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Résumé

Un explorateur français du XVIe siècle, protestant persécuté, menacé d'annulation aux Etats-Unis, le Monde. Des gendarmes apprennent aux maires à réagir devant les agressions, le Figaro. Les Yakuzas ruinés par la Covid, les Echos.

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On parle d'insultes ce matin...

Car l'injure est un art  que la pudeur des temps rend complexe, dit Guillaume Lachenal, historien  et chroniqueur de Libération, trop d'injures ne passent plus car elles témoignent du sexisme, du mépris pour les femmes les mères et les prostituées, trop d'insultes communes agressent des gens qui n'ont d'autres tort que d'être malade, "schizophrène" n'est plus un mot innocent, et que dire de l'indéfendable ACAB, all cops are bastards ? Tous les flics sont des salauds, qui emprunte à la rhétorique raciste, le bâtard désigne l'impureté du sang et de la race... Il n'est pas aisé alors de nommer l'ennemi et curieusement Lachenal trouve des mérites à Donald Trump, qui avait trouvé dans sa psyché des mots justes pour qualifier des terroristes, Evil Losers, des perdants maléfiques...

Elle n’est pas bête, cette chronique, mais que pèse-t-elle quand dans le même journal, Libération, vient nous saisir un jeune homme mince aux yeux un peu perdus, qui injurie sans recherche ceux qu'il combat et qui veulent le tuer, il les traite de "putes", de "trous du cul" et de "mafias" aussi, il est un héros. Mahammad Mirzali vit chez nous, à Nantes, il vient d'Azerbaïdjan, il anime une chaine YouTube qui défie les familles qui règnent sur son pays corrompu, en octobre dernier, un homme lui a tiré dessus quand il était dans sa voiture, En mars dernier quatre hommes l'ont coincé alors qu'ils se promenaient, ils lui ont dit, "on va te couper la langue", ils ont essayé de lui ouvrir la bouche, il s'est recroquevillé ils l'ont tailladé de coups de couteau. Ila reçu ensuite ce message anonyme sur Facebook. «C’était le dernier avertissement. On peut te tuer sans aucun problème. Tu as vu comment c’était facile de te taillader dans tous les sens devant tout le monde ? Si tu continues, on te fera tuer d’une balle dans la tête.»

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Ouest-France et d'autres media ont déjà raconté les mésaventures de Mahammad Mirzali, Libération dans une longue enquête raconte les menaces et les violences qui s'abattent sur les dissidents exilés azéris à travers l'Europe... Deux d'entre eux sont morts noyés en Belgique et Turquie, deux autres ont été tabassés en Allemagne... Des vétérans de l'émigration disent que le régime du Président Aliyev ne supporterait plus la liberté de ton des nouveaux dissidents, de jeunes blogueurs d’une efficacité remarquable, certaines vidéos de Mirzali ont eu deux millions de vue, et ce jeune azéri ressemble à ces dissidents biélorusses que nous connaissons depuis que l'avion de Roman Protassevitch a été piraté -vous pouvez lire dans le Monde l'interview d'un de ses amis,Stepan Poutilo, il a  22 ans, il vit y en exil à Varsovie, il pilote le media d'opposition Nexta, qu'un million 400000  biélorusses suivent sur la messagerie Telegram... Il raconte aussi, ce si jeune homme, les centaines de menaces de mort qu'il reçoit. Ces menaces sont réelles... Nous les découvrons, eux le savent. 

On parle aussi de surveillance chez nous....

Dans l'express vous lirez un jeune homme moderne, Robin Rivaton, 33 ans qui revendique dans un livre le droit à être filmé surveillé par les caméras les intelligences artificielles la reconnaissance faciale, les technologies nouvelles qui sont un progrès dit-il... Plus de surveillance dit-il nous aurait rendus plus fort contre le Covid, et nos scrupules nous ont démuni face à la pandémie. Rivaton soutient que la surveillance ne doit pas être abandonnée au privé, mais doit être revendiquées utilisée par l'Etat, l'ancienne ministre Axelle Lemaire tente de le modérer, voilà donc les tentations qui se promènent dans un pays libre, refuge pour les dissidents...

Les Echos nous disent qu'au Japon  la crise du Covid a mis à mal les Yakuzas, ces sociétés organisées du banditisme dont les revenus ont chuté quand les amateurs de salons de massage ont dû déserter les quartiers chauds de Tokyo... Plus de 2000 yakuzas auraient quitté les gangs l'an dernier, une hémorragie. il en reste encore 25900, il y  en avait 180000 dans les années 60, et ceux qui persistent souffrent lis je de ne pas avoir accès à la sécurité sociale. Les nouveaux voyous qui les remplacent sont moins prévisibles...  

En France, nous dit le Figaro, la gendarmerie forme les maires à répondre aux engueulades aux incivilités et désormais aux coups, il faut cela quand dans le Bien public Jean-Claude Girard, le maire d'Ouges, tabassé violemment dimanche après avoir demandé à un jeune homme de ne pas rouler en quad au milieu des promeneurs, remercie tous ceux qui lui ont envoyé des messages de soutien.  "On ne va pas vous donner une cape de super-héros. Ne vous exposez pas trop ! Le but, c’est que vous réussissiez à temporiser jusqu’à ce que la gendarmerie arrive", disent les gendarmes aux élus menacés.

Street Press nous raconte une brutalité qui vient de loin et bien contemporaine. A Clermont-Ferrand un homme vient de se prendre 6 mois avec sursis pour avoir proprement tabassé le client d'un bar qu'il avait pris, à tort pour un militant antifasciste, 45 jours d’ITT, le costaud se nomme Ludovic Faure, un musicien de talent dans le genre Black Metal où il a la grosse cote mais qui affectionne les saluts nazis, les Sieg Heil le racisme anti noir,  il traine un peu avec des fascistes ukrainiens, c'est une vie...

Et on parle enfin  d'un explorateur...

Que nous raconte le Monde, un homme qui de son temps était un dissident, un protestant français de l'époque des guerres de religion, qui cherchait un havre pour les huguenots que les catholiques ultras menaçaient, c'était au XVIe siècle pas loin de la Saint-Barthelemy... Il s'appelait Jean Ribault, il fut le premier français à prendre pied sur le territoire américain en 1562 et il appartient à l'histoire l’Amérique, on a donné son nom à un lycée et un collège et des rues un ferry  à Jacksonville... mais les temps changent... Et dans le grand mouvement Woke, qui revisite l'histoire, Ribault a été traité dans une pétition en symbole "des principes suprémacistes et des privilèges blancs, responsables de la marginalisation et de l’extermination systématique des populations indigènes », il fallait l'effacer.... Alors les descendants de Ribault plaident sa cause, ils font valoir que leur ancêtre au contraire s'était bien entendu avec les indiens de la nation Timucua, qu'il avait rencontrés, refusant de les tromper comme d'autres conquérants... Ils rappellent aussi que Ribault connut une fin tragique, assassiné par des troupes espagnoles en raison de sa religion; pour l'instant son souvenir a survécu à l'épreuve, son nom est maintenu... Mais à Dubuque (Iowa), un autre Français a vu son souvenir rayé, Mathias Loras qui fut le premier évêque de cette ville, on le prenait de son temps au XIXe siècle pour un saint... Mais il possédait une esclave nommée Marie-Louise, qu'il vendit, elle avait mauvais caractère et là les descendants de Loras ont honte...  

Dans Slate, un français enseignant en Amérique, Julien Suaudeau, essaie dans un texte précis et  scrupuleux de nous apprivoiser cette culture antiraciste américaine qui nous inquiète, nous qui ne savions pas qu'un saint pouvait posséder des esclaves...

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch