Archéologie glacière : découverte de la momie Otzi par des randonneurs sur un glacier, dans les Alpes de l'Otzal en Italie
Archéologie glacière : découverte de la momie Otzi par des randonneurs sur un glacier, dans les Alpes de l'Otzal en Italie
Archéologie glacière : découverte de la momie Otzi par des randonneurs sur un glacier, dans les Alpes de l'Otzal en Italie ©Getty - Leopold Nekula / Contributeur
Archéologie glacière : découverte de la momie Otzi par des randonneurs sur un glacier, dans les Alpes de l'Otzal en Italie ©Getty - Leopold Nekula / Contributeur
Archéologie glacière : découverte de la momie Otzi par des randonneurs sur un glacier, dans les Alpes de l'Otzal en Italie ©Getty - Leopold Nekula / Contributeur
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Résumé

L’archéologie glaciaire est née en 1991, lorsque les vents chauds qui faisaient fondre le glacier de Hauslabjoch ont dégagé "Ötzi", un homme vieux de plus de 5000 ans.

En savoir plus

Les Alpes, nouveau terrain de fouille

Le corps de Ötzi a été découvert à plus de 3200 mètres d’altitude, à la frontière entre l’Autriche et l’Italie. Cette découverte fondatrice, qu'on pensait être une exception, ne l'est pourtant pas. D'autres  découvertes, parfois spectaculaires, ont révélé que les Alpes étaient au contraire arpentées et fréquentées depuis des millénaires. Elles ont permis de mettre à jour de précieuses informations, en particulier sur les déplacements en haute altitude de nos ancêtres et sur leurs activités. 

Sous l'effet du réchauffement climatique, la fonte des glaces des sommets alpins contribue à libérer des vestiges conservés jusque-là dans de très bonnes conditions. Une nouvelle discipline scientifique, l'archéologie glaciaire, récolte et étudie ces vestiges, souvent en matériaux périssables et exceptionnellement préservés par congélation

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En 2003 : une singulière découverte sur le glacier du passage du Colerin (3200 m) à Bessans, en Savoie

Un alpiniste ramassa un pieu de bois conservé sur 80 cm de long, fiché au col en sorte d’oratoire extrémité. Sculpté, il  représente un personnage masculin en robe, qui pourrait tout aussi bien être un moine, un saint médiéval ou un personnage gaulois. Publiée en 2004, cette découverte passa totalement inaperçue dans les milieux scientifiques. En 2007, une autre montée au Colerin permit de constater que de nombreux bois jonchaient la surface du glacier ou étaient libérés par l’éboulis issu du col. 

Depuis lors, on été menées quatre campagnes de prospections sur le Colerin, étendues depuis 2018 sur un col proche, l’Autaret (3 072 m). À ce jour, plus de 520 objets ont été collectés. Il s’agit surtout de bois : des branches, des branchettes, des brindilles (qui témoignent de transport de fagots), avec ou sans écorce, aux extrémités brisées ou coupées à la hache. Les dimensions sont très variables, et le plus grand bois collecté à ce jour mesure 1,5 m. Il s’y ajoute quelques éléments en cuir, une poignée de tessons néolithiques ou protohistoriques, un capridé encore à moitié pris dans la glace, des cornes, des poils, des fragments de peau… Cet assemblage est manifestement diachrone. (de plusieurs périodes)

Les découvertes à venir pourraient être réalisées par des randonneurs ou des travailleurs de haute montagne

En Valais, la collecte et l’étude des vestiges mis au jour sur les glaciers sont du ressort du Service cantonal des bâtiments, monuments et archéologie. Leur restauration, leur conservation et leur mise en valeur sont assurées par les Musées cantonaux. Hormis la perspective, bien réelle, de découvertes exceptionnelles, comme celles du Tisenjoch et du Schnidejoch, qui nécessite un suivi régulier, les enjeux sont à situer dans la sauvegarde d’informations vouées à disparaître à brève échéance. 

Pour aider et guider les randonneurs "découvreurs" de vestiges , une application est actuellement testée et sera tout bientôt proposée au public. La première chose est de faire attention à ne surtout pas toucher les objets ou corps trouvés ! Sur place, dans la mesure du possible, prendre des photographies de situation, des vues rapprochées avec une échelle graduée  ou un objet connu (pièce de monnaie, gant, piolet, etc.), un positionnement GPS. Et aussi bien noter tous les détails qui  paraissent intéressants (sur quoi ou dans quoi repose l’objet : éboulis, glace, etc. ; dans quelle position, dans quel état est-il ?). Si l’objet est transportable sans dommage, le prendre avec précaution et le préserver  si possible dans un sac étanche,  sans chercher à le sécher. Sinon, le laisser en place. Dans tous les cas, il est très important de signaler une découverte sans retard pour assurer une prise en charge rapide et une authentification de la part des professionnels

"Mémoires de glace" du 8 mai au 7 novembre à Nemours

Le Musée d’histoire du Valais avait proposé cette exposition, «Mémoire de glace», en 2018, elle sera désormais visible en France à Nemours à partir de 8 mai. Cette exposition est consacrée  à l’archéologie glaciaire et éclaire sur les raisons qui ont conduit les hommes à fréquenter les hautes altitudes, que ce soit pour circuler d'une vallée à l'autre ou pour exploiter les ressources naturelles qui s'y trouvent.

Avec 

  • Eric Thirault, archéologue, professeur de Préhistoire à l’Université Lumière-Lyon 2 et membre de Maison de l’Orient et de la Méditerranée à Lyon.
  • Caroline Brunetti, archéologue cantonale, Chef de l’Office cantonale d’archéologie du Valais en Suisse

Après la Suisse, en 2018, L’exposition Mémoires de glace se tiendra au Musée de Préhistoire d’Ile de France à Nemours le 12 juin jusqu’au 5 décembre 2021

Références

Programmation musicale

L'équipe

Mathieu Vidard
Mathieu Vidard
Mathieu Vidard
Production