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Résumé

Des promeneurs disparaissent dans une forêt des Hautes-Alpes que domine une abbaye, le site l'Equipe explore raconte les douleurs et les deuils impossibles dans une nature sublime. Des enfants jouent avec leur mort dans des défis absurdes, Nice-Matin et des guerres de territoire, M le magazine du Monde.

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On parle de lettres....

Les lettres par milliers qu'une femme a envoyé pendant des années à un cardiologue de Lyon, Vincent, qui l'avait reçu pour une grave affection, mais auquel elle avait confié qu'elle possédait le don de guérir par apposition des mains, par un souffle chaud... Vincent avait accepté de l'écouter des heures durant, elle arrivait à sa clinique, « Bonjour les docteurs, je suis en danger de mort, il faut que je parle au docteur M »... Puis elle avait écrit, la première fois en janvier 2007, « Je ne fume plus, je mange des pommes et je bois de l’eau à la place », et des milliers de lettres avaient suivi, envoyées à la clinique puis puis déposées directement dans la boite à lettre de Vincent à Ecully, ou jetées dans son jardin -parce qu'un porteur venait chaque jour déposer le journal la Croix dans la boite a lettre, cela l'inquiétait Caroline, elle s'appelait Caroline et c'est la Croix qui raconte son histoire: elle était venu un jour de pluie chez le docteur lui dire qu'elle était « poursuivie par les méchants », et ensuite s'était comme installée devant chez lui, elle se disputait avec l'interphone, elle jetait des lettres, des rouleaux de papiers tenus  par de petits élastiques ou serrés dans une bouteille, et aussi des cadeaux un téléphone, un petit lapin blanc, des tickets de caisse, un passeport de pèlerin de Compostelle, les chats la regardaient, les voisins s'inquiétaient, la police venait mais Caroline était inoffensive.

Au fil des lettres elle racontait sa vie de petite fille abandonnée et de femme qu'avait saisi le démon de la persécution, elle ne voulait pas qu'on dise qu'elle était folle, elle disait qu'elle aimait la vie, les hérissons, une fleur, le pastel et le bleu, Rondo Veneziano, elle était devenue SDF, se lavait au ruisseau, mangeait dans les poubelles...  Et a finalement été découverte morte en janvier dernier dans un champs, elle avait 54 ans... En mars, quand la Croix a publié son hommage annuel aux morts de la rue, le cardiologue Vincent et sa soeur Claude ont reconnu Caroline, ils avaient conservé, dactylographié toutes ses lettres, nous savons ce qu'a été son passage sur terre...

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Les journaux ne sont pas que des faits mais une porte qui s'ouvre sur nos vertiges. Vous le trouverez aussi ce vertige, sur la plateforme « l'Equipe explore » du site internet de  l'Equipe; un reportage de mots et d'images de son et de deuil impossible; dans une montagne somptueuse, la foret de Boscodon dans les Alpes du Sud, où des promeneurs disparaissent depuis des années et parfois sans laisser aucune trace, comme happés par le paysage.,Les deux derniers disparus, Cecrid  et Laurence en octobre et en décembre dernier... Et nul ne sait ce qui menace, un tueur en série hante-t-il la forêt ou quelque autre puissance du mal? 

Une abbaye domine le paysage, y séquestre-t-on les disparus se demande-t-on parfois dans la folie, le père Régis sourit, cet homme de Dieu qui a étudié les mathématiques ne croit pas que le diable rôde autour de ses prière, simplement que la nature est rude, et le mystère appartient à la vie...

Dans le Dauphiné libéré on nous dit qu'un homme est passé au tribunal de Carpentras, sa compagne l'avait quitté, il l'a noyée non pas de lettres mais d'appels téléphoniques, puis d'un millier, 361 rien que le 1er janvier, puis les menaces ont suivi, on connait ces histoires, il faut étouffer ce mal avant qu'il ne détruise, il é été condamné...

On parle aussi de jeux dangereux...

Qui sont cette folie qui souvent  saisit des enfants  en mal de sensations, Nice-Matin et Var-Matin nous alertent sur le "rêve indien" auquel les gosses s'entrainent sur le réseau Tik-Tok:  il s'agit de se provoquer une syncope, tomber dans les pommes... "On respire fort en gonflant nos poumons, puis on se met le pouce dans la bouche, en soufflant mais en retenant l'air en apnée dans nos poumons, il faut tenir l'air le plus longtemps possible, quand on lâche, on perd connaissance," a dit le jeune Noah, élève de 4e à Gap, à sa maman qui était venue le chercher après qu'il se fut effondré dans la cour du collège... Oui, on peut en mourir...

Dans M le magazine du Monde et sur le site du journal, on entend d'autres enfants pris au piège d'un jeu mortel, le Monde a pris le temps d'aller à Evry se faire raconter les guerres de territoire, qui se poursuivent de génération en génération, on est des Pyramides ou on est du Canal, et depuis les années 80 c'est ainsi, en naissant on est locataire d'une histoire qui vous dépasse et il faut joueur son rôle, prendre la barre de fer et apprendre les rites, les coups et à côté de cela des rires, des têtes de bébés, le kebab, l'envie d'être plus tard comédien chauffeur routier mécano footballeur amoureux...

Dans l'Est républicain, le Républicain lorrain Vosges-matin, on nous dit une autre rivalité, d'adultes qui cohabitent mal... L'Etat autorise la collectivité d'Alsace à mettre en place une éco taxe sur les poids lourds, et la Lorraine s'alarme et s'indigne en pensant aux milliers de camions qui du coup vont passer par chez elle et saturer ses routes...

Dans Vosges matin on me dit -c'est heureux- qu'un pigeon voyageur allemand s'est installé, tranquille dans le jardin d'un couple de retraités d'Epinal,  il vient de Nuremberg, le journal a enquêté et a rassuré son propriétaire, il ressemble à un pigeon banal. «  Les frontières, c'est une invention des hommes », disait Gabin dans la Grande Illusion, un grand film de pardon...    

Et on parle justement de pardon...

Que le Président Macron a évoqué mais sans le solliciter hier au Rwanda, dans une phrase que le Monde notamment met en exergue. "Seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don, alors, de nous pardonner"... Ce seraient alors les victimes qui seules auraient le pouvoir de gracier... On pourra lire, sur le site de Philosophie magazine, philomag.com, une interview qui date du mois d'avril de l'universitaire Martine Leibovici, spécialiste de Hannah Arendt, philosophe du pardon et avant de son corollaire, la responsabilité et la reconnaissance de ses actes, Leibovici qui analyse le rôle de la France au Rwanda au prisme de la philosophe. 

On lit aussi sur les sites de nos journaux que l'Allemagne ce matin a reconnu avoir perpétré un génocide, au début du XXe siècle contre le peuple Herrero dans sa colonie du Sud Ouest africain, aujourd'hui la Namibie... 

Etrangeté des hommes. Dans le Figaro magazine, on lit un long reportage sur la Namibie, belle terre et terre de chasse, et l'on suit un chasseur américain  assumé et intelligent, un peu cynique, qui défie le politiquement correct anti-chasse, le texte est un plaidoyer pour la chasse qui nourrit l'Afrique, vient en renfort une citation de Romain Gary,  «L’idée de la beauté de l’éléphant, de la noblesse de l’éléphant, c’était une idée d’homme rassasié.»

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch