Fin de vie : choisir sa mort doit-il être un choix ?
Fin de vie : choisir sa mort doit-il être un choix ? ©Getty - Anjo Kan
Fin de vie : choisir sa mort doit-il être un choix ? ©Getty - Anjo Kan
Fin de vie : choisir sa mort doit-il être un choix ? ©Getty - Anjo Kan
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Mourir dans la dignité, c'est un débat de longue date en France. Par l'euthanasie ou le suicide assisté, toujours interdit, ou par la sédation profonde, soumise à de stricts critères, la fin de vie en contexte de maladie reste compliquée. Alors, choisir sa mort doit-il être un droit ?

Avec
  • Emmanuel Hirsch Professeur d'éthique médicale à la faculté de médecine de l'université Paris-Saclay
  • Philippe Loheac Délégué général de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)
  • Marion Broucke infirmière dans une unité de soins palliatifs à l'hôpital Paul Brousse (Villejuif), à l'origine de l'"Appel des soignant.e.s de terrain aux députés qui veulent légaliser l’euthanasie"

Le débat sur la fin de vie a été relancé en avril dernier avec la proposition de loi du député Olivier Falorni pour donner le droit “à une fin de vie libre et choisie”, dont l’examen n’a pas pu aboutir, par un trop important d’amendements. L’euthanasie et le suicide assisté restent illégaux en France, contrairement en Europe aux Pays-Bas, à la Belgique, au Luxembourg et désormais à l’Espagne qui vient de dépénaliser ces parcours de fin de vie. 

"La loi en Belgique est en adéquation avec l'écoute du patient et le choix de sa mort : c'est lui qui décide"

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raconte François Damas, médecin belge, pratiquant l'euthanasie.

En France, ils restent interdits alors que 93 % des français considèrent que la loi devrait autoriser le médecin à mettre fin, sans souffrance, à la vie des personnes atteintes de maladies incurables ou insupportables, si elles le demandent. 

"C'est en fait une véritable démocratie sanitaire, dans laquelle il faut respecter la volonté du patient, au centre des décisions". 

explique Philippe Lohéac, pour qui il s'agit de "mourir dans sa propre liberté, dans sa volonté". 

Ainsi 

"le patient doit être respecté dans son refus d'aller trop loin dans les traitements, notamment en cas de souffrance"

explique Marion Broucke. 

Mais « est-ce le rôle de la médecine de donner la mort ? ». C'est cette question que se posent certains, et qui tentent d'y répondre en avançant le besoin d’accompagner la fin de vie plutôt que de la précipiter, avec des craintes d'en faire une sorte de norme. La sédation profonde et continue pour les patients dont le pronostic vital est engagé à court terme, que permet la loi Leonetti (2016), reste insuffisante pour beaucoup. Pourtant une nouvelle loi serait-elle vraiment la solution ?  

"Est-ce qu'une loi apportera vraiment la réponse à une question humaine, démocratique et digne ?"

interroge Emmanuel Hirsch.

Certaines associations dénoncent l'hypocrisie d'une aide à mourir passive quand eux la demandent active. Le sujet, au centre de plusieurs films récents dont le dernier de François Ozon, présenté à Cannes, est chronique, douloureux, éthique, intime, et sensible. Parler ouvertement de la mort semble encore tabou, et le débat est complexe.

Avec nous pour en parler : 

  • Philippe Lohéac, délégué général de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) 
  • Marion Broucke, infirmière en soins palliatifs à l’APHP et membre de la Société française d’accompagnement et des soins palliatifs (Sfap)
  • Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale, spécialiste de la fin de vie, auteur de Faut-il autoriser l’euthanasie ? aux Éditions First et de Vincent Lambert, une mort exemplaire ? aux Éditions du Cerf
  • François Damas, médecin hospitalier à l’hôpital de la Citadelle à Liège (Belgique), auteur de La mort choisie. Comprendre l’euthanasie et ses enjeux aux éditions Mardaga

Programmation musicale

L'équipe

Camille Crosnier
Production
Thomas Gentil
Collaboration
Valérie Ayestaray
Réalisation
Sophie Peroy-Gay
Collaboration
Adrien Naselli
Collaboration
Colin Gruel
Collaboration