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Résumé

J-7 : sous la surface des terrasses. J+7 : de l'Afrique au Pacifique, la France face à son Histoire.

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La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est un moment épicurien…  

Ephémère, par définition.  

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Après les trois vagues sanitaires liées au Covid, la quatrième est là, elle est sociale, elle est terrible." (Le député Insoumis Alexis Corbière, mardi, à l’Assemblée)

Habituons nous à essayer de vivre ensemble le temps présent." (Emmanuel Macron, premier café en terrasse, mercredi matin, près de l'Elysée)  

Déconfinement pluvieux, déconfinement heureux. Prière d’accompagner la libération du pays. Des ministres qu’on avait perdu de vue se selfisent en terrasses. Emmanuel Macron, ballon de foot au pied (dans l'Aube), multiplie, les pass' sportifs et culturels. A peine rentré de Blois, Jean Castex annonce la vaccination pour tous et prend le train de nuit pour Nice. Etre au milieu des Français. Relancer le pays en étant au contact. Même le masque irrite le Président.  

Au milieu des colères et des manifs aussi ! Gérald Darmanin avec les policiers mercredi. Limite de l’exercice. Quand son propre collègue de la justice (Eric Dupond-Moretti) est sifflé par les syndicats. 

La libération des terrasses n’efface pas les invariants politiques et économiques. Comment répondre sur la sécurité sans caricaturer la justice ? Comment célébrer le retour de la croissance (près de 6 % au moins cette année d’après Bercy), sans nier les dégâts laissés par la crise sanitaire ? 

Le changement de braquet se heurte encore à l’inertie de l’opinion. Sondage Opinionway pour les Echos : 4 Français sur 10 craignent un rebond de l’épidémie. Plus d’un patron de PME sur deux inquiet pour son entreprise.

Ce n’est pas parce qu’on rouvre les remontées mécaniques que mécaniquement les sondages remontent. En off, Emmanuel Macron le reconnaît : « On a été dans la ouate pendant longtemps, ça va pas être la bamboche du jour au lendemain. » 

Allez, Yael, on se projette sur les jours qui viennent ?

De l’Afrique au Pacifique. Panser les plaies, penser l’après.  

Je pense que c'est un grand pas en avant (...). Ne pas l'oublier, mais pardonner, et aller de l'avant de la meilleure façon, je pense qu'effectivement nous avançons très bien." (le Président rwandais, Paul Kagame, lundi, à Paris)

Chassé-croisé diplomatique, car jeudi prochain, c’est Emmanuel Macron qui a rendez-vous à Kigali avec le président rwandais. Y aura-t-il des excuses dans son discours ? Rien n’est arrêté. Mais le réchauffement des relations est déjà une réalité, depuis les conclusions du rapport de l'historien Vincent Duclert sur « les responsabilités accablantes » de la France dans le génocide des Tutsis.  

Autre défi historique à relever la semaine prochaine : l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, alors qu’un troisième et dernier référendum doit être organisé avant fin octobre 2022. Les représentants loyalistes et une partie des indépendantistes (ceux qui ont accepté de venir) ont rendez-vous mercredi à Matignon, avant sans doute une ultime médiation à l’Elysée. Une semaine pour réfléchir au monde d’après. Car, quoiqu’il arrive, que le non ou que le oui l’emporte, l’archipel, le caillou, en ressortira fracturé. Certains élus sont même convaincus que tout cela peut finir en partition. 

D’où l’urgence à éclairer l’opinion. Quid de la monnaie ? Des compétences régaliennes, assurées par qui, comment ? D’après un sondage réalisé pour le ministère des outre-mer, 2/3 des Français voient d’un bon œil l’accès à la pleine souveraineté des Néo-calédoniens. La France se rétrécirait-elle ou remplirait-elle alors sa promesse de décolonisation ? Et si tout cela faisait tâche d’huile en Polynésie ? Quel rôle pour la France dans le Pacifique, confettis stratégiques entre Chine et Etats-Unis ? 

Sujet qui peut faire couler beaucoup d’encre en pleine campagne présidentielle. Sauf si le référendum a lieu après. Deux options : soit novembre / décembre prochain, soit septembre / octobre 2022. Tout dépend des discussions la semaine prochaine.

D'ici là, en juillet, c’est en Polynésie qu’Emmanuel Macron fera étape. Là-bas aussi, des élus indépendantistes demandent des excuses, un pardon pour les 193 essais nucléaires réalisés à Mururoa et Fangataufa.