Que savons-nous sur les vaches ?
Que savons-nous sur les vaches ? ©Getty - Catherine Falls Commercial
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L’éthologie appliquée aux animaux de ferme a permis de mettre l’accent sur la richesse du comportement des vaches. Saviez vous qu'il y a aussi des cheffes et des leaders chez les vaches?

Les éthologistes et les comportementalistes se sont intéressés aux bovins domestiques car, comme la plupart des ruminants, ils appartiennent à une espèce sociale. La connaissance des facteurs qui déterminent ou influencent la position sociale d’un individu est au centre de l’analyse du fonctionnement du groupe. Elle peut également permettre dans les conditions expérimentales ou dans la pratique de l’élevage des bovins domestiques, d’intervenir pour modifier ou atténuer les conséquences négatives éventuelles du rang hiérarchique . 

Les bovins appartiennent à l’ordre des Ongulés et à la famille des Bovidés

Cette famille comporte 14 sous familles, dont celle des Bovinés qui regroupe les bovins, les bisons d’Amérique et d’Europe, les buffles asiatiques et africains, le yack et le bœuf musqué. Les bovins vivent en groupe et sont nomades : cela peut être des groupes de femelles de tous âges accompagnées de leurs jeunes et de quelques mâles subadultes, des petits groupes de mâles adultes et subadultes sachant qu’une forte proportion des mâles adultes est solitaire, et des groupes mixtes, surtout pendant la période de reproduction. Ils communiquent aussi entre eux! Le comportement d’un individu s’organise entre autres grâce aux informations qui lui parviennent du milieu dans lequel il vit. Certaines de ces informations proviennent des autres animaux de la même espèce et le renseignent sur leur identité, leur «humeur», leurs «intentions» ; lui-même émet des signaux. Ainsi se crée la communication indispensable à toute vie sociale à partir du moment où les partenaires répondent à ces signaux. Chez les vaches, les signaux visuels sont importants comme véhicules de l’information dans les relations sociales. Différents types de vocalisations ont été décrits grâce à l’étude de sonogrammes. Contrairement aux mâles qui émettent des meuglements de menace, les vocalisations accompagnent assez rarement l’agression chez les bovins femelles. Les vocalisations sont le plus souvent provoquées chez elles par une situation de frustration, d’excitation, ou l’appel d’un autre animal. 

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En condition naturelle, au sein des groupes permanents, des conflits peuvent surgir pour l’alimentation, la reproduction, l’occupation d’un site favorable... Des mécanismes régulateurs ont évolué pour limiter les conduites agressives ou les orienter vers des formes bénignes moins préjudiciables aux individus et à l’espèce. C’est ainsi que se sont développés les phénomènes de dominance qui assurent la priorité d’accès de certains individus à des ressources limitées, sans qu’il soit besoin de recourir à chaque occasion à une épreuve de force : la dominance d’un animal est reconnue par le ou les subordonnés du groupe. Une des caractéristiques importantes de la dominance chez les bovins, et surtout chez les vaches, est qu’elle est de type «absolu». Dans les conditions d’élevage, on observe la formation de sous-groupes au sein des troupeaux, aussi bien en stabulation qu’au pâturage, ainsi que des associations préférentielles entre certains animaux. Ces préférences peuvent être réciproques et sont très stables dans le temps. Des relations «d’affinité» existent donc entre certains animaux et se traduisent à la fois par une fréquence élevée de contacts non agressifs (par exemple toilettage), une faible fréquence d’interactions agressives et une grande proximité spatiale. Elles se traduisent également, bien que plus rarement, par des déplacements en commun et une synchronisation des activités. L’origine de ces relations préférentielles est à rechercher dans un âge voisin et dans le fait que les animaux soient arrivés en même temps dans le groupe ou proviennent du même élevage. L’origine des relations préférentielles est également liée à la parenté. Tout ceci suggère qu’un contact prolongé à un moment quelconque de l’existence, mais généralement dans le jeune âge, peut conduire à des relations préférentielles ultérieures. Le fonctionnement du troupeau repose également sur le phénomène de leadership. Le leadership est la capacité qu’ont certains animaux d’influencer et de recruter les autres membres du groupe, qui se traduit sur le terrain par des déplacements collectifs. Tous les animaux vivant en troupeau manifestent des mouvements ou des activités de groupe dans diverses circonstances. 

avec :

  • Pauline Garcia, comportementaliste éducateur animalier label SFECA (Société Française pour l’étude du comportement animal) et éleveuse bovins allaitants salers à la Ferme du Gaec Acajou Le bourg  à VÈZE  et auteur du »Petit guide illustré du bien-être bovin » Editions France Agricole  . Elle propose des formations  à retrouver sur son site ETHO-DIVERSITE 
  • ET Alain Boissy, éthologiste directeur de recherche à l’INRAE et directeur du CNRBEA, le Centre de National de référence pour le bien-être animal. Il a reçu un  laurier collectif 2021 INRAE pour la mise en place d’un réseau scientifique sur le bien-être animal.