La cyberguerre n'aura pas lieu

La cyberguerre n'aura pas lieu
La cyberguerre n'aura pas lieu ©Getty - seksan Mongkhonkhamsao
La cyberguerre n'aura pas lieu ©Getty - seksan Mongkhonkhamsao
La cyberguerre n'aura pas lieu ©Getty - seksan Mongkhonkhamsao
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Au-delà de l'horreur et de l'indignation, cette guerre en Ukraine, me plonge dans une grande perplexité. A l’exception de quelques armes de pointe - drônes, missiles hypersoniques - les technologies n’affectent pas profondément la forme du conflit.

J'ai l'impression de voir se dérouler une guerre comme on en a toujours vu. Avec son lot de soldats morts, de massacres de civils, de bombardements, avec ses fils de chars qui s'étirent dans des paysages en ruine, ses problèmes de logistique et des sièges de ville que certains qualifient de “médiévaux”. Bien sûr, la propagande y joue un rôle central, mais à part qu’elle engage les réseaux sociaux et autres outils numériques, elle ne semble pas servir des buts très différents de toute propagande en temps de guerre.

Ce qui me rend perplexe, c’est l’impression qu’à l’exception de quelques armes de pointe - drônes, missiles hypersoniques - les technologies n’affectent pas profondément la forme du conflit. Quand l’invasion a commencé, j’avais les yeux rivés sur le cyber, les attaques de sites internet, les virus, les frappes contre les infrastructures. J’ai attendu que les Russes fassent tomber l’Internet ukrainien, qu’ils mènent une véritable cyberguerre. Il y a eu des choses, bien sûr, mais pas tant que ça.

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On peut arguer de la bonne résistance numérique des Ukrainiens, sans doute bien préparés. On peut aussi en déduire que les Russes ne sont pas aussi armés numériquement qu’on ne le pensait. Ces deux explications valent sans doute.

Mais il y en a peut-être une autre, non exclusive des deux précédentes. Et s’il y avait plus de permanence qu’on ne le croit dans la guerre. Et si le cyberespace n’était pas un lieu si central dans la conflictualité guerrière ?

Pour répondre à ces questions, j’avais besoin de quelqu’un qui les examine depuis la doctrine militaire. Et j’ai trouvé.

Bertrand Boyer est colonel dans l’armée de terre. Depuis plusieurs années, il s’intéresse à l’aspect cyber de la guerre, il a écrit plusieurs livres, dont le dernier est Guerilla 2.0 publié aux éditions de l’Ecole de guerre. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est qu’il est posé, qu’il est dialectique et qu’il aime plonger dans l’Histoire. La preuve. J’ai commencé par une question assez banale, en lui demandant ce qu’il le frappait dans ce conflit. Et tout de suite, il est remonté dans le temps.

Bien sûr, la propagande y joue un rôle central, mais à part qu'elle engage les réseaux sociaux et autres outils numériques, elle ne semble pas servir des buts très différents de toute propagande en temps de guerre.

L'équipe

  • Production : Xavier de la Porte
  • Réalisation : Fabrice Laigle

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