Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Eric Piolle, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg ©AFP - xxx
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Résumé

J-7 : une gauche trop plurielle avant 2022 ? J+7 : référendum "quoiqu'il en coûte".

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La semaine politique, avec vous, Yael Goosz. On regarde dans le rétro, et on se projette. Et ce que vous retenez de la semaine, Yael, c’est la gauche et ses vœux, pluriels.  

Et pieux pour l’instant !  

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Anne Hidalgo, c'est une figure du Parti socialiste (...), mais aujourd'hui la force d'avenir c'est l'écologie." (Yannick Jadot, sur France Inter, le jeudi 14 janvier 2021)

Je pense que ce serait une excellente Présidente de la République." (Olivier Faure, sur BFM, le mardi 12 janvier 2021)

Qu'il est loin le temps où le premier secrétaire du PS se disait prêt à s’effacer derrière un écolo. C’était une autre époque, dans la sinistrose du premier confinement. Tribunes, appels, mains tendues… ça phosphorait sur Zoom et ça dissertait sur la gauche d’après Macron. 

Et puis on a vu quoi le week-end dernier ? Des socialistes tout juste sortis du cimetière de Jarnac s’engueuler par médias interposés. Un premier secrétaire interpelé, taclé, par François Hollande dans Sud-Ouest : à quoi bon appeler au rassemblement s’il n’y a pas de leader pour l’incarner ? De quoi faire sortir de ses gonds le même Olivier Faure, qui invite l'ancien Président à prendre... sa retraite.  

A ces amabilités entre Anciens et Modernes sont venus s’ajouter deux faire-part de naissance : "Idées en commun", la plate-forme pré-présidentielle d’Anne Hidalgo, et Engagement, celle de l'écurie pré-2022 d’Arnaud Montebourg. On se positionne, on accélère. Les Verts attendent leur primaire. Les communistes hésitent à couper le cordon avec Mélenchon.   

Que conclure de tout ça en 20 secondes ? Côté pile, un réveil indéniable de la gauche, il y a du monde et de l'énergie pour reprendre le flambeau. Côté face, un aveuglement coupable sur la capacité à faire l’union… Trop tard pour organiser une primaire et de toute façon, plus personne ou presque n'en veut. La gauche en est réduite à un départage par les sondages : les histoires comme ça finissent mal, en général.   

Allez Yael, on se projette sur les jours qui viennent…   

Un référendum de moins en moins virtuel.   

Ce sera une réforme constitutionnelle en un article (...), constitutionnellement elle doit d'abord être votée en des termes identiques [par les deux chambres], ce jour-là elle sera soumise à référendum" (Emmanuel Macron, le 14 décembre 2020). 

Souvenez-vous, surprise du chef, le 14 décembre. Après 3 heures et demi d’échanges avec les citoyens de la convention climat, Emmanuel Macron lâche, en fin de soirée, sa bombe politique : un référendum pour inscrire la défense de l’environnement dans le premier des articles de la Constitution.  

Beaucoup d’incrédulité à l'époque. « Un coup pour amadouer le vote écolo », dit la gauche. « A quoi bon, répond la droite, puisque Chirac a déjà intégré la charte de l’environnement ! » Et surtout, comment tenir le calendrier ?  

Mais l’Elysée assume, le pied sur l’accélérateur. 2021, « année utile ». Alors le projet de loi portant révision de l’article 1er arrive vite ! Dès mercredi prochain en Conseil des ministres. Avec la rédaction que réclamait la convention. "La République garantit la préservation de la biodiversité" : le verbe « garantir », et pas un autre, moins contraignant, comme « favoriser » ou « agir pour ».  

Calendrier tenable ? Là, rien n'est garanti. Le texte arrivera en mars chez les députés, avril ou mai chez les sénateurs, et là coucou Gérard Larcher (qu'on ne sent pas du tout prêt à coopérer) ! Ça veut dire navette, aller-retour pour aboutir à un vote conforme des deux chambres. Et sachant qu’il faut 6 semaines entre l’annonce de la question et le vote des Français, ça nous emmène au mieux en septembre ! Un référendum si près de la présidentielle, Emmanuel Macron osera-t-il ? Absolument, disent ses proches.  

Car comme Nicolas Sarkozy et François Hollande avant lui, le Président est dans la seringue : preuve, s’il en fallait encore, qu’un quinquennat, c’est toujours trop court. Surtout quand vous êtes accaparé par la crise.