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Résumé

J-7 : la République giflée. J+7 : Macron décore Philippe.

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La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un geste blasphématoire...  

En plein pèlerinage. Rendez-vous compte ! La République giflée !  

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La vie démocratique a besoin de calme et de respect." (Emmanuel Macron, mardi matin, dans la Drôme, en réaction aux propos de Jean-Luc Mélenchon sur les liens entre terrorisme et campagnes présidentielles)

Je vais toujours au contact, à portée d'engueulades (...). La bêtise et la violence, non." (Emmanuel Macron, mardi après-midi, dans la Drôme, après avoir été giflé par Damien T.) 

Avant et après la claque ! La folle journée du Président, mardi, dans la Drôme. Quand l’imprévu bouscule la partition bien huilée de la communication présidentielle. Le risque zéro n’existe pas. Aussitôt l’Elysée minimise, c'est un acte "isolé". 

Une baffe anachronique, au moment où le pays repart, vaccine et retrouve (presque !) la permission de minuit, et où la courbe du Président suit celle des températures. 50 % d’opinions positives dans le dernier Ifop. 

Alors que l'opposition s'enlise. Papacito et complotisme. «Mélenchon est le problème à gauche », dit Arnaud Montebourg. Et à droite, plutôt qu'une vraie primaire, on se sonde (encore) pour savoir qui est le meilleur.  

Alors, anecdotique, cette claque ? D'ailleurs faut-il lui faire dire quelque chose ? Elle valide le nouveau concept élyséen « d’optimisme lucide ». On a retiré le couvercle du confinement, et dans la marmite, il y a encore une France qui boue. Des poches de gilets jaunes, et « pas mal de zinzins dans la nature », s'inquiète un conseiller, réellement inquiet pour la sécurité du Président. 

Ajoutez à cela des partenaires sociaux qui, tous, disent non à une reprise de la réforme des retraites avant 2022… Et vous avez en germe, masqués par la France Mc Fly ou la France Didier Deschamps, des réservoirs de colère. 

Et si la vraie gifle était électorale ? D’après Ipsos, aucune victoire En Marche ne se profile aux régionales. Pire : un électeur pro-Macron sur 3 dit qu’il votera pour le sortant, de gauche ou de droite. Note pour la suite : rester lucide, avant d’être optimiste. 

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ? 

Retour à l’Elysée, mardi, pour Edouard Philippe. 

Même si c'est désagréable, même si parfois on aimerait penser autrement, garantir le paiement des pensions et l'équilibre du système des retraites est un vrai objectif qu'on doit regarder en face." (Edouard Philippe, samedi, sur LCI et TF1)

La voix de la réforme. Mr paramétrique. Tout ça entre deux dédicaces. C’est l’autre tour de France, celui des librairies. Et un passage par l’Elysée la semaine prochaine. Par deux fois, le rendez-vous a sauté, Covid oblige, mais mardi matin, ce sera la bonne : Emmanuel Macron le fera grand officier de la légion d’honneur, distinction qu'on décroche quand on passe au moins deux ans à Matignon. 

Cérémonie en petit comité, Edouard viendra avec les philippistes de la première heure, comme le maire d’Angers Christophe Béchu. Signe de rapprochement avec le Président ? « Il n’y a jamais eu rupture », rétorque-t-on des deux côtés.  Il est libre, Edouard, il y en a même qui l’ont vu voler… vers 2022. Ça c’était en avril. Depuis, Emmanuel Macron sature l’espace, la poutre a travaillé, sans Philippe, à droite, en Paca.  

« Le dynamiteur en chef, c’est le Président. Aujourd’hui, Edouard est à son compte », résume un proche. Insolente popularité. Au service de qui, de quoi ? Après le livre, après le contact avec les Français, ce sera la "structuration", avec tous les élus qui le soutiennent, réunis au Havre fin septembre. 

Candidat à son tour ? Non. En réserve, oui, si Macron est empêché. Il est et restera ambigu ? Oui, le plus longtemps possible et c'est assumé. C'est le deal invisible. Edouard Philippe n'a de valeur que s'il se distingue du Président. Pas pour le concurrencer, mais pour y ajouter sa force, ses troupes, le jour où il faudra plier le match face au RN. Macron / Philippe : partenaires particuliers pour un second mandat.