Blanquer contre la menace woke

Charline
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Charline ©Radio France
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Jean-Michel Blanquer a inauguré hier un « tink tank » pour lutter contre le « Wokisme »…

Vous comprenez vraiment ce que vous venez de dire, Nicolas ? Pas du tout, c’est bien ce qui me semblait. Pourtant c’est un fait, relaté par les titres des journaux : « Blanquer crée un think thank pour lutter contre l’idéologie woke et il propose de revenir à l’apprentissage du latin et du grec. » Excellente idée, c’est grâce à la racine des mots qu’on va peut-être finir par piger ce qu’il essaye de nous dire… 

« Woke », déjà, ça vient des Etats-Unis : ça désigne les gens qui sont indignés par le racisme, le sexisme ou l'homophobie. Jusqu'à présent, on appelait ça... “des altruistes”. Mais depuis six mois, c’est plus des altruistes, c’est des « woke ». C'est simple, ça fait quatre lettres, c’est déjà cinq de moins que dans « Bien pensant » (une insulte synonyme de « woke »). 

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C’est comme pour « cancel culture », c’est un anglicisme... C'était la mode y'a dix ans aux Etats Unis, donc on a encore dix ans de retard. Après, il ne faut pas s'étonner qu'ils se disent : « On va leur piquer leur contrat de sous-marins à ces gros ringards ».

En France, « Woke » c’est devenu le seul mot pour désigner des tas de choses : les magasins bio, le dernier single de Camélia Jordana, le vélo électrique, le chroniqueur de France Inter… On reproche à la gauche de caricaturer, mais au moins, elle fait la distinction entre les racistes, les homophobes, les capitalistes, les misogynes... Chaque adversaire est rangé dans son tiroir et tout le monde est à sa place. 

Et donc, autre innovation : Blanquer a créé un « think tank ». Parce que ça fait deux mois qu’il n’a pas publié de livre, alors que visiblement ministre ça laisse du temps libre… Et il part en croisade contre ce qu’il considère comme « une menace pour la France et sa jeunesse ». Ce qui signifie que le wokisme serait plus dangereux que l’extrême-droite. Alors je voudrais lui dire : mon Jean-Mi, on va te soutenir, t’en fais pas. On a toujours été là. C’est vrai, quand t'as annoncé que jamais les écoles fermeraient et que 10 jours plus tard tout fermait, on était là. Quand t'as dit que le masque ne serait pas obligatoire et que les gamins le portent dès 6 ans, on était là aussi. Quand tu dis « mon think tank lutte contre le wokisme »… je te promets on va essayer de te défendre… Mais aide-nous un peu,  aussi. 

Parce que, dans quelques années, dans les cours de récré, on dira : « Et toi t'as qui en cours de lutte contre le wokisme ? » / « M’sieur. Barbier, celui avec l'écharpe rouge. » /  « Ha ok. Bon je te laisse, j'ai TP de défense contre l'écriture inclusive. » Car si les élèves commencent à prendre conscience des discriminations, ça va donner quoi comme adultes ? Des citoyens éveillés et tolérants ? Quelle horreur. 

Et puis son think thank, Jean-Mi l’a appelé « Le Laboratoire de la République ». Pourquoi pas… mais attention : un laboratoire, on sait jamais ce qu’il peut s’en échapper.

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