Des supporters français suivent la finale de la coupe du monde de football depuis la fan zone du Champs de Mars en chantant le 15 juillet 2018 à Paris. ©AFP - Marie Magnin / Hans Lucas
Des supporters français suivent la finale de la coupe du monde de football depuis la fan zone du Champs de Mars en chantant le 15 juillet 2018 à Paris. ©AFP - Marie Magnin / Hans Lucas
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Résumé

Comme l’Euro débute vendredi, je vais décrypter chaque semaine, jusqu’à la fin juin, les différents hymnes qui ont été composés à la gloire des plus grandes sélections européennes. On va logiquement commencer notre voyage musical en France, en s’intéressant donc aux titres qui visent à encourager nos Bleus.

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Qu’est-ce qui caractérise ce genre musical dans notre pays ?

Si on compare par rapport à ce qui se fait à l’étranger, les hymnes à l’équipe de France se distinguent par leur caractère tardif (il n’en y a pratiquement aucun avant 1978) et surtout par la place qu’ils accordent à l’humour. En effet, comme les artistes hexagonaux les plus en vue ont longtemps été réticents à afficher leur passion pour le ballon rond, les chansonniers en ont profité pour se positionner sur ce créneau. 

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Ainsi, un peu avant la Coupe du monde 1982, l’humoriste Jean Roucas publie À qui la koukoupe ?, dans lequel il imite une Dalida énamourée de Platini, puis François Mitterrand, avant d’entonner son refrain. Un enchaînement pour le moins surprenant.

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Bien, y-a-t-il d’autres exemples de chansons qui clament « Allez les Bleus » avec humour ?

Oui : dans les années 1980, cette tendance s’est confirmée et pire, elle s’est institutionalisée. Avant le Mondial 1986, la FFF, Fédération Française de Football a choisi comme un hymne officiel Viva les Bleus, un titre entonné par des références de la variétés de l’époque, comme Herbert Léonard ou Didier Barbelivien, avec l’aide de pointures de la galéjade, comme Sim ou Patrick Sébastien, qui lâche d’ailleurs un bon mot au milieu du morceau. 

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Mais tous les hymnes à l’équipe de France n’ont pas non plus été composés que par des humoristes ?

Alors c’est vrai qu’en 2002, la FFF, sans doute lassée des blagounettes, s’est tournée vers la figure du commandeur de la chanson française, Johnny Halliday, qui, on s’en souvient hurlera à qui veut l’entendre : « On est champion / On est tous ensemble / C'est le grand jeu / La France est debout ».

Malgré son succès public, avec 500 000 exemplaires vendus, ce morceau s’est finalement révélé comme le symbole d’une équipe de France trop sûre d’elle, qui cette année-là, a été éliminée dès le premier tour du Mondial. En 2004, la FFF jette son dévolu sur le fade Can You Feel It de Jean-Roch, mais le morceau passe un peu inaperçu. Depuis, les Bleus n’ont plus jamais bénéficié d’un hymne officiel.

Ce qui, j’imagine, a laissé le champ libre aux humoristes…

Exactement. Sébastien Cauet a emporté la mise en 2006 avec son fameux Zidane y va marquer, avant de laisser place, au duo Omar et Fred, qui, en 2010, déguisés en Télétubbies, chantonnaient « Bleu Blanc Rouge, il faut gagner les Français ! ». Parallèlement, depuis 15 ans, de plus en plus d’humoristes s’amusent à détourner des standards de la chanson française pour décrypter l’actualité footballistique. De sorte qu’en 2008, les Bordelais de 3515 Polyprod ont marqué les esprits en s’inspirant d’un tube de Daniel Balavoine pour décrire le mal-être de David Trezeguet, non retenu à l’Euro par Raymond Domenech.

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Pour le coup, c’est assez drôle…

Certes, mais cette persistance à vouloir faire rire au moment d’encourager les Bleus est troublante. Elle nous ramène à vieux débat : la France est-elle un vrai pays de football ? Autrement formulé : est-ce que notre pays considère ce sport comme une culture respectable, avec des valeurs et une histoire qui lui sont propres ? A l’écoute par exemple des titres de Jean Roucas ou de Sébastien Cauet, on peut en douter.

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