La crise économique frappe le Liban et risque de s'aggraver avec la guerre en Ukraine ©AFP - ANWAR AMRO
La crise économique frappe le Liban et risque de s'aggraver avec la guerre en Ukraine ©AFP - ANWAR AMRO
La crise économique frappe le Liban et risque de s'aggraver avec la guerre en Ukraine ©AFP - ANWAR AMRO
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Résumé

La guerre en Ukraine pourrait avoir un impact sur les populations des pays du Moyen-Orient notamment.

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Egypte et LIban achètent en temps normal la quasi totalité de leur blé aux Russes et aux Ukrainiens. Dans la région, la stabilité de certains pays est en jeu.

On évoque ces derniers jours pour l'Europe les conséquences énergétiques de cette guerre, pour ses approvisionnements en gaz et en matières premières (titane, nickel, etc..). Mais une autre région du monde, plus loin de cette guerre s'inquiète également, c’est le Moyen-Orient. La Russie et l’Ukraine sont en effet des producteurs de blé et d’huile de tournesol absolument essentiels pour tous les pays de cette région. L’Egypte et le Liban, par exemple, importent 90% de leur blé de Russie et d’Ukraine. C’est la sécurité alimentaire et la stabilité de ces pays qui sont menacées par ce conflit.

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Le grenier du Moyen-Orient s'évapore

Tunisie, Lybie, Egypte, Liban, Turquie, Algérie, Syrie : partout les autorités tentent de se montrer rassurantes, promettent qu’il y a des stocks pour tenir mais en réalité c’est un vent de panique qui souffle sur tout le bassin méditerranéen.

Réunions d’urgence des gouvernements, recherche tous azimuts de fournisseurs alternatifs, rationnement ou appels à l’aide financière : en quinze jours, le grenier du Moyen-Orient s’est évaporé, tant la région dépend de l’Ukraine et de la Russie pour le blé, la farine, la semoule ou encore l’huile de tournesol.

Pour l’Ukraine, non seulement la guerre a stoppé les exportations des ports de la mer noire, mais la production future est totalement hypothéquée. Pour la Russie, ce sont les sanctions qui minent l’approvisionnement. Difficile d’acheter à un pays coupé du système financier, difficile d’importer alors que les géants du transport maritime boudent désormais le pays.

Les bombes tombent en Ukraine, mais n’épargnent donc pas le Moyen-Orient où la sécurité alimentaire est désormais en jeu. Mêmes subventionnés, les prix du pain et de l’huile commencent à s’envoler; Des pénuries ne sont plus exclues dans les prochains mois, voire les prochaine semaines.  "Risques de troubles sociaux, d’émeutes de la faim" met en garde la banque Mondiale. Le scénario qui avait déclenché les printemps arabes, il y a une décennie.

Références

L'équipe

Alexis Morel
Production
Aurélien Colly
Journaliste