Tomas Saraceno
Tomas Saraceno ©AFP - Georg Hochmuth
Tomas Saraceno ©AFP - Georg Hochmuth
Tomas Saraceno ©AFP - Georg Hochmuth
Publicité

En 2013-2014, Xavier de la Porte a suivi de loin la naissance d’un truc qui s’appelait “L’Internet inter-espèces.” C’était un projet qui reposait sur un principe simple : après l’internet reliant les ordinateurs, après celui reliant les objets, il faut créer un internet reliant les espèces.

En gros, l’idée qui présidait, c’était que les humains ne soient plus les seuls sur internet.

Dis comme ça, ça pouvait paraître un peu dingo, mais l’attelage d’humains à l’initiative du projet lui donnait un peu de crédibilité : Diana Reiss, une chercheuse reconnue en sciences cognitives (spécialiste des dauphins), Vinton Cerf, un des pères de l’Internet récompensé du prix Turing en 2004, Neil Gershenfeld, qui est un chercheur super renommé et à l’initiative des Fablabs, et Peter Gabriel, le musicien.

Publicité

Pendant quelque temps, j’ai suivi l’Internet interespèce de loin. Mais j’ai vite eu l'impression que le truc était mis en sommeil. Je me suis donc intéressé à une autre discipline qu’on appelle l’interface animal-machine, une discipline qui consiste à créer des outils techno qui permettent aux animaux d’interagir avec des ordinateurs (par exemple des maisons intelligentes ou des jouets interactifs pour éléphants). Ce me semblait un peu plus sérieux que l’Internet inter-espèce, même si les buts ne sont pas si éloignés.

J’en étais là, quand, à la fin de l’été, mon intérêt pour l’Internet inter-espèce a été relancé de manière tout à fait inattendue.

Dans la campagne mâconnaise, sous les arbres de la Manufacture d’idée, j’assistais à une conférence d’un artiste argentin du nom de Tomas Saraceno. Il est très connu Saraceno, pour son travail avec les araignées, en bordure de l’art et de la science. Fin 2018-début 2019, il a fait une exposition au Palais de Tokyo à Paris, qui a fait parler d’elle parce que s’y mêlaient des œuvres plastiques, architecturales avec des toiles d’araignées, et que c’était   très beau.

Et voici que pendant la conférence sous les arbres, Tomas Saraceno se met à parler de l’Internet inter-espèce, le truc auquel je m’étais intéressé il y a des années, dont je pensais qu’il avait disparu dans les limbes, et qui restait dans mon esprit comme une sorte de blagues… eh bien pas du tout. Tomas Saraceno a été invité à la dernière session, en juillet.

L’Internet Inter-espèce est donc vivant, plus vivant que jamais.

Là, j’ai sauté sur l’occasion. Pouvoir discuter avec quelqu’un qui a participé à ce truc, qui puisse raconter ce qui s’y fait, c’est un miracle.

J’ai donc alpagué Tomas, l’ai traîné au fond du parc et lui ai demandé de me raconter ce qu’il avait entendu là-bas….

L'équipe