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Résumé

J-7 : sortez vos agendas ! J+7 : priorité jeunesse.

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La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, ce sont des calendriers.  

Ouvrir des perspectives ou le syndrome de la date...  

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Je prends acte (...) pour le maintien de ces élections en juin." (Jean Castex, mardi, à l'Assemblée)

Et nous préparons aussi l'échéance du 15 mai, date à partir de laquelle une stratégie de réouverture (...) va commencer à se déployer" (Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, mercredi, à l'Elysée)

Je peux vous dire qu'en 2024, la cathédrale Notre-Dame-de-Paris sera rouverte." (Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, mercredi, au Sénat) 

Réouverture, reconstruction : à chacun son agenda positif. Des dates mobilisatrices, pour dépasser le choc arithmétique du Covid. La semaine des 100.000 morts, en attendant le pic en réanimations.  

Calendrier électoral, d’abord. Confirmé dans la douleur. Avec très exactement 9.812 maires qui auraient préféré reporter le scrutin. Ça pèse, Richard Ferrand aussi. Le président de l’Assemblée obtient gain de cause : une semaine de plus pour se préparer, se vacciner, faire campagne. Deuxième tour des élections régionales et départementales : 27 juin. Dimanche de fête des pères, fin du bac, vacances, et tour de France qui part de Bretagne. Gare à l’abstention ! Mais l'isoloir, c'est toujours mieux que l'isolement.

Deuxième calendrier. Celui du retour progressif à la normale. Dans les ministères (en particulier à Bercy), on redoute de faire des plans sur la comète. Mais fidèle à sa ligne volontariste, le Président rouvrira bien le robinet du déconfinement la deuxième quinzaine de mai. Terrasses, musées. Même si c'est du goutte-à-goutte. 

Enfin, l’horizon lointain. « Nous reconstruirons Notre-Dame en 5 ans ». Rappelez-vous le défi lancé au lendemain de l’incendie. Réouverture en 2024, en même temps que les JO. Emmanuel Macron ne varie pas. 

Vrai ou faux maître des horloges ? S’il ne traçait pas de perspectives, on lui reprocherait. Quand il en ouvre, on en doute. Les Français et la parole présidentielle : entre magie et désenchantement. Chaud, froid. Attente et impatience. Cela restera comme l’un des invariants de la crise.  

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ?  

Quel plan pour les jeunes ? Réunions d'arbitrage au sommet la semaine prochaine. 

A la veille de la pandémie, en déplacement à Amiens (...), Emmanuel Macron déclarait qu'il n'y avait pas de politique à avoir pour la jeunesse... Tous les jours, ça se confirme !" (Le député La France Insoumise François Ruffin, le 16 février dernier, à l’Assemblée.)

François Ruffin, auteur d’une proposition de loi pour un « minimum jeunesse », comme il existe un minimum vieillesse. Texte rejeté en commission mercredi par les députés. Et pourtant, l'idée progresse. Des revenus de base ciblés vont être expérimentés à Lyon (mairie écolo), en Gironde (département socialiste). Et le gouvernement suit ce dossier de près. 

Car tout le monde en convient dans la majorité. 9 milliards d’euros ont été injectés, sans qu’il y ait "la" mesure qui imprime. Ni l’incarnation ministérielle pour la porter. Cela finira donc sur le bureau du Président ou de Jean Castex, pour plus de visibilité.

Et c'est là qu'on reparle de la "garantie jeunes". Dispositif né sous Hollande. 500 euros par mois pour les 16/25 ans, pendant un an, limité aux précaires qui ne sont ni étudiant, ni en emploi, ni en formation. L’idée serait de faire sauter ces conditions, pour que même un diplômé en galère soit éligible. La contrepartie, s'engager à être suivi par une mission locale. Une "garantie" universelle, versée plus longtemps. Car aujourd'hui c'est encore l'usine à gaz, et beaucoup de jeunes ignorent l'existence d'aides auxquels ils ont pourtant droit.  

« Notre devoir, c’est de leur trouver un chemin », dit-on au gouvernement. Emmanuel Macron a pu constater mercredi, au CHU de Reims, les ravages de la crise en pédopsychiatrie. Chez leurs aînés, qui arrivent sur le marché du travail, le mal-être se lit dans les intentions de vote. Le RN est plus que jamais premier parti de France chez les 25/34 ans. Message et sondage reçu 5 sur 5 à l'Elysée.