Le comédien Jean-Louis Trintignant en Italie en 2012
Le comédien Jean-Louis Trintignant en Italie en 2012 ©Getty - Guido Marzilla
Le comédien Jean-Louis Trintignant en Italie en 2012 ©Getty - Guido Marzilla
Le comédien Jean-Louis Trintignant en Italie en 2012 ©Getty - Guido Marzilla
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Jean-Louis Trintignant s’installe à l’Odéon-Théâtre pour faire entendre les poètes Jacques Prévert, Robert Desnos et Boris Vian. Le comédien raconte à François Busnel sa passion pour la poésie. Il se confie aussi sur sa carrière et sur la mort.

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Jean-Louis Trintignant est un homme qui doute. Aujourd’hui encore, il ne peut expliquer pourquoi il est devenu comédien. Mais quand il s’agit de poésie, il ne doute pas.

Jean-Louis Trintignant et la passion de la poésie

Jean-Louis Trintignant aime la poésie parce qu’elle est une forme littéraire concise. Aussi légère que la musique : “un vers dit en une phrase ce qu’un roman dit en un chapitre.”

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La poésie se goûte à haute voix : “la poésie doit être lue avec la voix mais pas avec les yeux,” dit Trintignant.

Trintignant choisit trois poètes : Prévert, Vian et Desnos. Ce sont des libertaires, des anarchistes qui “aiment la vie, les mots, les gens, les petites gens”, explique le comédien, et surtout “ils racontent légèrement des choses graves.”

Regarder la mort en face

Trintignant a privilégié “l’amour” et la “mort” pour faire un choix dans la masse des poèmes qu'il lit sur scène. “La mort, c’est le sujet le plus important” affirme le comédien. Pour lui, les poètes qui ne parlent pas de la mort sont des petits poètes. 

Jean-Louis Trintignant a déjà sérieusement pensé au suicide : “solution logique et simple.” Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? “Les enfants, la vie, l’amour.”

Le métier de Jean-Louis Trintignant, c'est faire du théâtre

Jean-Louis Trintignant n’hésite pas entre le théâtre et le cinéma : “Je préfère le théâtre.” Il ne connaît pas de comédien qui préfère le cinéma : “Notre métier c’est de faire du théâtre”. La “vanité” et la “cupidité” sont les seules raisons de faire du cinéma.

Jean-Louis Trintignant ne se fait pas de cadeau. Sur son métier de comédien, il est "à chier” dans les années 1950, “moins bon que Brigitte Bardot et moins joli aussi” dans Et Dieu ... créa la femme.

Ce n’est qu’à partir d’Un homme et une femme de Claude Lelouch qu'il se projette comédien. Il reste modeste malgré tout : “J’ai progressé petit à petit mais ça a été long et difficile. D’autres auraient abandonné.”

Trintignant le clame : "garder une âme d’enfant” est la clef du métier de comédien. Mais comment a-t-il gardé son âme d’enfant ? demande François Busnel. C’est simple, répond-il : “Je refuse d’être intelligent, je préfère être sensible.”