Marlène Schiappa, invitée du Téléphone Sonne de France Inter.
Marlène Schiappa, invitée du Téléphone Sonne de France Inter.
Marlène Schiappa, invitée du Téléphone Sonne de France Inter.  ©Radio France - Capture d'écran France Inter
Marlène Schiappa, invitée du Téléphone Sonne de France Inter. ©Radio France - Capture d'écran France Inter
Marlène Schiappa, invitée du Téléphone Sonne de France Inter. ©Radio France - Capture d'écran France Inter
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Résumé

J-7 "Le traditionnel darwinisme du Président" / J+7 L'impossible campagne

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La semaine politique. On regarde dans le rétro. On se projette vers les jours qui viennent. Et cette semaine, Maxence, un petit tour et puis s’en va, les « états généraux de la laïcité ».

Annoncée dans le Journal du Dimanche, sur une pleine page, par Marlène Schiappa. Officiellement lancé mardi à Paris.

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"Il y a dans chaque pays des mots importants, des mots incontournables chargés d'une puissance symbolique forte, en France, il y a le mot de laïcité." (Marlène Schiappa, 20 avril au CNAM)

Le lendemain, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron enterre le projet : "Les Français s’en fichent, et moi aussi". Marlène Schiappa humiliée devant tous ces collègues. Certains s’en réjouissent, et font vite fuiter cette phrase assassine.

Le chef de l’Etat en rajoute : "L’urgence, ce n’est pas un débat philosophique avec des intellectuels parisiens, lance-t-il. L’urgence, c’est la formation des agents de la fonction publique (...) Il y a une loi, il faut l’appliquer."

Recadrage suprême. Mais, pourquoi l’avoir laissée faire ? Comment imaginer que cette première combattante du macronisme n’a pas alerté au moins le cabinet du Président ? Qui peut nous faire croire que l’Élysée, au moins Matignon, n’a pas relu cette interview au JDD à l’heure où aucun tweet ne leur échappe ?

Non, ils l’ont laissé faire. "C’est le traditionnel darwinisme du Président", lâche un ministre. "Il compte les points à la fin."

Tant pis, donc, si la séquence est ratée, le message brouillée, la CFDT fâchée contre "un objet d’agitation médiatique".

Marlène Schiappa ouvrait faussement un débat pour s’approprier ce combat, laissant de côté le vote de sa propre loi. Maintenant, elle va faire profil bas. "On continuera sans média" admet son entourage, qui se console : "Ça devrait calmer Jean-Michel Blanquer qui prépare un think-tank (un cercle de réflexions) sur la laïcité." Il peut toujours essayer. Pendant ce temps-là, l’Observatoire de la laïcité, qu’ils veulent supprimer, continue son travail sur le terrain. 

On se projette maintenant vers la semaine à venir, Maxence, avec le début d’une campagne impossible.

Lundi, 8h en préfecture, dépôt des listes pour les élections départementales et régionales des 20 et 27 juin.

"Nous devons mettre en œuvre toutes les conditions pour que ce rendez-vous démocratique soit à la hauteur de ce que nos concitoyens en attendent" (Jean Castex, le 13 avril, à l'Assemblée)

Le Premier ministre à l’Assemblée, il y a 10 jours. Et depuis, la campagne s’est emballé. Gratuité des transports en commun. Plan numérique dans les collèges et lycées. Stratégie touristique. Débat dans tous les sens. Réunion publique partout en France.

Non, non, c’est moi qui m’emballe. 

Plutôt : tchat Facebook avec 352 internautes, randonnée écolo par groupe de 6, podcast YouTube sans abonné, vidéo blog sans intérêt malgré des dizaines de milliers d’euros investis par les partis sur le web. Et, faut le dire, des ministres candidats qui nous supplient de venir les suivre dans leur région.

L’épidémie anesthésie l’action politique, et donne à ce scrutin une portée toute relative.

Nous, service public, avec le réseau France Bleu, allons faire de notre mieux : rappeler les enjeux, inviter les candidats, les faire débattre. Autrement, les présidents sortants auront un boulevard. Le patron de l’Assemblée, Richard Ferrand, s’en est ouvertement inquiété.

Espérons que la "Toile" s’élargisse au-delà du premier cercle militant, que les allergiques au meeting passent une tête sur Internet, que les seniors puissent, eux, compter sur la presse quotidienne régionale, trop souvent sous pressions des barons locaux.

Il n’est pas trop tard ! Et si les dimanche 20 et 27 juin, au moment de glisser le bulletin dans l’urne, dans la cour d’école ou le gymnase, on remplaçait le formel « A voté », par une formule pas plus longue mais plus forte : "Merci".