A la recherche de météorites
A la recherche de météorites
A la recherche de météorites ©Getty - David Madison
A la recherche de météorites ©Getty - David Madison
A la recherche de météorites ©Getty - David Madison
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Résumé

Le désert d'Atacama n'est pas si désert que ça... Il y a des météorites mais aussi des traces de la présence du peuple des Changos, des fantômes des victimes du dictateur Pinochet, de la faune et de la flore qui ne demandent qu'à survivre.

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A la recherche des météorites et de soi dans le désert d'Atacama

C'est dans un voyage dans un lieu singulier rempli d'ombres de fantômes et de météorites que le spécialiste des météorites Mathieu Gounelle,  auteur de « Un ciel de pierres, voyage en Atacama » avec des dessins de Frédéric Pajak et édité chez Gallimard dans la Collection Le sentiment géographique, propose de nous embarquer.

C'est un  journal d'expédition qui raconte le concret et la rêverie que suscite la discipline de la recherche de météorites, ces pierres tombés du ciel. Le désert d'Atacama est  un long désert qui s’étend depuis le nord du Chili jusqu’au sud du Pérou. Délimité par l’océan Pacifique à l’ouest et la cordillère des Andes à l’est, il est considéré comme le lieu le plus aride de notre planète. En son centre, à deux mille mètres d’altitude, se trouve une étroite bande de terre presque entièrement dépourvue de végétation et balayée par le vent: la grande dépression centrale. C’est là, au cœur du désert, que l’on trouve des météorites.

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Pierres noires et extraterrestres, pierres étranges venues d’ailleurs, les météorites sont des messagères inattendues qui, après avoir parcouru des milliards de kilomètres, apportent de la chute le caractère irrémédiable. Sur Terre en un éclair. Elles sont  quelque part dans le désert et leur quête est le prétexte à l'imagination, la rêverie et l'introspection.

53 min

Le désert n'est pas si désert

Dans "Voyage en Atacama", Matthieu Gounelle nous raconte le  peuple des Changos, peuple premier du désert d'Atacama, peuple oublié , exterminé sans lutter, brisé par la variole et le catholicisme, les mines et l'alcoolisme. On  trouve aussi dans un fabuleux ravin, la quebrada d’El Médano, des centaines de peintures peints à l’ocre sur des rochers gris, des signes abstraits et mystérieux, en forme de trident ou de W, mais aussi des otaries, des requins, une tortue – ainsi que d’innombrables scènes de chasse. Des hommes minuscules, à bord d’embarcations fragiles, remorquent des baleines harponnées dans l’océan. D’autres, armés d’arcs, font face à des guanacos au poitrail percé d’une flèche. Ces hommes minimaux et sans visage, bien plus petits que leurs proies, se discernaient à peine, faisant planer dans le désert l’ombre courageuse et fragile d’un monde depuis longtemps oublié.

On y rencontre également les fantômes de ceux qui furent exterminés sous la dictature de Pinochet. Le désert est un territoire de mort  mais aussi de vie car faunes et flores y survivent.

Arbustes tordus par le vent, souris étourdies par la chaleur, insectes se faufilant entre les pierres... Y  surgissent une plante, un arbuste, quelques fleurs. Surtout ne pas l’écraser. Encore moins la cueillir. Elle a longtemps lutté pour vivre ici. Elle appartient au genre des Bomarea. Plante vivace et résistante, dépendante d’une eau rare et insalubre, elle espère un improbable printemps qui changerait d’un coup le visage du désert.

Le court-métrage "Trouvailles" d'Evantias Chaudat  a été réalisé à l’occasion de l’exposition Météorites, entre ciel et terre présentée au Muséum national d’Histoire naturelle du 18 octobre 2017 au 6 janvier 2019. Chaque année des scientifiques arpentent le désert d’Atacama à la recherche de météorites. Dans ce documentaire contemplatif, ils se livrent sur le lien particulier qu’ils entretiennent avec ces objets venus d’ailleurs et le moment unique de la rencontre.
L’expédition  a eu lieu en novembre 2016 et a duré 10 jours.

avec

  • Matthieu Gounelle, auteur de « Un ciel de pierres, voyage en Atacama » et dessins de Frédéric Pajak Edition Gallimard Collection Le sentiment géographique et Professeur au Museum National d’histoire naturelle de Paris spécialiste des météorites.
  • Evantias Chaudat, Photographe, vidéaste et autrice du film "Trouvailles" tourné dans l'Atacama avec Matthieu Gounelle.

Extraits de l'entretien

Pourquoi trouve-t-on plus de météorite dans ce désert d’Atacama ?

Matthieu Gounelle répond : "Comme le lieu est sec, les météorites sont visibles, elles n’ont pas été désagrégées sous l’effet de l’érosion. Elles survivent ici cinq fois plus longtemps qu’ailleurs"

A quoi les reconnait-t-on ?

Matthieu Gounelle, toujours : "La majorité est de la taille d’une balle de ping-pong. Comme les météorites contiennent du fer, elles ont des taches de rouille, et des traces de fusion. Mais seuls des experts peuvent certifier que ce caillou que vous avez trouvé en est une. Vous pouvez également regarder sur le site du Museum."

Pourquoi est-ce émouvant de toucher une météorite ?

Evantias Chaudat explique que c’est parce que cela revient à manier des choses inimaginables venues du lointain. Matthieu Gounelle ajoute que ce sont des objets qui se sont formés il y a 4,5 milliards d’années et qui ont beaucoup voyagé avant d’arriver ici. Ce sont des fragments de ciel et on rentre en contact avec le ciel, avec le lointain, avec, avec un infini."

Combien en tombent-ils par an ?

Matthieu Gounelle : Il tombe environ 5000 météorites de 1kg par an sur Terre.

A Paris, il y a peu de chance de tomber sur une de ces pépites du ciel : il en tombe une fois tous les 1000 ans !

On le sait car grâce aux études faites dans le désert. On peut alors remonter aux sources de ces météorites sur terre et étudier leur fréquences, leurs lieux de chute etc…

Références

L'équipe

Mathieu Vidard
Mathieu Vidard
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Production