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Résumé

Libération et Philosophie magazine nous guident sur les traces de Jacques Bouveresse, philosophe de la raison. L'ancien footballeur Raï convoque Camus pour dénoncer la peste Bolsonaro, le Monde. Paris-Match, le Monde, la République du Centre nous rappellent une rafle de juifs organise par la police française en 1941.

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On parle d'un fils...  

Dont le père il y a un an ne mangeait plus dans la confusion de son corps, ses mains devenues si fines, dit le fils, qu'on avait peur de les briser sous le poids des baisers, dans son silence le père avait un regard triste, et le fils savait à quel point le père aurait détesté cela, être un poids pour les autres, une offense à lui-même. Le fils était allé dans une pharmacie "acheter la mort de l'homme que j'aime le plus au monde", il avait une ordonnance pour du Rivotril, un médecin lui avait dit de prétendre qu'il souffrait d'insomnie chronique et avait ajouté, "pensez bien à vider entièrement le flacon dans sa bouche".  

Nicolas Bedos n'a pas eu besoin de donner du Rivotril à son père, car Guy Bedos de lui-même a glissé dans un état somnolent, et le 28 mai 2020 vers 17 heures  un autre médecin, que Guy avait choisi il y a longtemps pour être un jour "son médecin assassin", a baissé son rideau. Et aujourd'hui, dans l'Obs, Nicolas Bedos nous dit la fin de son père, qui toute sa vie avait cru au suicide et qui à son départ fut volé de son libre arbitre...  Et avec les Bedos, l'Obs s'engage  pour l'euthanasie active. La loi française permet d'aider ceux qui sont au bout, mais elle n'autorise pas des êtres conscients, à organiser leur mort, même si une maladie les a pris qui ne leur laissera rien. Ils doivent aller en suisse ou en Belgique, la chanteuse Françoise Hardy dit qu'elle n'en a déjà plus la force.   

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Un bel homme aux cheveux blancs, il s'appelait Joseph, il était du Vercors, a pu choisir. Il était atteint d'une maladie dégénérative, il en a fini en Suisse en aout dernier... Mais avant, il avait demandé au photographe Pablo Chignard de le suivre dans son été des adieux. On voit dans l'Obs, un homme de joie dans une dernière sortie en forêt, une fête, un selfie avec un petit-fils, et puis le voyage ultime. Le 18 aout, Joseph, sa compagne Marie ses fils Rémi et Martin, sont couchés sur un lit dans une chambre d'hôtel, ils regardent le film "les invasions barbares". Deux jours plus tard, Joseph a bu une potion amère et glisse sans retour,  Marie le touche, Martin lui tient la main les yeux au ciel, Rémi est debout figé derrière son père, l'image belle nous hurle ce que la liberté de Joseph a imposé aux siens...  

La vie est injuste et belle. Loin de Joseph, dans la République du Centre, voici Geneviève, qui a 93 ans et n'y voit pratiquement plus, mais cela n'empêche pas qu'avec son amie Maryvonne, 71 ans, elle fait du vélo, en tandem, le long de la Loire, Geneviève devine les champs de colza à leur teinte jaune, elle cueille des fleurs.   

Dans Paris-Match vous verrez une femme jeune rayonnante et un homme mur amoureux, ce sont des photos inédites de François Mitterrand et d'Anne Pingeot, à laquelle il écrivait des poèmes. En janvier 1975, François Mitterrand , sur papier à en-tête de l'assemblée nationale, avait écrit à sa fille qui venait de naitre. "Mazarine chérie, j'écris pour la première fois ce nom, plus tard tu me connaitras, grandis mais pas trop vite, quelle surprise le monde..."  Il signait "François", le mystère des pères, au début des vies.    

On parle aussi d'un philosophe... 

Qui détestait le verbiage et l'à-peu-près et les philosophes de media ou de publicité, qui "choisissent le bon mot plutôt que le mot juste", ainsi Libération décrit Jacques Bouveresse, décédé dimanche soir à 80 ans, un fils de paysans, qui dans son enfance avait gardé les vaches, et lu la Bible en entier à 7 ans, avant que vienne le doute. Monté à Paris il n'avait pas aimé la brillance facile de sa génération, il s'était fabriqué son propre chemin pour devenir philosophe des mathématiques, du langage, philosophe de la raison, la raison contre la passion et l'émotion. Il disait que la philosophie n'était pas de la littérature et qu'un philosophe ne devait pas se raconter d'histoire, mais rendre possible le dialogue. Vous suivrez Bouveresse sur les archives de Philosophie magazine, du Monde ou de Libération, et le suivant vous découvrirez un de ses modèles, un autrichien caustique du temps de l'Empire, Karl Kraus, qui détestait tant les media de son temps, qu'il écrivait contre eux, tout seul un journal à l'acide, Bouveresse lui consacra des livres, l'un d'eux s'appelle "Shmock ou le triomphe du journalisme". Nous essayons de ne pas en être, des schmocks, la preuve, début avril, c'est sur notre site, Jean Lebrun a consacré à Kraus une belle émission!    

Sur notre site encore, et aussi dans la République du Centre, le Monde, et Paris-Match, vous verrez des photos et entendrez l'histoire de la rafle du 14 mai 1941, quand 3700 juifs réfugiés qui croyaient en la France furent convoqués par la police française et internés dans des camps gardés par des gendarmes. Les clichés ont été retrouvés chez un brocanteur, ils avaient été pris par un photographe de l'armée allemande qui après guerre devint le photographe des stars qui passaient par son pays, il s'appelait Harry Croner, son père était juif,  quelle étrangeté que l'histoire.  

Dans le Figaro, on lit que des descendants de juifs chassés d'Allemagne par le nazisme se battent pour reprendre un passeport allemand et réparer une histoire volée.  

Dans la Provence on apprend qu'à Marseille, l'école Bugeaud, du nom du brutal conquérant de l'Algérie, s'appellera bientôt école  Ahmed Litim, du nom d'un tirailleur algérien mort le 25 aout 1944 en nous libérant. C'est notre réparation.  

Et on parle enfin d'un ancien footballeur... 

Qui est brésilien et qui vécut en France et qui aime Albert Camus, Raï, ancien capitaine du PSG, convoque l'auteur de la Peste dans un texte superbe, que publie le Monde, où il dénonce le mal que fait à son pays le président Bolsonaro, il parle du pourrissement de la chair et des âmes, lisez et admirez.  

Pendant ce temps, dans l'Equipe, on nous dit d'un sondage que les jeunes footballeurs, 8 sur 10 accepteraient l'homosexualité d'un coéquipier et soutiendraient un copain gay en cas de problème, feront ils un monde meilleur. L'Equipe taquine aussi l'ancien club de Raï, le PSG qui joue sa saison contre Montpellier, en Coupe de France, "la coupe aux petites oreilles", titre le journal taquinerie d'intimés, la coupe aux grande oreilles, c'est la ligue des champions que Paris ne conquiert pas.

Références

L'équipe

Claude Askolovitch
Claude Askolovitch