Jean-Jacques Beineix ©AFP - Martin Bureau
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Résumé

Les cinéastes de la Nouvelle Vague sont des enfants de l'écrit. Beineix, son écriture, c'est l'image. D'où un malentendu qui l'a poursuivi toute sa carrière. On lui a reproché son esthétique publicitaire. En réalité, il vouait un véritable culte à l'image et lui attribue des pouvoirs poétiques.

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En bon cinéaste, Jean-Jacques Beineix plante le décor... Celui de sa jeunesse d'abord, le Paris des années 50, dans le quartier des Batignolles : voitures à chevaux, glaciers, petits bistrots et cinémas à chaque carrefour...

J'allais un peu plus loin, à la porte de Clignancourt où là, il y avait des spahis. Les spahis, c'étaient des troupes marocaines qui étaient sous les drapeaux français et j'ai le souvenir d'avoir vu des campements avec des chameaux non loin des gazomètres. Tous ces décors, c'est des décors de cinéma.

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Son éducation cinéphilique, Beineix l'a fait dans les salles, très nombreuses dans le quartier à l'époque :

Sur la place Clichy, il y avait cet immense navire amiral qu'était le Gaumont Palace. Cette salle de 4 ou 5 000 places.

Quand vous êtes enfant et que vous rentrez dans un vaisseau pareil, il en faut beaucoup, après, pour vous étonner, c'est un vaisseau spatial.

Les années étudiantes dans les amphis de la fac de médecine qu'il déserte rapidement pour "entrer" dans le cinéma : "Je suis rentré par la plus petite porte qui soit dans le cinéma. J'ai commencé à porter des cafés. Et puis après, ça a été des sandwichs et puis après, j'ai transporté les vedettes dans ma voiture. Et puis, de stagiaire, je suis devenu second assistant, puis premier assistant.

je dois tout au cinéma, d'une certaine manière, c'est mon éducation.

Une passion pour le Japon

Départ pour Tokyo, la ville de tous les fantasmes : un rêve d'enfance pour le cinéaste sans qu'il sache vraiment pourquoi. C'est le cinéma qui lui permet de fouler pour la première fois le sol nippon avec le film Diva :

Je pars pour Tokyo et le film fait un triomphe et je tombe amoureux d'une Japonaise. Et ça a été une histoire absolument extraordinaire

"Je fais ma première ascension du Fujiyama. Je vais à Kyoto, je vais à Kobé, je vois l'ikebana, je vis à Tokyo, je suis Tokyoïte. C'est magnifique. C'est un peu le couronnement de diva. Se dire que des gens qui sont d'une autre culture inversée, très, très loin de la nôtre, sont littéralement envoûté par ce film. Et vous le disent avec beaucoup d'émotion."

Le mont fuji, trois fois

Jean-Jacques Beineix a gravi trois fois le mont Fuji :

Les Japonais disent celui qui monte sur le Fuji une fois est un sage. Celui qui monte deux fois est un fou.

"C'est une montagne qui n'est pas extrêmement difficile. C'est une grosse marche. Ça ne nécessite pas une technique particulière. Ça monte, c'est des lacets, ça monte dans la lave, souvent une poussière extrêmement fine de lave. Il y a des pierriers, il y a des marches, mais il faut quand même plusieurs heures. On arrive en haut, on est fatigué. L'idéal, c'est de dormir en haut et de regarder le soleil se lever."

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