Portrait du Maréchal Philippe Petain, vers 1916-1917 ©AFP - Costa / Leemage
Portrait du Maréchal Philippe Petain, vers 1916-1917 ©AFP - Costa / Leemage
Portrait du Maréchal Philippe Petain, vers 1916-1917 ©AFP - Costa / Leemage
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Résumé

Qui était Philippe Pétain ? Forgé par une éducation solitaire, dépourvue d'amour familial et maternel, comment le vainqueur de Verdun s'est appuyé sur ses manques originels et son parcours militaire pour s'arroger la figure du "père de la nation" ? Un podcast de Philippe Collin

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Un orphelin du XIXe siècle

Pour essayer de comprendre le parcours et l'homme Pétain, Philippe Collin vous propose de reprendre depuis le début. D'où vient et qui est Philippe Pétain ? Après avoir rappelé que Philippe Pétain est d'abord un homme du XIXe siècle, Philippe Collin se demande comment cet enfant, originaire d'une famille de cultivateurs, est voué à bâtir son destin sur l'absence de l'amour parental et la quête d'une famille qui puisse lui inspirer ses convictions à venir. Un sentiment de solitude qui conditionne sa manière d'être au monde, sa tendance à la réserve et à la pudeur. Comment il compense ce manque par une vision fantasmée de ce que doit représenter une famille au sein de la société en général ?

La France comme la famille qu'il n'a jamais eu

L'idéal qu'on lui connait, murit progressivement alors que le jeune Philippe doit cultiver seul ses propres ambitions. Il réconforte ses illusions d'enfance perdues en embrassant une carrière militaire, alors que sévit en arrière fond le traumatisme de la défaite la France face à la Prusse.

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S'il était bon compagnon et aimait profondément les enfants, l'absence de sa mère et d'une éducation parentale confortent son désir de ne pas avoir de descendance, si ce n'est la France elle-même. Une nation réduite à l'idéalisation de la mère aimante qu'il n'a jamais eue - et qu'il honore en ritualisant la fête des mères - et, d'un autre côté, ce père protecteur qu'il a toujours regretté, qu'il entend incarner en s'imposant bientôt comme le "père de la nation".

Sous le régime de Vichy, cette vision fantasmée, traditionnelle et sacrée de la famille qui lui aura manquée, constitue un enjeu central dans son projet politique. S'il commence par s'en trouver une au sein de l'armée, la discipline militaire conditionnera ses manières d'agir et de concrétiser ses convictions jusqu'à mai-juin 1940, en incarnant la figure du père de la nation. Comment a-t-il donc imposé l'idée que la famille était l'ultime salut de la patrie et de l'ordre ?

Intervenants

Bénédicte Vergez-Chaignon, historienne et biographe de Philippe Pétain.

Eric Alary, historien et spécialiste de la France sous l’Occupation.

Reportage de Martine Abat, journaliste chez France Inter sur l’île d’Yeu le 23 juillet 2021 pour les 70 ans la mort de Pétain.

Équipe

Production et récit : Philippe Collin
Réalisation : Violaine Ballet
Lecture : Charles Berling
Assistance éditoriale : Irène Ménahem et Frédéric Martin.
Documentation sonore : Isabelle Fort-Rendu et Romain Couturier
Reportage : Martine Abat
Mixage : François Saint-Geours

Références

Archives sonores

Mesdames, Messieurs, le Maréchal vous parle ! 1940
Premier message aux français du Maréchal Pétain, juin 1940
Vive le Maréchal ! Accueil de prisonniers à Roanne, 1941
Zig Heil ! Discours d'Adolf Hitler, 1943
Serment des légionnaires. Arrivée de Pétain à Saint-Etienne, 1941
Ici Vichy, 1943
Pétain certitudes éternelles. Prestation de serment du Conseil d'Etat à Royat, 1941
Maréchal nous voilà. Rediffusion du dernier Editorial de Philippe Henriot, 1944
"C’est moi seul que l’histoire jugera". Le lancement de la collaboration avec l'Allemagne, octobre 1940
Cauchy à la Tour, 1941
Noël à Vichy. Le noël du Maréchal, 1942
Chant religieux, 1972
Saint Cyr, 1958
Mère de famille française. Message de Pétain aux mères de France, mai 1941
La Natalité en baisse, 1939
Les mamans, 1943
Mère de France. Message de Pétain aux mères de France, mai 1941
Les jeunes filles et le muguet. Audience des jeunes filles d'Ambazac, 1943
Ossuaire de Douaumont. Inauguration de l’ossuaire de Douaumont, septembre 2019

Films

"Jeux interdits" de René Clément, 1952
"En mai fais ce qu’il te plaît" de Christian Carion, 2015
"Séraphine" de Martin Provost, 2008
"La vie et rien d’autre" de Bertrand Tavernier, 1989
"Les alsaciens ou les deux Mathildes" de Michel Favart, 1996
"L’Apollonide : souvenirs de la maison close" de Bertrand Bonello, 2011
"Portrait de la jeune fille en feu" de Céline Sciamma, 2019
"Les Thibault" de André Michel et Alain Boudet, 1972
"Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet, 2004
"Philippe Pétain" un documentaire de Paule Muxel et de Bertrand De Solliers, 2010
"Pétain" de Jean Marboeuf, 1993
"Une affaire de femme" de Claude Chabrol, 1988
"J’accuse" de Roman Polanski, 2019