La guerre de l'eau aura-t-elle lieu ? ©Getty - Christophe Lehenaff
La guerre de l'eau aura-t-elle lieu ? ©Getty - Christophe Lehenaff
La guerre de l'eau aura-t-elle lieu ? ©Getty - Christophe Lehenaff
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Résumé

Des réserves d'eau attaquées en Vendée, des jacuzzis vandalisés dans les Vosges, un vol de 400 m3 d'eau dans un bassin de rétention en Ardèche... Alors que l'hexagone croule sous la sécheresse, l'eau que l'on pensait éternelle est fragile. L'or bleu devient-elle une nouvelle source de conflit ?

En savoir plus

Ce qui ressemblait à une blague récurrente pour entamer un deuxième verre de rosé, devient aujourd’hui une réalité : la France à soif .. Plus d’une centaine de communes ont déjà mis en place des restrictions d’eau, l’herbe est brûlée et une majorité de département au sol craquelé subissent les conséquences de la canicule. L’eau que l’on pensait éternelle est une chose fragile ..

S'attaquer au manque d'eau c'est revoir totalement notre modèle de production : 45% de la consommation vient de l'agriculture, c’est préférer des cultures moins assoiffées et c’est aussi faire attention à la consommation du quotidien...Rien de facile..

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On le voit cet été, des réserves d’eau ont été attaqué en Vendée, des jacuzzis vandalisées dans les Vosges, vol de 400 m3 dans un bassin de rétention en Ardèche, l’exaspération monte au risque de créer de nouvelles fractures dans un pays déjà cisaillés par les colères... La guerre de l'eau aura-t-elle lieu ?

Parmi les documents cités dans l'émission, cette vidéo :

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Avec nous pour en parler

  • Marie Pettenati, hydrogéologue au BRGM (Bureau de Recherches Géologique et Minières), spécialiste de la recherche d'aquifère et de la recharge maîtrisée des nappes.
  • Antoine Gatet, vice-président de FNE (France Nature Environnement). Il est spécialiste des politiques publiques de l’eau et représentant de FNE au CESE (Conseil économique, social et environnemental), groupe Environnement et Nature, membre du directoire du Réseau Juridique.
  • Jean Launay, président du Comité National de l’Eau, ancien élu local et ancien député.
  • Sylvain Barone, spécialiste des politiques de l'eau à l'Institut National de Recherche pour l'agriculture, l'Alimentation et l'Environnement (INRAE)

Extraits de l'entretien

Quelles sont les solutions pour éviter les sécheresses ?

Se restreindre

Pour l’hydrogéologue au BRGM (Bureau de Recherches Géologique et Minières), Marie Pettenati : « Restreindre sa consommation d'eau est la première solution, c'est celle qu'il faut respecter. Sur le dernier bulletin hydrologique on l’a vu. Les restrictions mises en place ont une incidence directe sur le ralentissement de la baisse du niveau des nappes. »

Changer le modèle productiviste agricole

Le spécialiste des politiques de l'eau à l'Institut National de Recherche pour l'agriculture, l'Alimentation et l'Environnement (INRAE) Sylvain Barone, rappelle que « la consommation nette d'eau concerne à 45% l'agriculture et cela monte à 80 % l'été. Il faut revoir notre modèle agricole, d’autant que si les eaux utilisées par les particuliers, sont rejetées, les eaux agricoles sont absorbées.

Et se pose la question de comment accompagner ce changement de modèle, cette évolution vers des cultures moins gourmandes en eau, comment on favorise l'agroécologie beaucoup plus qu'on ne le fait aujourd'hui, et comme le fait la PAC. D’autant que souvent les agriculteurs ont investi, et sont pris dans des relations de dépendance avec les groupes agroalimentaires avec lesquels ils signent des contrats dans lesquels ils s'engagent sur certaines productions. Ils s'engagent parfois également à irriguer leurs cultures. »

Faire travailler la science

2 min

Au-delà des petites mesures à prendre pour baisser la consommation d'eau comme diminuer les douches, récupérer les eaux de pluie dans son jardin, des solutions sont à mettre en œuvre à plus grande échelle. Marie Pettenati estime que c'est aussi « Au niveau de la recherche de trouver les bonnes solutions, et notamment en agro-écologie. On trouver comment réduire le besoin en eau de certaines plantes, des moyens d'adapter les cultures au climat, des solutions pour des moyens d'irrigation plus performants. Il existe aussi des solutions palliatives, comme utiliser d'autres ressources en eau, comme les eaux usées traitées, et aussi des moyens de stockage d'eau dans les aquifères (sol ou roche réservoir originellement poreux ou fissuré, contenant une nappe d'eau souterraine et suffisamment perméable pour que l'eau puisse y circuler librement). »
Faire de la pédagogie
Antoine Gatet : « C'est sûr que l'éducation et la sensibilisation dès l'enfance aux économies d'eau est primordial. Et c’est à faire auprès de l'usager individuel, du consommateur, mais aussi de l'usager économique, quelle que soit la nature de son activité économique, y compris l'agriculture. »
Concernant aussi l’usage des eaux usées traitées, Marie Pettenati a constaté : « qu’à partir du moment où les gens sont au courant d'où provient leur eau, qu'ils savent quelle est la filière de traitement, comment l'eau arrive jusqu'aux robinets, il n'y a plus de barrière psychologique, ils l'acceptent. »

Accroitre la fiscalité de l’eau

Antoine Gatter ajoute qu'il faut revoir la question de la taxation des usages. « Aujourd'hui, ce n'est pas les principaux consommateurs qui payent les politiques de l'eau en France, c'est le particulier qui n'est pas le principal consommateur. Donc il faudrait commencer par taxer les usages de consommation massive et en particulier l'agriculture irriguée. »

Mais aussi :

  • Conditionner l’obtention des permis de construire à la fois à la mise en place d'une citerne et aussi d'une serre.
  • Récupérer l’eau de pluie de façon plus systématique par les collectivités locales
  • Renforcer la police de l’eau

Aller plus loin

Un site d’information sur la sécheresse

Références

L'équipe

Anaïs Ponsin
Stagiaire
Benjamin Woodcock
Réalisation
Théo Raizon
Réalisation
Victorien Thomas
Production déléguée
Stéphanie Valois
Production déléguée