Publicité
Résumé

J-7 : La REM bientôt remasteurisée ? J+7 : "Acquittator" et son projet de loi.

En savoir plus

La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un anniversaire discret.

5 ans. Happy birthday confiné pour la REM.

Publicité

Une démocratie qui fonctionne a besoin de partis politiques (...) et quand j'étais Premier ministre, j'ai toujours pu compter sur En Marche." (E. Philippe, mardi soir, vidéo adressée aux marcheurs pour leur meeting numérique)

Dépassement ! Quel beau mot, métaphore sportive devenue objectif politique." (J. Castex, mardi soir, idem)

Edouard Philippe et Jean Castex, toujours non encartés, mais en soutien, en vidéo, mardi soir, pour s’adresser aux 12.000 marcheurs connectés et... encartés, eux. Cette fois, pas de Président. La visio-surprise, Emmanuel Macron la réserve à une classe de 3ème. Garantie sans bug. 

Emmanuel Macron, EM, comme ses initiales accolées à ce petit club lancé à Amiens en 2016. Dans l’indifférence générale ou presque. Avant de devenir une formidable machine de conquête du pouvoir. Et maintenant ? Comment vieillir quand on est le parti majoritaire ? Un grand classique. Le Président au-dessus des partis, mais qui ne peut pas faire sans le sien. 

La REM a des ressources, humaine (60.000 militants actifs), et financière (20 millions d’euros de dotations par an, bientôt un nouveau siège rue du Rocher à Paris). Mais ça ne dit pas quelle sera la V2… « Ça dépendra des besoins du candidat », résume l’un des pionniers d’En Marche. La mue va s’accélérer après les régionales. Avec deux mots clés : « causes » et « coalition ». 

Pourunecause.fr, c’est le site qui a été lancé mardi. Puisque les partis n’ont plus le monopole de l’engagement, laissons les marcheurs puiser dans la société civile les combats de demain. Voilà la philosophie, directement inspirée de Joe Biden. 

Coalitions, ensuite, pour porter ces idées. La REM veut se dépasser ! Maison commune, fédération ? Avec le risque que l’immeuble soit si grand qu’à la fin tout le monde s’y perde. Faire et la droite et la gauche dans la même auberge, c’est toujours le pari, ça reste le dilemme originel. 

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ?

Mercredi prochain, Acquittator passe en conseil des ministres.

Moins d'un Français sur deux dit ne pas avoir confiance dans la justice, et mon projet de loi a justement pour seul but de restaurer la confiance, on parle de pacte social ici" (Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, le 3 mars dernier, sur France Inter)

Eric Dupond Moretti, ministre chanceux, car les places sont chères pour passer un texte avant 2022. Projet de loi « pour la confiance dans l’institution judiciaire » (c’est l’intitulé). Parce que oui, la justice est mal aimée, mais parce que trop méconnue ! Et ce sera l’objectif premier de la loi : montrer comment elle fonctionne. En droit français, et pas celui des séries américaines. Avec la possibilité, encadrée, de filmer les audiences, dans un but pédagogique.

On ne détaillera pas tout ici, mais retenez aussi la notion d’efforts : un détenu doit mériter sa réduction de peine. Finie l’automaticité. Les cours criminelles, sans jury populaire, seront généralisées. Preuve qu’on peut changer d’avis : l’avocat Dupond y était farouchement hostile, le ministre Moretti les entérine ! 

Moins bruyant, plus coulant peut-être après 10 mois place Vendôme ? « Il parle aux magistrats, pas à leurs syndicats, Macron lui donne les moyens de transformer ses coups de gueule d’avant en changement concret », résume l’un de ses proches. Le plus beau budget depuis 25 ans, et des recrutements d’assistants juristes (mais pas de magistrats, pas de greffiers).

Dupond-Moretti, garde des sceaux et futur garde du corps politique d’Emmanuel Macron. Lui, toujours dispo pour débattre avec Marine Le Pen, elle beaucoup moins emballée. Depuis sa joute avec Gérald Darmanin, la présidente du RN renvoie vers l'ancien magistrat Jean-Paul Garraud, qui serait son futur ministre de la justice en cas de victoire. Une affiche beaucoup moins alléchante pour l’ogre des prétoires.