Le boxeur Rubin "Hurricane" Carter contre George Benton au dixième round au Madison Square Garden. ©Getty - Charles Hoff / NY Daily News Archive
Le boxeur Rubin "Hurricane" Carter contre George Benton au dixième round au Madison Square Garden. ©Getty - Charles Hoff / NY Daily News Archive
Le boxeur Rubin "Hurricane" Carter contre George Benton au dixième round au Madison Square Garden. ©Getty - Charles Hoff / NY Daily News Archive
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Résumé

Comme Bob Dylan fête demain ses 80 ans, je vais vous parler d’un ses titres de 1975, "Hurricane", dédié au boxeur noir américain Rubin Carter, surnommé donc Hurricane, c’est-à-dire l’Ouragan. Cette chanson de 8 minutes 30 secondes s'apparente à une véritable bourrasque émotionnelle.

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Qu’est-ce que ce boxeur avait de particulier pour que Dylan lui dédie une chanson?

En 1966, alors qu’il faisait partie des dix meilleurs poids moyens du monde, Rubin Carter a été condamné à la prison à vie pour avoir tué par balles trois victimes blanches dans le New Jersey, ce qu’il a toujours nié. Une fois en prison le boxeur écrivit son autobiographie dans laquelle il clamait son innocence. Il en envoya un exemplaire à Dylan, qui fut touché par son histoire, et qui lui rendit visite au pénitencier. Après cette rencontre, le musicien-poète, qui a toujours aimé défendre des causes à travers ses textes, décida d’écrire une chanson pour décrire précisément l’injustice pénale, et le racisme latent, dont avait été victime Carter. Une première version fut enregistrée en juillet 1975. 

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Cette interprétation semble un peu moins énergique que celle qui est sortie en disque...

Oui, mais ce n’est pas la raison pour laquelle cette version originelle n’a pas été conservée.  Le problème provenait des paroles, qui contenaient des affirmations diffamatoires à propos de deux témoins du triple meurtre, qui étaient nommément accusés par Dylan d’avoir dépouillé le corps des victimes. 

Sous la pression de ses avocats, le songwriter a dû écrire de nouvelles paroles et enregistrer une seconde version, en octobre 1975, qui s’est accompagnée d’un tempo plus rapide.

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Au final, est-ce que cette chanson a contribué à faire sortir Carter de prison ?

Indirectement oui. Car ce titre, qui a rencontré un vrai succès dès sa sortie, a permis de mobiliser l’opinion publique américaine au sujet du boxeur, d’autant que Dylan a organisé à cette époque deux concerts afin de lever des fonds destinés à le soutenir. Cet argent a permis de financer des recours et, finalement, à l’issue d’un long combat judiciaire, Rubin Carter sera libéré en 1985, sans pour autant que son innocence soit définitivement établie.

On sait que Dylan continue de donner régulièrement des concerts. Est-ce que Hurricane fait encore partir de son répertoire live ?

Non il ne l’a plus interprété sur scène depuis 1976. Mais ce morceau a traversé les années, en raison de la confusion des sentiments qu’il suggère, pour reprendre une expression de Stefan Zweig : en l’écoutant on a autant envie de danser, en raison de son rythme trépidant, que de pleurer, à l’écoute de ses paroles déprimantes. C’est ce qui explique aussi pourquoi Hurricane a fait l’objet de nombreuses reprises, comme celle-ci signée par la formation belge New Rising Sun.

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Cette reprise a été enregistrée un avant le décès en 2014 de Rubin Carter, à l’âge de 73 ans, des suites d’un cancer de la prostate. Le lendemain de sa mort on pouvait lire dans L’Equipe : « Il n’a jamais été champion du monde et pourtant il figure parmi les boxeurs les plus connus ». Preuve qu’une chanson peut changer la vie d’un sportif, mais aussi sa postérité.