vidéo
France Inter
France Inter
Publicité
Résumé

Les télétravailleurs reviennent au bureau mercredi. Beaucoup angoissent, d’autant que certains vont retrouver un « flex office », un open-space sans bureau fixe…

En savoir plus

Pendant des mois on a fait comprendre aux employés que leur présence n’était pas essentielle. Mercredi, sans bureau personnellement attribué, on va leur faire comprendre qu’ils sont en plus interchangeables. Ces employés pensaient retrouver leur vie d'avant, celle dans laquelle ils ont leur propre espace de travail avec un cadre pour la photo du chien et un mug « Meilleur employé du siècle ». Et mercredi, ils vont réaliser que cette vie-là, ils ne la retrouveront pas. 

Quand elle va revenir au travail, Jacqueline de la compta verra Patrick assis à la place de Marie-Jo, Loïc au bureau de Michel, lui-même installé sur un pouf, l’ordinateur sur les genoux… Car Michel est arrivé trop tard ce matin pour pouvoir s’asseoir… Dans 20% des entreprises il y aura sept bureaux pour dix employés, on appelle ça le « flex-office », ou le « flexi-desking » alors qu'en français on aurait plutôt tendance à appeler ça « le gros bordel ». C’est comme ça quand on devient interchangeable, il y a le mot « flexibilité » qui apparaît et ça, c’est jamais bon signe. 

Publicité

Avant, quand on arrivait au boulot et qu’on trouvait quelqu’un d’autre assis à sa place, le message était clair. Aujourd’hui non, c’est tendance, c’est cool, c’est le flex-office… Tout est flex : avec le vélib’ tu chopes le premier vélo dispo, pareil avec la trottinette électrique, et maintenant le bureau. Sauf que là, si t’arrives le dernier, ben t’as plus de place pour brancher ton ordinateur. Alors y’a plus qu’à attendre qu’un collègue aille aux chiottes pour lui piquer son bureau. De toute façon, la flexibilité, ça permet de bosser directement depuis les toilettes de l'entreprise. 

Et évidemment, on se doute bien que le préfixe « flex » vise plutôt les salariés que les dirigeants. Mais la porte de leur bureau vous sera toujours grande ouverte ! Jusqu’au jour où vous serez viré, et là, l’avantage, c’est qu’il n’y aura même plus besoin de faire des cartons. 

Si je résume, le matin, il faut trouver une place assise dans le bus ou choper une place de parking. Le soir, il faut espérer trouver une place en terrasse. Et maintenant, entre les deux, il faut pouvoir trouver un bureau de dispo. Aujourd'hui il faut arriver le premier pour être le mieux placé. C'est comme si on allait tous les matins à un concert de Beyonce, mais à la place de voir Beyonce, on fait des photocopies et des tableaux Excel. 

Mais dans le fond, grâce au télétravail, on a la chance de se sentir au boulot lorsqu'on est chez soi. Alors pourquoi vouloir se sentir chez soi quand on est au boulot ?impot journaliste affilié

Références

L'équipe

Charline Vanhoenacker
Charline Vanhoenacker
Charline Vanhoenacker
Charline Vanhoenacker