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Résumé

La Croix raconte Souleymane, qui depuis le Soudan a vécu les enfers jusqu’à Stalingrad à Paris et une église compatissante. Un astéroïde est baptisé du nom d’un retraité de l’Anjou, le Courrier de l’Ouest. Libération raconte une ville divisée entre les pauvres qui espèrent un Lidl, et les bobos qui n'en veulent pas.

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On parle d'un chauffeur routier... 

Dont vous verrez le visage serein à la une du Courrier Picard, posant devant son camion, il s'appelle Mihai Spataru, il a trente-neuf ans, une existence à conduire, il a été taxi chez lui en Roumanie puis il s'est exilé pour gagner sa vie, il vit en Espagne avec sa compagne, tous deux routiers, ils sillonnent l'Europe ensemble, et dans la nuit du 15 au 16 mai dernier, leur route passe par chez nous, dans la somme, une aire de repos sur l'autoroute A 28 à l'arrière d'une station-service. Vers 1h30 du matin, Mihai va aux toilettes, en revenant, il entend du bruit près de sa remorque, il dérange des voleurs qui le poignardent et s'enfuient. Mihai se traine jusqu'à la cabine, sa compagne hurle, personne ne vient, aucune caméra ne surveille le parking, les autres routiers laissent leur rideau fermé, sauf un homme qui aide Mihai à monter dans son camion où il agonise sur le siège passager...

Et en quelques jours, la mort de Mihai est devenue une colère en Roumanie, où l'on accuse la France de mettre en danger ceux qui la traversent. « En France, nous risquons de perdre la vie afin de donner du pain à nos familles, en Allemagne une patrouille tourne dans chaque parking, il n’y a ni vol de carburant, ni meurtre » dit une routière, un autre chauffeur accuse "les voleurs de carburant, les immigrants de la région de Calais»... 

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Apparaissent alors les fractures de cette Europe dont les dirigeants les opinions publiques nos journaux se mobilisent pour un jeune homme au visage frais... Le journaliste biélorusse Roman Protassevitch, opposant depuis l'adolescence dit le Monde, battu menacé exilé et victime d'un acte de piraterie aérienne de la part d'un Etat dont le président Loukachenko, dans Libération, est qualifié de dictateur et d'imbécile par le journaliste devenu eurodéputé Bernard Guetta...  

La mort d'un routier invite à d'autres colères. Des eurodéputés roumains ont interpellé l'union européenne sur Mihai Spataru, l'une de ces élus, Carmen Avram, écrit ceci sur sa page Facebook: "Le Roumain a été tué de sang-froid - apparemment par un immigré - dans une zone qui ressemble à un no man's land. J'ai reçu un message d'un collègue de Mihai, qui se plaint du fait que, souvent, les chauffeurs qui tentent de se défendre sont puni par la police française plus sévèrement que les assaillants, s'ils sont immigrés" Carmen Avram est membre du groupe socialiste au Parlement européen...

Pendant ce temps, la Croix fait  le portrait de Souleymane qui ne vole pas d'essence ni n'agresse ses contemporains, ce jeune homme fort beau sombre est dans un documentaire l'incarnation des migrants qui vivent dans à la rue à Paris vers le métro Stalingrad, où il a vu des centaines d'autres réfugiés tomber dans le crack, et les passants serraient leur sacs contre eux. Il vient d'un village brûlé du Soudan au Darfour, il est passé par le Tchad  le Niger, la Lybie, il a essayé de traverser la Manche avant d'échouer à Paris et de rebondir à Nancy, il a survécu par quelques mains tendues, une église où il trouvait un petit déjeuner,  et cette femme, une croix autour du cou, qui lui a fait soigner ses dents. Il regarde des vidéos sur les camps de réfugiés en espérant y voir sa mère Zahra, cela signifie fleur...

Souleymane le réfugié, Mihai le routier et Roman le journaliste, trois visages de l'espérance, cet entêtement des hommes, deux d'entre eux vivent encore, nous disent les journaux.  

On parle aussi de scooters... 

Que depuis 1995 une association nommée « club mob » prête à Auxerre à ceux qui n'ont rien pour se déplacer, il en coute quelques euros la semaine et c'est parfois le prix d'une vie raconte l'Yonne Républicaine... "Vous m'avez sauvé" dit Pierre Mertina, 34 ans, en larme. Il était arrivé de Haute-Savoie en 2019, fuyant 25000 euros de dette, avec sa femme son chien et une tente, il campait dans les bois et se faisait retoquer par les agences d'intérim, un piéton, comment peut-il aller travailler ? Puis une agence l'a envoyé vers club Mob... Il est si simple de sauver un homme, ce genre d'aventure raconte une société vivante, des gens de bien, à qui tout est promis, même le ciel.

Dans le Courrier de l'Ouest, on apprend qu'un astéroïde porte désormais le nom d'un retraité, Paul Blu, l'initiative en revient à un astronome d’Angers, Jean-Claude Merlin, qui a découvert en 2006 ce corps rocheux de trois kilomètres qui gravite autour du soleil quelque part entre Mars et Jupiter, jusqu'ici l'astéroïde était numéroté, 388370, mais Merlin s'est dit que Paul Blu sonnait mieux et Paul méritait bien cela, il avait combattu des années la pollution lumineuse nocturne qui nous cache le ciel...

A côté de cela, tristesses banales, un autre retraité défenseur de la beauté du monde a failli mourir hier des mains d'une brute, nous dit Midi Libre, Christian Puech 76 ans, a exploré la planète jusqu'en Amazonie, et de retour chez lui défend la garrigue... Hier il a surpris un camion-benne qui déversait des ordures en pleine campagne, il l'a filmé, le pollueur l'a vu l'a frappé à la tempe lui a volé sa caméra, Christian a la tête enflée mais il est là. 

Le Figaro raconte comment au Japon à Hokkaido, deux melons ont été mis aux enchères et sont partis à 20000 euros, c'est une coutume qui dit l'arrivée du printemps. Libération raconte comment dans la Drome à Aouste sur Sye, on se dispute autour d'un projet de supermarché hard discount, un Lidl, que les plus pauvres de la commune espèrent depuis quatre ans, mais que refusent les néo ruraux, on les appelle les « choumes », les bobos, amateurs de pain bio et d'épicerie militante, et la fracture s'agrandit en ville, chacun dans son monde. On pétitionne pour ou contre le Lidl, on ne se parle pas...

Mais deux hommes se sont reparlés... 

Et cela a fait toute la différence pour Karim Benzema qui dans l'Equipe affiche un sourire de gosse réparé et raconte comment ils se sont retrouvés avec Didier Deschamps après cinq ans de silence, en trois minutes tout était redevenu comme avant, une discussion entre hommes, la famille, la vie... L'équipe de France lui a été rendue ensuite, toute ses années raconte-t-il, quand ses coéquipiers du Real partaient rejoindre leurs équipes nationales, lui restait à Madrid, « je m'entrainais avec les jeunes, la réserve, c'est dans ces moments-là que je suis devenu plus fort… » 

Dans le Parisien, j'apprends qu'il est de bon ton de faire des compliments à ses collègue de travail, une application « Listen Leon »permet aux timides d'envoyer des gentillesses anonymement, Benzema le fera en direct, « bien joué Olive Giroud », et nous aussi on s'aime tous les jours.  

Références

L'équipe

Claude Askolovitch
Claude Askolovitch