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Résumé

Les anciens footballeurs font-ils de beaux vieux? "Oulala" répondent à Ouest-France des trentenaires aux pieds flingués, aux genoux enflés, aux fémurs coupés. Libération raconte le snobisme et l'illusion des eaux de luxe. Usbek et Rica cherche notre conscience. Le monde dit l'inconscience des harceleurs de Mila.

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On parle de gendarmes...

Des gendarmes bretons, qui ne se déplacent plus pour résoudre les petits ennuis de petites communes du Finistère, parce qu'ils ont trop de travail et pas assez d'effectif, c'est dans le Télégramme, des élus locaux, ont constaté l'abandon l'été dernier, quand la Pointe de la Cornouaille a été envahie de gros véhicule, des vans de touristes, avec embouteillages, stationnements anarchiques, dépôts de déchets et déjections, aucun gendarme n'est venu verbaliser... Et même s'ils sont dotés de pouvoirs de police, les maires ne se voient pas distribuer eux-mêmes les amendes, ils proposent à la gendarmerie de prendre en charge deux salaires de réservistes pour l'été à venir, c'est impossible... 

Et on mesure alors une détresse rurale, quand ce qui était évident, la présence du gendarme, ne l'est plus - faudra-t-il créer des polices municipales, l'idée fait bondir des élus ruraux, mais comment faire quand on n'intéresse plus, la gendarmerie ne veut plus venir récupérer une vache qui s'égare et menace la circulation au milieu de la nuit -de toute manière, il n'y a personne qui circule, et quand on sort la nuit, on ne peut plus travailler le jour dans les gros bourgs sur les violences, les cambriolages, les rixes. Un gendarme qui intervient la nuit doit se voir accorder un repos légal de 11 heures, comment gérer cela. Ces 11 heures viennent d'une directive européenne de 2003 sur l'aménagement du temps de travail, qu'un militaire slovène a invoqué pour lui en 2019, et de fil en aiguille... L’Europe est aussi une contagion de droit! 

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Ainsi le Télégramme griffe le bel optimisme de cette veille de réouvertures, quand à leurs unes Libération et le Bien public espèrent les restaurants, le Populaire du centre attend les commerces, Sud-Ouest et Nice-Matin accueillent la culture mais sans oublier les exclus de la fête... "Pourquoi les clubs échangistes rouvrent et pas les boites de nuit ? » Bonne question dans Nice-Matin de Jean Roch qui espère pour son VIP Room de Saint-Tropez et ses frères noctambules, combien de repos pour une soirée en boite, on a oublié... 

Dans Ouest-France, on retrouve la Bretagne et de solides gaillards qui n'ont pas économisé leurs forces et leurs corps le payent, le journal est allé voir des footballeurs juste retraités avec cette question, font-ils de beaux petits vieux ? Oulala répond Romain Danzé, iconique défenseur du Stade Rennais jusqu'en 2019, il parle d'un ménisque et de cartilage disparus, d'un fémur qui frottait contre le tibia, il a fallu le casser et puis ce genou qui gonfle dès qu'il joue avec les enfants, oulala, il a 34 ans. Etienne Didot lui, en a 37, retraité depuis deux ans, il a fini à Guingamp ses pieds sont difformes dit-il, flingués, gonflés, il a l'air très heureux... La rubrique de Ouest-France s'appelle "prolongation", elle rend le football à la vérité de bonhommes. L'Equipe elle s'interroge sur la solidité psychologique des lillois qui peuvent être champions de France, ça compte aussi? 

Dans le Figaro vous voyez un vieillard, plus que beau, inaltérable, Guy Roux parle de football, et c'est un bon contraste quand le journal raconte la fronde des préfets et met en scène un débat entre l'idéologue de la droite dure Patrick Buisson et l'ancien ministre et philosophe Luc Ferry, ainsi intitulé, les baby-boomers ont-ils détruit notre civilisation...  Guy Roux, lui conte avec talent ses souvenirs d'entraineur qui pratiquait toujours les mêmes séances car l'entrainement était comme un rite religieux ou militaire... Mais ajoute dire que c'était mieux avant cela n'a pas de sens, j'essaie de ne pas raisonner, comme un vieux con. Dans le Courrier picard on apprend que par sa grève de la faim Guy de la Motte Saint-Pierre a obtenu un séjour provisoire pour deux jeunes migrants :  il va s'occuper un peu de lui. Belle journée.

Et on parle d'eau...

Et on se force (pour ne pas être pas jugé par Guy Roux) à ne pas trop soupirer quand Libération décrit le snobisme des eaux de luxe, vendues dix fois plus cher que les eaux ordinaires dans des bouteilles rappelant les grands crus ou le flacons de parfum, portées par un discours qui emprunte à la science comme à la féérie, ah l'eau issue de la glace des icebergs que des chasseurs broient au fusil, ah les eaux de nuages de Tasmanie, elles ne sont pas meilleures, elles polluent, elles existent, contingence. 

Dans le monde réel les Echos nous rappellent que l'eau potable devient une ressource menacée sur cette planète, l'Est-éclair nous dit qu'à Romilly-sur-Seine on vérifie les tuyaux pour comprendre pourquoi l'eau coule noire ou marron, l'agence France-Presse reprise par Ouest-France nous dit qu'en Alabama l'eau du robinet est contaminée au plomb, c'est une autre dossier pour le président Biden, en Bretagne l'eau est un souci, 33% seulement des cours d'eau bretons sont en bon état...  A Locarn Côtes d'Armor... Ouest-France encore, Jean-Christophe Le Bourhis élève 40000 poules pondeuses en plein air mais il promet qu'il ne pollue pas l'eau, il stocke les fientes...

On parle de conscience...

Que des scientifiques cherchent à localiser, où donc se loge-t-elle, notre pensée notre voix intérieure, est-ce le cerveau qui l'émet ou bien, vient-elle d'ailleurs, pourrait-elle survivre à l'extinction de notre corps? Au CHU de Liège, dans des laboratoires dédiés à la conscience humaine, on travaille le plus sérieusement du monde sur ce qu'on appelle les _Near death experience_s, ces expériences d'approches de la mort, qui voient des individus, le cœur ne battant plus, le cerveau non irrigué, penser encore et voir ce qui leur arrive, et puis sauvés, réveillés, s'en souvenir.... La conscience pourrait être extra-corporelle et notre cerveau ne serait qu'un récepteur... L'article est curieux, exempt de toute mystique, c'est la marque d'une revue nommée Usbek et Rica, qui nous empêche d'avancer vers le futur sans devenir plus intelligents...

Le Monde lui raconte un morceau d’Amérique où la conscience s'est oubliée, l’Arkansas où des lois dirigées contre les personnes transgenres poussent des familles à quitter l'Etat... Et puis chez nous des jeunes gens dont la raison s'est absentée quand ils s'en prenaient avec une virulence affolante à une jeune femme sur les réseaux sociaux... Le journal retranscrit les interrogatoires de quelques-uns des accusés d'un procès qui se tiendra début juin, celui des harceleurs de Mila, cette jeune femme athée, provocatrice, à laquelle ses tourmenteurs en ligne souhaitaient  de gros coups de machette ou qu'on lui broie le crane. Ses harceleurs se révèlent être des jeunes gens socialisés, athées eux-mêmes ou catholiques ou musulmans, étudiants parfois, l'un est un lecteur de Voltaire, Candide, ils avaient parfois oublié leurs menaces, leurs coups de sang, étonnés qu'on leur en cherche noise, c'est ainsi sur les réseaux sociaux… Le Monde dit qu'ils illustrent la banalité du harcèlement, ils risquent entre deux et trois ans de prison... 

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch