Jean-Jacques Beineix
Jean-Jacques Beineix ©AFP - Pierre-Franck Colombier
Jean-Jacques Beineix ©AFP - Pierre-Franck Colombier
Jean-Jacques Beineix ©AFP - Pierre-Franck Colombier
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Pour la 2ème partie de notre entretien, le réalisateur nous emmène en Amérique du Nord. Montréal, cette ville qu'il découvre à travers les récits de son père, avant d'y aller lui-même, guidé par une bonne intuition. Et puis New York, à la conquête du cinéma américain où les studios dominent tout.

En 1986, Beineix se rend à Montréal pour recevoir le Grand Prix des Amériques pour 37°2 le matin. Ce n'était pas son premier séjour au Canada : "Le premier avait eu lieu en 1974 avec René Clément pour La cause du lièvre à travers les champs. Et là, j'avais vécu quand même quatre mois à Montréal. Donc là, c'était juste après L'exposition universelle. Donc tourner un film avec René Clément, avec Léa Massari, Jean-Louis Trintignant, Robert Ryan, qui était un acteur américain célèbre des films noirs, notamment. C'était une sacrée aventure."

Le cinéaste retourne donc à Montréal pour ce festival des Films du Monde avec son film 37°2, contre l'avis de son producteur, qui aurait préféré présenter le film à Venise : "Je ne voulais pas aller à Venise parce que je savais qu'à Venise, on ne m'aimerait pas. J'en étais certain parce que c'était toujours les critiques ex nouvelle vague, très radicaux. Et donc j'étais sûr que ça allait mal se passer.

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Je voulais aller à Montréal. Je sentais qu'il y avait quelque chose de bien là bas. C'était une intuition, rien de plus. Et on a gagné le Grand Prix.

Une critique du Los Angeles Globe voit le film lors de ce festival, fait un article dithyrambique qui lance la carrière de 37 2 aux États-Unis. Le cinéaste se sent poussé des ailes et décide de partir à la conquête des Etats Unis. Il ira même s'installer à New York : "Mais j'étais un petit Français. Je me suis rendu compte qu'en fait, on vivait dans un paradis en France, il n'y a pas d'endroit au monde où il y a autant de films. Il y a autant de salles. Un pays dans lequel le statut du cinéaste était autant respecté."

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