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Résumé

Carrefour utiliserait les contrats pro pour se défaire de CDD, Street Press. Comment survivre à une sciatique à New York quand on est assuré, le Monde. La technologie va réaliser la fresque jamais peinte de Vaux-le-Vicomte, le Figaro. La technologie rend à Philousports, myopathe, sa joie de gamer, la Provence.

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On parle d'un retour... 

Un retour sur scène après vingt ans, que nous raconte la Voix du Nord, pour cinq femmes qui témoignaient au théâtre de leurs vies d'ouvrières, Patricia Hugot, Thérèse Flouquet, Dominique, Catherine et Brigitte avaient été heureuses à fabriquer des jeans dans une usine à La Bassée dans le Pas de Calais, en dépit  de la dureté du travail, car il y avait les amies, une ambiance et du respect, on pouvait rigoler, papoter, chanter, le patron Levi's offrait chaque année le muguet au 1er mai. Mais en 1999, Levi's avait délocalisé en Turquie et le paradis s'était effondré... Un jeune metteur en scène, Bruno Lajara, était venu à la rencontre de cet amour blessé, il avait été mal reçu d'abord, "qu'est ce que ce tiot qui veut faire un spectacle quand on veut du travail", et puis des  ouvrières avaient accepté le risque et la curiosité d'un atelier d'écriture, et puis les planches, vraiment, une pièce était née, "501 blues" avait tourné en France jusqu'au festival d'Avignon... C'était en 2001, vous retrouverez d'un clic sur le site de Libération un joli article de l'époque... 

Et donc vingt ans après, Bruno Lajara a rappelé ses comédiennes pour remettre ça, parce que tout près de la Ballée l'usine Bridgestone a fermé, et c'est la même histoire et il faut à nouveau témoigner de la condition ouvrière... Les comédiennes ont retrouvé leur rires et les scrupules, sauront-elles dégager la même émotion, elles disent aussi qu'un coach sportif ne sera pas de trop quand il faudra jouer à l'automne, et oui, vingt ans ont passé...  

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Et voilà donc une histoire de théâtre et d'ouvrières. C'est la bonne journée, quand Libération au présent raconte la Comédie-française qui n'a pas fait relâche en dépit de la Covid, et dans la vieille maison où flottent les fantômes des anciens, on joue pour la web télé du théâtre, on répète la Cerisaie de Tchékov... "Le voici le bonheur, il arrive, il approche, il approche toujours, j'entends déjà ses pas..."  

Sur le site Street Press, on est loin du bonheur mais dans la lutte des classes pragmatique d'une grande maison, Carrefour, qui dans sa communication souligne son engagement auprès des jeunes de la génération Covid qu'il embauche en contrat prof, en alternance. Mais dans la pratique, Carrefour imposerait ces contrats à des salariés déjà en CDD.. Dans le Nord de la France, la caissière Eve attendait comme promis qu'on renouvelle son CDD, à la place on lui a dit, à prendre ou à laisser qu'elle devait signer un contrat pro, moins bien payé, elle a refusé, elle est au chômage et ces contrats pro seraient proposés un peu partout aux salariés en cdd de moins de 29 ans. Entre un salaire réduit, 90% du SMIC, les exonérations et subventions diverses, Carrefour, disent les syndicats, économiserait 60 % du cout normal d'un salarié au smic, 100 millions par an pendant trois ans... 

Je lis dans le Dauphiné libéré et dans Vosges Matin qu'en France, les magasins Carrefour baissent la lumière et coupent la musique d'ambiance une heure chaque lundi, pour préserver les clients autistes, et cette délicatesse commerciale souligne un peu plus l'étrangeté de la gestion des ressources intérimaires... 

On parle aussi de femmes du Tchad...

Elles sont assises ces femmes dans  une rue de Ndjamena, la capitale, au milieu d'enfants squelettiques, il fait quarante-cinq degrés, et avec des marteaux, elles cassent des blocs de béton, de ciment ou de briques, des gravats issus de chantiers de démolition qu'elles transforment en petits cailloux, des briquaillons qui serviront à construire d'autres maisons, ceux qui ne peuvent pas se payer du ciment ou du béton viennent se fournir chez elles... C'est un reportage de l'Agence France Presse que publient ce matin l'Est éclair et l'Union -après le site du Point et d'autres journaux- qui raconte la misère d'une économie de survie; elles sont fières en vivant l'enfer douze heures par jour de nourrir leur famille et d'envoyer les petits à l'école, elles ne savent plus leur âge...

A l'autre bout de la planète, le correspondant du Monde à New York Arnaud Leparmentier a reçu deux factures de 61174 dollars et de 43970 dollars, pour couvrir les frais d'hospitalisation et les honoraires du chirurgien qui l'avait sauvé d'une méchante sciatique, Leparmentier raconte avec verve sur le site du Monde comment finalement, avec des fax et des palabres et des négociations tout est rentré dans l'ordre, la vie est possible en Amérique quand on est assuré.  

A Beyrouth, vous le lirez dans les Echos, être assuré ne suffit pas forcément quand on a été victime de la catastrophe du 4 aout dernier, les assurances  ne veulent pas payer avant que l'on connaisse exactement les raisons de l'explosion qui a dévasté le port et la ville... 

En Europe et dans nos journaux se poursuit la guerre du football autour du projet de super ligue, qui pourrait démarrer dans 5 mois dit son secrétaire général au Parisien, les institutions du football peuvent-elles s'y oppose? Si la Superligue est la peste, le projet de transformation de la Ligue des champions est le cholera se désole l'Equipe, l'UEFA a déjà tant cédé aux riches.. L'Equipe dit aussi que les clubs inventeurs de la Super ligue ont commandé un sondage à Opinion way, qui montre que leur projet ravit 87% des fans de Manchester city, 86% des fidèles du Real et 84% des supporters du PSG, qui pourtant n'en est pas... 

Le Dauphiné nous invite à aimer Stephane Viglierchio, qui confectionne des reblochons  à la chaine en usine et se lève à quatre heures trente du matin, et Houssame Boinali, qui lui se lève à cinq heures pour aller sur les chantiers, il est électricien, ils sont deux des atouts du club de Rumilly Vallières qui affronte Toulouse en coupe,, un match de lutte des classes lis-je.    

Et on parle enfin d'un château...  

Et quel château, Vaux le Vicomte qui fit la fierté et la perte du ministre Fouquet dont Louis XIV avait jalousé la splendeur, il le fit arrêter le 5 septembre 1661... Mais cet "acte fondateur de l'absolutisme", nous dit le Figaro, interrompit le peintre Le Brun qui était au stade des esquisses d'une fresque gigantesque qui devait orner la coupole du grand salon du château. Et bien, 560 ans plus tard, ces esquisses, vont être numérisées, colorisées et projetées en synthèse sur la coupole vierge, où l'on verra donc le cycle des saisons, le dieu hiver, Jupiter et Ouroboros, le serpent qui se mort la queue, comme s'ils avaient été peints...  

Elle est belle la technologie. Dans la Provence vous lirez comment elle a rendu sa joie et ses sensations de gamer à Philousports, un passionné de jeu qui ne pouvait plus manœuvrer ses manettes, empêché par la myopathie, des capteurs fixés à sa tête suppléent aux membres défaillant, et c'est de nouveau Tchekov.. "Le voici le bonheur, il arrive, il approche j'entends déjà ses pas..."

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Claude Askolovitch
Claude Askolovitch