Le poing à peine levé, en remportant la 18e étape du Tour de France, jeudi 21 juillet 2022, le cycliste Jonas Vingegaard a la victoire discrète et élégante. ©AFP - Anne-Christine POUJOULAT
Le poing à peine levé, en remportant la 18e étape du Tour de France, jeudi 21 juillet 2022, le cycliste Jonas Vingegaard a la victoire discrète et élégante. ©AFP - Anne-Christine POUJOULAT
Le poing à peine levé, en remportant la 18e étape du Tour de France, jeudi 21 juillet 2022, le cycliste Jonas Vingegaard a la victoire discrète et élégante. ©AFP - Anne-Christine POUJOULAT
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Résumé

Il n'était pas "taillé" pour devenir champion et pourtant, Jonas Vingegaard est en train d'inscrire son nom dans l'histoire du Tour de France cycliste, il a plus de trois minutes d'avance sur le double tenant du maillot jaune, Tadej Pogacar.

En savoir plus

Il reste encore trois étapes avant le dénouement du Tour de France et la traditionnelle arrivée sur les Champs-Elysées, dimanche 24 juillet 2022. Aujourd'hui, ce vendredi 22 juillet 2022, le peloton retrouvera la plaine avec 188,3 kilomètres de Castelnau-Magnoac, la patrie du rugbyman Antoine Dupont, à Cahors, pour une bataille entre les équipes de sprinteurs et les baroudeurs. Côté favoris, sauf surprise, rien ne devrait bouger avec le maillot jaune Jonas Vingegaard qui a fait un grand pas vers la victoire finale hier, en s'imposant en haut de Hautacam, loin devant son rival, Tadej Pogacar, relégué à 3'26'' au général. Discret jusque dans la célébration, hier, à Hautacam, avec un petit poing serré, que le Danois de 25 ans ose à peine lever au passage de la ligne. Timide, il n'aura aucun cri de victoire non plus. Ecoutez les explications de Fanny Lechevestrier, journaliste à la Direction des Sports de Radio France.

Le poissonnier, champion inattendu

Vingegaard, c'est le coureur qui préfère appeler sa petite amie au téléphone, la ligne d'arrivée à peine franchie plutôt que de poster une vidéo sur les réseaux sociaux, lui qui n'a même pas de compte Twitter. Alors, certains le disent trop lisse, pas assez charismatique pour devenir un champion du Tour, une icône. Un gamin que rien ne prédestinait à devenir héros dans son pays. Vingegaard, c'était le petit garçon frêle qui sur un vélo, au Danemark, ne remportait pas une course, dans un pays désespérément plat où le moindre coup de vent menaçait de l'envoyer dans le fossé. Lui qui ensuite a longtemps cumulé les entraînements et un travail dans une usine à trier les poissons pour assurer ses arrières, ce qui lui vaut encore aujourd'hui le surnom de fisherman.

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L'élégance de la discrétion

Et à ceux qui ne trouvent pas que c'est glamour qu'un poissonnier remporte le Tour, on rappellera qu'un champion n'est pas que celui qui crie le plus fort et qui bombe le torse. Un champion, c'est aussi par exemple celui qui, quand son rival tombe dans une descente, comme Pogacar hier, s'arrête pour l'attendre et pour le battre à la régulière. Cela s'appelle la classe et cela, ce n'est pas donné à tout le monde, même les plus grands.