui ce matin nous est cher...

Et on parle donc d'Yvetot...

Qui fut la ville d'Annie Ernaux que nous venons d'entendre et que nous lisons dans nos journaux et au-delà - Yvetot, que Paris-Normandie confronte à la gloire de son enfant -parfois le miroir qu'elle tendait à sa ville fut cruel et l'on s'on souvient, mais pour elle non plus ce ne fut pas simple, et parfois la tendresse domine : une dame voudrait donne le nom d'Annie à la rue du Clos des Parts où se trouvait l'épicerie buvette des parents d’Annie où tout commença... Les anciens la lisent pour se souvenir des temps d'autrefois, les plus jeunes pour elle-même, elle peut aimer cela.

Dans les archives du Monde, on peut lire le premier article écrit sur Annie Ernaux, lors de la sortie des « Armoires vides », en 1974. Il était enthousiaste et signé de Jacqueline Piatier, une très grande journaliste, qui avait commencé en signant J Piatier, afin qu’on la pense homme… Elle écrivait ceci d’Ernaux : « On ne sort pas indemne de ce roman âpre, lucide, pulpeux et désespéré… Il retrouve, sans forcer, la grande voix célinienne et faisant feu des ressources modernes de l’écriture, les chemins presque aujourd’hui déserts de l’existentialisme engagé. » Ainsi de grandes dames se passent le témoin.