Comment faire émerger une classe écologique consciente et fière d'elle-même ?
Comment faire émerger une classe écologique consciente et fière d'elle-même ? ©Getty - Martin Barrau
Comment faire émerger une classe écologique consciente et fière d'elle-même ? ©Getty - Martin Barrau
Comment faire émerger une classe écologique consciente et fière d'elle-même ? ©Getty - Martin Barrau
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Dans son dernier livre "Mémo sur la nouvelle classe écologique. Comment faire émerger une classe écologique consciente et fière d’elle-même " Bruno Latour appelle les écologistes à tirer toutes les conséquences politiques du Nouveau Régime Climatique.

Parler de la nature, ce n’est pas signer un traité de paix, c’est déclarer une forme de guerre sur tous les sujets possibles de l’existence quotidienne, à toutes les échelles et sur tous les continents. C’est une nouvelle lutte des classes. Comment la gagner ?

Après "Où atterrir ?" et "Où suis-je ?", Bruno Latour, ici avec Nikolaj Schultz, appelle les écologistes à tirer toutes les conséquences politiques du Nouveau Régime Climatique dans son dernier livre "Mémo sur la nouvelle classe écologique. Comment faire émerger une classe écologique consciente et fière d’elle-même" publié aux Editions de la Découverte /Les empêcheurs de penser en rond**.**

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Il y a urgence à donner plus de consistance et plus d’autonomie à l’écologie étant donné l’effondrement de « l’ordre international », l’immensité de la catastrophe en cours, l’insatisfaction générale sur l’offre politique des partis traditionnels, révélée entre autres par l’ampleur de l’abstention. Or s’il existe bien des mouvements écologiques et même des partis qui en font leur drapeau, ils sont pourtant loin d’être ceux qui définissent autour d’eux, à leur manière et dans leurs propres termes, les fronts de lutte permettant de repérer l’ensemble des alliés et des adversaires du paysage politique. Plusieurs décennies après leurs débuts, ils restent dépendants des anciens clivages, ce qui limite leurs recherches d’alliances et diminue leur liberté de manœuvre. Si elle veut exister, la classe écologique ne doit pas se laisser définir par d’autres et doit détecter, par elle-même et pour elle-même, les nouvelles sources d’injustice et les nouveaux fronts de lutte. L’écologie doit sortir de son enfance, cesser d’être un mouvement adventice et de se repérer par rapport aux anciennes classes sociales enfermées dans les seuls rapports de production.

À quelles conditions l’écologie, au lieu d’être un ensemble de mouvements parmi d’autres, pourrait-elle organiser la politique autour d’elle ?

Peut-elle aspirer à dénier l’horizon politique comme l’ont fait, à d’autres périodes, le libéralisme, puis les socialismes, le néolibéralisme et enn, plus récemment, les partis illibéraux ou néo-fascistes dont l’ascendant ne cesse de croître ? Peut-elle apprendre de l’histoire sociale comment émergent les nouveaux mouvements politiques et comment ils gagnent la lutte pour les idées, bien avant de pouvoir traduire leurs avancées dans des partis et des élections ?

Avec

Bruno Latour, professeur associé au médialab de Sciences Po. Il est notamment l’auteur de "Face à Gaïa. Huit conférences sur le Nouveau Régime climatique" (2015), de "Où atterrir ? Comment s’orienter en politique" (2017) et de "Où suis-je ? Leçons du confinement à l’usage des terrestres" (2021).

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L'équipe

Mathieu Vidard
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