Sophia Aram en studio
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Sophia Aram en studio ©Radio France
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Résumé

Je n’ai aucune compétence politique, la dernière campagne que j’ai menée est celle de 88, année de mon accession au poste de déléguée de 3eme4 du collège Youri Gagarine…

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Mais je suis sûre d’une chose : 

C’est qu’il ne m’aurait pas fallu trois jours pour comprendre qu’ouvrir une campagne électorale en encourageant l’ensemble des votants nés entre 1943 et 1960 à ne pas voter pour moi était au minimum… un peu con.

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C’est même tellement évident qu’il suffit pour le comprendre de ne pas être bête à bouffer du foin, même bio, à l’instar de Julien Bayou publiant vendredi dernier son tout nouveau slogan de campagne je cite : 

Pour défendre leurs propres intérêts, beaucoup iront voter en juin prochain. Et pour défendre le climat, est-ce que vous, vous pourrez voter ?

Je vous jure qu’il m’a fallu lire et relire la suite pour le croire mais parmi ceux que l’endive du jeunisme biodégradable désigne comme « défendant leur propre intérêt plutôt que le climat », une image de quatre retraités aux cheveux gris, rigolant sur une plage, accompagnée du slogan : 

« Les boomers eux, ont prévu d’aller voter ».

Si, si, je vous jure, et en plus ils sont en train de…. Rigoler et tout… pendant que la planète brûle !!! 

Bref, comme quoi, on peut avoir 40 ans tout mouillé, avoir la vivacité d’esprit d’un puceau embrumé par de trop longues soirées à s’astiquer le bulbe et… mettre trois jours à comprendre que l’on vient de se tirer une balle dans le pied avec l’opiniâtreté d’un chasseur aviné. 

Le plus drôle c’est qu’après que Julien Bayou ait désigné 1,5 millions de boomers d’Île de France comme étant le « mal absolu », Sergio Coronado, autre génie sans phosphate du suicide politique, s’est empressé d’élargir l’assiette aux 20 millions de boomers qui polluent visiblement le corps électoral en venant faire l’explication de texte de la campagne ouvrez les guillemets : 

« Ok boomer » peut être résumé par « Votre génération a connu le plein emploi, elle a consommé sans limites, n’a pas pris soin de la planète et vous voulez encore nous expliquer ce que nous devrions faire ? Vous avez échoué. Laissez-nous gérer maintenant ».

Comme quoi, à 50 ans tout mouillé, on peut avoir participé aux deux pires campagnes présidentielles pour les verts et enjoindre à près de 20 millions d’électeurs de la fermer, au nom de leur ”échec collectif”.

Je ne sais pas s’ils ont conscience que le bilan carbone de leur parole politique est à peu près équivalent à celui d’un concessionnaire de 4x4 diesel… mais ce serait chouette que nos deux chantres de l’écologie pré-pubères réfléchissent un peu, ça éviterait de devoir se confondre en excuse du genre : 

”je l’ai publié sur mon compte Twitter et Facebook, mais j’avais pas bien vu” ou “de toute façon, j’étais pas d’accord avec cette campagne ”… 

Alors puisque visiblement l’appartenance à une classe d’âge constitue une ”communauté” suffisamment cohérente pour être désignée comme coupable de défendre ses intérêts plutôt que la planète, j’aimerais rassurer les auditeurs qui n’auraient pas la chance comme Julien Bayou et Sergio Coronado d’être nés après 1960… pour leur dire que ce serait chouette que tout le monde, boomers ou non, prennent soin au cas où ils en auraient envie, de faire la différence entre la nécessité de préserver l’eau du bain de la planète, et celle de jeter les bébés qui visiblement, viennent de faire dedans. 

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