La pandémie a-t-elle changé notre rapport au bonheur ? ©Getty - The Good Brigade
La pandémie a-t-elle changé notre rapport au bonheur ? ©Getty - The Good Brigade
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Résumé

La Covid-19 n'a pas seulement changé nos vies, elle a modifié en profondeur ce qui nous rend heureux. Désormais, quels sont les ingrédients du bonheur des Français ?

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Il est frappant de voir les publicité dans les transports en commun. Parmi les slogans auparavant, on lisait «et si vous partiez visitez la baie de Rio ? ». Après le Covid c’est « et si vous partiez visitez la baie de Somme? ». Les monts himalayens ont eux aussi étés remplacés par leur homologues Français : les monts du Forez. Nous avons changé d’exotisme, nous préférons la proximité, le télétravail et recherchons des métiers désormais en quête de sens. On le voit cet été avec la difficulté des employeurs à recruter. On ne peut pas douter, notre bonheur a changé mais il a toujours été difficile de le définir.

Selon un sondage « World Happiness Report" qui prend en compte différente données du pays , nous n’aurions jamais été aussi heureux : la Français occupe la 20ème place sur 40... Mais à quel point le Covid nous a fait réfléchir sur notre bonheur ? Nous croulons sur les livres et les méthodes de développement personnel , une nouvelle passion française ? Que va-t-on faire du cliché du Français déprimé ?

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Extraits de l'entretien

Une remise en question
Reconversion, installation à la campagne, séparation… Les remaniements post-confinement et crise sanitaire du Covid-19 sont nombreux. Pourquoi ?
Pour Nathalie Rapoport-Hubschman, ces changements radicaux de vie après la crise sont  « comparables à ceux que font les personnes confrontées à la maladie ou à une catastrophe naturelle... Les traumatisés s’interrogent, et réévaluent leur priorité. Et souvent ils trouvent l’énergie pour changer de vie, de travail ou de conjoints… On le constate aussi chez les jeunes qui refusent les journées à rallonge, ou les jobs ennuyeux : ils hiérarchisent leurs priorités ».
Vivre sa propre vie
Au moment de la crise sanitaire, la mort était très présente. Alexandre Jost rappelle que « l’un des grands regrets des mourants est d’avoir vécu leur vie selon des critères voulus par d’autres ». D’où l’importance des reconversions professionnelles. Ce que Jonathan Lehmann approuve : « J’étais avocat d’affaires. Je me suis rendu compte que j’étais en train de vivre une aspiration qui n’était pas la mienne. Mais, il a fallu que je souffre beaucoup pour franchir le pas. Peut-être que ce confinement a apporté une dose de souffrance suffisante à certains pour qu’ils se lancent. »
Des changements de valeurs
Même si Alexandre Jost met en garde contre une vision peut-être privilégiée du bonheur, Nathalie Rapoport-Hubschman a constaté « un recentrage des individus sur des choses plus pérennes. Comme les sorties n’étaient plus disponibles, on a, par exemple, pris la mesure de ce qu’on pouvait faire avec du temps disponible. ». Fabrice Midal ajoute : « On vit dans une société, où on nous demande toujours plus. Or prendre soin de moi, n’est pas accessoire. Et peut-être que là, les gens ont pu se poser. »

Jonathan Lehmann pense, lui, que le confinement a poussé à voir les choses autrement : « Il y a une remise en cause de la compétition, et de l’aspect hiérarchique. Les gens veulent être moins dans la comparaison, mais plus dans la collaboration. » Alexandre Jost : « Une étude a montré que l’on a tendance à surévaluer la satisfaction qu’apportent les biens matériels. La nature peut nous apporter des bienfaits émotionnels plus forts. »

La suite est à écouter...

Avec nous pour en parler

Pour en savoir plus sur la Fabrique Spinoza

La Fabrique Spinoza organise cet automne la 2e session des Bienheureux, des ateliers du bonheur inspirés de la Science, et tournés vers des enjeux pratiques du quotidien : Argent, Travail, Nature, Sexe, Logement, etc. Plus d'infos sur www.lesbienheureux.org/

Elle publie également cette rentrée une étude "Nouveaux espaces de travail et expérience collaborateur : une révolution stratégique revisitée à l’aune de la crise Covid".

Références

L'équipe

Anaïs Ponsin
Stagiaire
Benjamin Woodcock
Réalisation
Théo Raizon
Réalisation
Victorien Thomas
Production déléguée
Stéphanie Valois
Production déléguée