Naftali Bennett, le chef de la droite dure, va-t-il parvenir à faire chuter Netanyahu ? ©AFP - YONATAN SINDEL / POOL
Naftali Bennett, le chef de la droite dure, va-t-il parvenir à faire chuter Netanyahu ? ©AFP - YONATAN SINDEL / POOL
Naftali Bennett, le chef de la droite dure, va-t-il parvenir à faire chuter Netanyahu ? ©AFP - YONATAN SINDEL / POOL
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Résumé

L’indéboulonnable Benjamin Netanyahu n’a jamais semblé aussi proche de perdre le pouvoir. Et c’est un ancien allié, le chef de la droite dure Naftali Bennett, qui risque de précipiter sa chute, en acceptant un mariage de raison avec les centristes.

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Retenez bien son nom : il pourrait bien devenir le prochain premier ministre d’Israël. Naftali Bennett, 49 ans, chef de la droite radicale et figure très appréciée des colons israéliens, se retrouve aujourd’hui dans le rôle du « faiseur de rois », alors qu’Israël cherche à sortir d’une crise politique qui s’éternise depuis deux ans. Cet ancien ministre de la Défense et ex-conseiller de Netanyahu a annoncé qu’il était prêt à rejoindre une coalition avec les centristes pour mettre fin à douze ans de pouvoir pour l’actuel premier ministre. 

Rien n’est encore signé : le chef de l’opposition Yaïr Lapid, chargé par le président israélien de tenter de former un gouvernement après les législatives du mois de mars, a jusqu’au mercredi 2 juin pour faire aboutir les pourparlers, et rallier les quelques députés qui lui manquent. Faute de quoi de nouvelles élections devront être convoquées – ce seraient les cinquièmes en deux ans. Va-t-on repartir pour un tour ou bien assister à la chute de Bibi Netanyahu ? Il y aura du suspense jusqu’au bout. Mais Naftali Bennett a d’ores et déjà remporté son pari : se rendre indispensable.

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Libéral en économie, intraitable face aux Palestiniens

Ancien homme d’affaires – il a fait fortune dans les nouvelles technologies, avant de revendre sa start-up à prix d’or – Naftali Bennett est un ultra-libéral sur le plan économique, mais d’une fermeté absolue sur les questions de sécurité et de territoire. La base de son électorat, ce sont les colons de Cisjordanie dont il défend ardemment la cause, même si lui-même n’a jamais vécu dans une colonie. 

Partisan de la ligne dure face aux Palestiniens, Naftali Bennett a fait ses débuts dans le giron du Likoud, avant de monter sa propre formation politique, Yamina (« à droite »). Plusieurs fois ministres dans les gouvernements Netanyahu, il a décidé aujourd’hui de ‘tuer le père’, de rompre avec son ancien mentor. S’il réussit à former une coalition avec les centristes de Yair Lapid, Bennett pourrait bien réaliser le casse du siècle, puisqu’il se retrouverait, au moins dans un premier temps, propulsé 1er ministre, alors même que son parti ne pèse pas grand-chose : moins d’une dizaine de députés à la Knesset. 

Le rejet de Netanyahou comme seul point commun

Les centristes et la droite radicale vont-ils trouver un terrain d’entente, tout cela avec le soutien des députés arabes israéliens ? Ce futur gouvernement parait d’ores et déjà bringuebalant. Ce qui unit Lapid, Bennett et les autres, c’est uniquement le rejet de Netanyahu, et le contentieux personnel de chacun vis-à-vis du Premier ministre sortant, poursuivi pour corruption. Ses adversaires ne rêvent que d’une chose : tourner la page après douze ans de mainmise de celui qu’on surnomme "Bibi" sur la vie politique israélienne.  

Mais Netanyahu n’a pas dit son dernier mot : il va tout faire pour tenter de faire capoter ce projet dans la dernière ligne droite. Les équilibres sont fragiles, il lui suffit de retourner quelques députés de la Knesset, et l’opposition pourrait échouer. Il est donc encore trop tôt pour dire avec certitude si l’ambitieux Naftali Bennett sera celui qui aura réussi à faire chuter Netanyahu.

Références

L'équipe

Cyril Sauvageot
Production